Durant L'esté, Par Le Vergier Grillé

Durant l'esté, par le vergier grillé,
Les tendres fleurs sous la nuit blandissante
Vont redressant leur tresse fanissante,
Qui ja pleuroyt son honneur depouillé.

D'amour ainsi mon esprit travaillé,
Qui ja quittoyt ma vie languissante,
Reprit vigueur par la force puissante
Du restaurant qu'ores tu m'as baillé.

Doux restaurant, dousucrée ambrosie,
Qui ne doyt rien a celle qui es cieux
Des immortelz la bouche resazie,

Plus doux manger ne gouttent, non les dieux:
Si ce repas me sustente la vie,
Je ne seray sus le leur envieux.

poem by Jean Antoine de BaifReport problemRelated quotes
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