L'air Du Temps

Epe de Damocles
toi qui ne cesses
de surveiller tranquille
au dessus de nos ttes
de nos faits et gestes
tu te vois la matresse
pourtant l'me vacille
du vent on est pas matre
l'air de rien dans l'air du temps
je me dtends
palabrer pas l'adresse
noue au bout d'une tresse
a ne pend qu' un fil
que tu n'tiennes ta promesse
sans en avoir l'air
j'vite les courants d'air
t'as l'air d'tre au courant
mais comment te faire taire
l'air de rien dans l'air du temps
je me dtends
mme si tu dteins
juste de temps en temps
l'air de rien tu perds ton temps
l'une ou l'autre joue je tends

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Guillaume Apollinaire

Les saisons

C'était un temps béni nous étions sur les plages
Va-t'en de bon matin pieds nus et sans chapeau
Et vite comme va la langue d'un crapaud
L'amour blessait au cœur les fous comme les sages

As-tu connu Guy au galop
Du temps qu'il était militaire
As-tu connu Guy au galop
Du temps qu'il était artiflot
À la guerre

C'était un temps béni Le temps du vaguemestre
On est bien plus serré que dans les autobus
Et des astres passaient que singeaient les obus
Quand dans la nuit survint la batterie équestre

As-tu connu Guy au galop
Du temps qu'il était militaire
As-tu connu Guy au galop
Du temps qu'il était artiflot
À la guerre

C'était un temps béni Jours vagues et nuits vagues
Les marmites donnaient aux rondins des cagnats
Quelque aluminium où tu t'ingénias
À limer jusqu'au soir d'invraisemblables bagues

As-tu connu Guy au galop
Du temps qu'il était militaire
As-tu connu Guy au galop
Du temps qu'il était artiflot
À la guerre

C'était un temps béni La guerre continue
Les Servants ont limé la bague au long des mois
Le Conducteur écoute abrité dans les bois
La chanson que répète une étoile inconnue

As-tu connu Guy au galop
Du temps qu'il était militaire
As-tu connu Guy au galop
Du temps qu'il était artiflot
À la guerre

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Lamour En Soi

Lamour en soi
Cestsi simple
Et pourtant
Ca nrsiste au temps
Autant pour moi
Aux atteintes
Du temps
On nrsiste quau temps
Il ne sgit
Que damour en soi
Cest lempreinte
Du temps
Des duellistes en sang
Sans pour sans quoi
Ces treintes
Cent pour cent
Idalistes dun temps
Il ne suffit
Que dun peu de sang froid
Dune mlodie
Effleure du bout des doigts
Instinctive
Jvais o je vais
Intuitive
O a me plait
Lamour en soi
Cest si simple
Et pourtant
Ca nrsiste au temps
Autant pour moi
Aux atteintes
Du temps
On nrsiste quun temps
Il ne sagit
Que de lamour en soi
Des nostalgies
Contre toi et moi
Vitriol
Lamour en soi
Tu me frles
Du bout des doigts

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Dsenchante

Nager dans les eaux troubles
Des lendemains
Attendre ici la fin
Flotter dans lair trop lourd
Du presque rien
A qui tendre la main
Si je dois tomber de haut
Que ma chute soit lente
Je nai trouv de repos
Que dans lindiffrence
Pourtant, je voudrais retrouver linnocence
Mais rien na de sens, et rien ne va
Tout est chaos
A ct
Tous mes idaux : des mots abims...
Je cherche une me, qui
Pourra maider
Je suis
Dune gneration dsenchante, dsenchante
Qui pourrait mempcher
De tout entendre
Quand la raison seffondre
A quel sein se vouer
Qui peut prtendre
Nous bercer dans son ventre
Si la mort est un mystre
La vie na rien de tendre
Si le ciel a un enfer
Le ciel peut bien mattendre
Dis moi,
Dans ces vents contraires comment sy prendre
Plus rien na de sens, plus rien ne va.

song performed by by Kate RyanReport problemRelated quotes
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Guillaume Apollinaire

14 Juin 1915

On ne peut rien dire
Rien de ce qui se passe
Mais on change de Secteur
Ah ! voyageur égaré
Pas de lettres
Mais l'espoir
Mais un journal
Le glaive antique de la Marseillaise de Rude
S'est changé en constellation
Il combat pour nous au ciel
Mais cela signifie surtout
Qu'il faut être de ce temps
Pas de glaive antique
Pas de Glaive
Mais l'Espoir

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L'âge est venu, pas à pas, jour à jour

L'âge est venu, pas à pas, jour à jour,
Poser ses mains sur le front nu de notre amour
Et, de ses yeux moins vifs, l'a regardé.

Et, dans le beau jardin que Juillet a ridé,
Les fleurs, les bosquets et les feuilles vivantes
Ont laissé choir un peu de leur force fervente
Sur l'étang pâle et sur les chemins doux.
Parfois, le soleil marque, âpre et jaloux,
Une ombre dure, autour de sa lumière.

Pourtant, voici toujours les floraisons trémières
Qui persistent à se darder vers leur splendeur,
Et les saisons ont beau peser sur notre vie,
Toutes les racines de nos deux coeurs
Plus que jamais plongent inassouvies,
Et se crispent et s'enfoncent, dans le bonheur.

Oh ! ces heures d'après-midi ceintes de roses
Qui s'enlacent autour du temps et se reposent
La joue en fleur et feu, contre son flanc transi !

Et rien, rien n'est meilleur que se sentir ainsi,
Heureux et clairs encor, après combien d'années !
Mais si tout autre avait été la destinée
Et que, tous deux, nous eussions dû souffrir,
- Quand même ! - oh ! j'eusse aimé vivré et mourir,
Sans me plaindre, d'une amour obstinée.

poem by Emile VerhaerenReport problemRelated quotes
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Laissons Couler L'Eau de la Rivière

Laissons couler l'eau de la rivière;
C'est le temps qui passe parallèlement.

La tempête, c'est quand s'empresse le temps;
C'est l'ouragan qui imite les tigres des forêts étrangères.

Laissons souffler le doux vent du printemps;
C'est la moisson, la saison des jolies fleurs.

Le temps passe sans gêne au plein cœur
De l'humanité qui s'amuse comme un enfant.

Laissons siffler les oiseaux et les criquets des champs;
Ce sont les enfants et les canards qui jouent dans l'étang.

Nous passons comme les colibris du jardin,
Laissons couler l'eau du grand torrent,
Qui désinfecte et purifie l'air du matin,
Et qui plus tard rafraîchit la beauté de nos champs.

Laissons couler l'eau de la rivière;
L'eau venue d'un ciel sans frontières.

poem by Hebert LogerieReport problemRelated quotes
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Rien De Ce Que J'ai Vcu

Com' une feuille morte - que le vent d'hiver emporte
Je vole la drive - je vogue vers d'autres rives
Jamais je n'aurais pu croire - que j'en arriv'rais l
Je tourne en rond dans le noir - oui - et je ne pens' plus qu' toi
Comment pourrais-je te l'expliquer? Et par o commencer?
Dis-moi ou aller - tout a chang
Rien de ce que j'ai vcu - ne m'invite aimer
Rien de tout ce que i'ai vu - ne m'incite rester
Mais je suis l - j' n attends que toi
Et je perds - mes repres - dis-moi o est ma terre
Eh - c'est si fort et a ne ressemble - oh non
A rien de ce que j'ai vcu
Tu es celle que j'attendais
Celle qu'il me tallait
Tu es celle qui me donne - une raison d'esprer
J'ai suivi une toile - qui m'a conduit vers toi
Je me sens si fort - pourquoi aurais-je tort?
Rien de ce que j'ai vcu - ne m'invite aimer
Rien de tout ce que j'ai vu - ne m'incite rester
Mais je suis l - j' n attends que toi
Et je perds - mes repres - dis-moi o est ma terre
Eh - c'est si fort et a ne ressemble - oh non
A rien de ce que j'ai vcu
A rien de ce que j'ai vcu
Com' une feuille morte - que 1' vent d'hiver emporte Je vole la drive - je vogue vers d'autres rives

song performed by by Bryan AdamsReport problemRelated quotes
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Douceur d'avril

J'ai peur d'avril, peur de l'émoi
Qu'éveille sa douceur touchante ;
Vous qu'elle a troublés comme moi,
C'est pour vous seuls que je la chante.

En décembre, quand l'air est froid,
Le temps brumeux, le jour livide,
Le coeur, moins tendre et plus étroit,
Semble mieux supporter son vide.

Rien de joyeux dans la saison
Ne lui fait sentir qu'il est triste ;
Rien en haut, rien à l'horizon
Ne révèle qu'un ciel existe.

Mais, dès que l'azur se fait voir,
Le coeur s'élargit et se creuse,
Et s'ouvre pour le recevoir
Dans sa profondeur douloureuse ;

Et ce bleu qui lui rit de loin,
L'attirant sans jamais descendre,
Lui donne l'infini besoin
D'un essor impossible à prendre.

Le bonheur candide et serein
Qui s'exhale de toutes choses,
L'oppresse, et son premier chagrin
Rajeunit à l'odeur des roses.

Il sent, dans un réveil confus,
Les anciennes ardeurs revivre,
Et les mêmes anciens refus
Le repousser dès qu'il s'y livre.

J'ai peur d'avril, peur de l'émoi
Qu'éveille sa douceur touchante ;
Vous qu'elle a troublés comme moi,
C'est pour vous seuls que je la chante.

poem by Rene Francois Armand PrudhommeReport problemRelated quotes
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Jonathan

Paroles et musique : Yves Duteil
(c) 1986 by les ditions de l'critoire
Va-t'en dire au vent qui t'amne
Que le monde n'est rien sans toi
Il n'y a que l'amour qui t'entrane
monter plus haut chaque fois
Et cach derrire ton paule
Il y a le regard si doux
D'une femme qui sait ton rle
Et qui t'aide tenir debout
C'est le vent qui sonne ta porte
Mais le destin n'existe pas
Il sera ce que tu apportes
Tout ce que tu aimes est en toi
Tu fabriques une route neuve
Que bien d'autres suivront un jour
C'est pour mieux te mettre l'preuve
Qu'une toile te suit toujours
Un bonheur quand il te traverse
N'est dj plus qu'un souvenir
Il faut du courage l'inverse
Pour ne pas trop le retenir
L'horizon s'loigne mesure
Qu'on avance pour le toucher
Il nous montre une vie plus dure
Moins facile apprivoiser
Jonathan ouvre-moi les ailes
Le vent souffle vers l'avenir
Et le temps m'emporte vers celle
Qui m'apprend m'appartenir
Va-t'en dire au vent qui m'appelle
Que j'irai jusqu'au bout du temps
Pour revivre une vie prs d'elle
Entour de tous nos enfants
Va-t'en dire au vent qui t'amne
Que le monde n'est rien sans toi
Qu'il n'y a que l'amour qui t'entrane
voler plus haut chaque fois
Et cach derrire mon paule
Il y a le regard si doux
De la femme qui sait mon rle
Et que j'aime au-del de tout
Jonathan ouvre-moi les ailes
L'Univers n'est pas assez grand
Et les mots seraient infidles
dcrire ce qui nous attend
La beaut des mondes invisibles
Qu'on dcouvre en fermant les yeux
Et l'amour des choses impossibles
Qui sont vraies quand on est heureux
Va-t'en dire au vent qui t'amne
Que le monde n'est rien sans toi
Qu'il n'y a que l'amour qui t'entrane
voler plus haut chaque fois...
Et cach derrire ton paule
Il y a le regard si doux
De la femme qui sait ton rle
Et qui t'aide tenir debout

song performed by by Yves DuteilReport problemRelated quotes
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Les pêcheurs à cheval

Vagues d'argent et beau ciel clair
Le flot sur les grèves se vide.
Les cinq pêcheurs équestres de Coxyde
Pèchent nonchalamment, sur le bord de la mer.

Dans les lueurs et dans les moires
Des vagues pâles, passent,
Allant, venant,
Leurs silhouettes noires
Les chevaux vieux, les chevaux las,
Parfois lèvent la tête, et regardent là-bas,
L'espace ...

Les mailles traînent
Lentes et pesantes ; dans le remous,
Les bêtes vont, les rênes
Tombantes sur le cou,
Et monotones ;
Le corps houleux, au rythme de leur dos,
Leur cavalier les yeux mi-clos,
Siffle ou chantonne.

Une heure passe, une heure ou deux ;
On est heureux ou malchanceux ;
Le poisson vient ou bien se cache ;
On travaille par les temps chauds, par les temps froids,
Toujours, et néanmoins, on retourne chez soi,
- Oh ! que de fois ! -
Les paniers creux, sonnants et lâches.

Ainsi peinent les pêcheurs vieux,
Contents de rien, contents de peu,
Usant dans le malheur ou dans la chance,
Dans la contrainte et dans l'effort,
Les sabots de l'existence
Qui se brisent un jour et réveillent la mort ;

Pourtant, tels soirs d'été, quand, aux heures de lune
Sur leurs chevaux pesants, ils remontent les dunes
Et apparaissent, au loin, sur les crêtes, à contre-ciel,
Chargés de filets et de toiles,
On croirait voir de grands insectes irréels
Qui reviennent de l'infini
Après besogne faite et butin pris,
Dans les étoiles.

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Victor Hugo

Et Jeanne à Mariette a dit

Et Jeanne à Mariette a dit : - Je savais bien
Qu'en répondant : c'est moi, papa ne dirait rien.
Je n'ai pas peur de lui puisqu'il est mon grand-père.
Vois-tu, papa n'a pas le temps d'être en colère,
Il n'est jamais beaucoup fâché, parce qu'il faut
Qu'il regarde les fleurs, et quand il fait bien chaud
Il nous dit : N'allez pas au grand soleil nu-tête,
Et ne vous laissez pas piquer par une bête,
Courez, ne tirez pas le chien par son collier,
Prenez garde aux faux pas dans le grand escalier,
Et ne vous cognez pas contre les coins des marbres.
Jouez. Et puis après il s'en va dans les arbres.

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Eclaircie

Quand on est sous l'enchantement
D'une faveur d'amour nouvelle,
On s'en défendrait vainement,
Tout le révèle :

Comme fuit l'or entre les doigts,
Le trop-plein de bonheur qu'on sème,
Par le regard, le pas, la voix,
Crie : elle m'aime !

Quelque chose d'aérien
Allège et soulève la vie,
Plus rien ne fait peine, et plus rien
Ne fait envie :

Les choses ont des airs contents,
On marche au hasard, l'âme en joie,
Et le visage en même temps
Rit et larmoie ;

On s'oublie, aux yeux étonnés
Des enfants et des philosophes,
En grands gestes désordonnés,
En apostrophes !

La vie est bonne, on la bénit,
On rend justice à la nature !
Jusqu'au rêve de faire un nid
L'on s'aventure...

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Dans la maison où notre amour a voulu naître

Dans la maison où notre amour a voulu naître,
Avec les meubles chers peuplant l'ombre et les coins,
Où nous vivons à deux, ayant pour seuls témoins
Les roses qui nous regardent par les fenêtres.

Il est des jours choisis, d'un si doux réconfort,
Et des heures d'été, si belles de silence,
Que j'arrête parfois le temps qui se balance,
Dans l'horloge de chêne, avec son disque d'or.

Alors l'heure, le jour, la nuit est si bien nôtre
Que le bonheur qui nous frôle n'entend plus rien,
Sinon les battements de ton coeur et du mien
Qu'une étreinte soudaine approche l'un de l'autre.

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Andre Breton

Le Verbe Être

Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. Le désespoir n'a pas d'ailes, il ne se tient pas nécessairement à une table desservie sur une terrasse, le soir, au bord de la mer. C'est le désespoir et ce n'est pas le retour d'une quantité de petits faits comme des graines qui quittent à la nuit tombante un sillon pour un autre. Ce n'est pas la mousse sur une pierre ou le verre à boire. C'est un bateau criblé de neige, si vous voulez, comme les oiseaux qui tombent et leur sang n'a pas la moindre épaisseur. Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. Une forme très petite, délimitée par un bijou de cheveux. C'est le désespoir. Un collier de perles pour lequel on ne saurait trouver de fermoir et dont l'existence ne tient pas même à un fil, voilà le désespoir. Le reste, nous n'en parlons pas. Nous n'avons pas fini de deséspérer, si nous commençons. Moi je désespère de l'abat-jour vers quatre heures, je désespère de l'éventail vers minuit, je désespère de la cigarette des condamnés. Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. Le désespoir n'a pas de coeur, la main reste toujours au désespoir hors d'haleine, au désespoir dont les glaces ne nous disent jamais s'il est mort. Je vis de ce désespoir qui m'enchante. J'aime cette mouche bleue qui vole dans le ciel à l'heure où les étoiles chantonnent. Je connais dans ses grandes lignes le désespoir aux longs étonnements grêles, le désespoir de la fierté, le désespoir de la colère. Je me lève chaque jour comme tout le monde et je détends les bras sur un papier à fleurs, je ne me souviens de rien, et c'est toujours avec désespoir que je découvre les beaux arbres déracinés de la nuit. L'air de la chambre est beau comme des baguettes de tambour. Il fait un temps de temps. Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. C'est comme le vent du rideau qui me tend la perche. A-t-on idée d'un désespoir pareil! Au feu! Ah! ils vont encore venir... Et les annonces de journal, et les réclames lumineuses le long du canal. Tas de sable, espèce de tas de sable! Dans ses grandes lignes le désespoir n'a pas d'importance. C'est une corvée d'arbres qui va encore faire une forêt, c'est une corvée d'étoiles qui va encore faire un jour de moins, c'est une corvée de jours de moins qui va encore faire ma vie.

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Victor Hugo

Je ne me mets pas en peine

Je ne me mets pas en peine
Du clocher ni du beffroi ;
Je ne sais rien de la reine,
Et je ne sais rien du roi ;

J'ignore, je le confesse,
Si le seigneur est hautain,
Si le curé dit la messe
En grec ou bien en latin ;

S'il faut qu'on pleure ou qu'on danse,
Si les nids jasent entr'eux ;
Mais sais-tu ce que je pense ?
C'est que je suis amoureux.

Sais-tu, Jeanne, à quoi je rêve ?
C'est au mouvement d'oiseau
De ton pied blanc qui se lève
Quand tu passes le ruisseau.

Et sais-tu ce qui me gêne ?
C'est qu'à travers l'horizon,
Jeanne, une invisible chaîne
Me tire vers ta maison.

Et sais-tu ce qui m'ennuie ?
C'est l'air charmant et vainqueur,
Jeanne, dont tu fais la pluie
Et le beau temps dans mon coeur.

Et sais-tu ce qui m'occupe,
Jeanne ? c'est que j'aime mieux
La moindre fleur de ta jupe
Que tous les astres des cieux.

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Victor Hugo

A mademoiselle Louise B. (II)

I

L'année en s'enfuyant par l'année est suivie.
Encore une qui meurt ! encore un pas du temps ;
Encore une limite atteinte dans la vie !
Encore un sombre hiver jeté sur nos printemps !

Le temps ! les ans ! les jours ! mots que la foule ignore !
Mots profonds qu'elle croit à d'autres mots pareils !
Quand l'heure tout à coup lève sa voix sonore,
Combien peu de mortels écoutent ses conseils !

L'homme les use, hélas ! ces fugitives heures,
En folle passion, en folle volupté,
Et croit que Dieu n'a pas fait de choses meilleures
Que les chants, les banquets, le rire et la beauté !

Son temps dans les plaisirs s'en va sans qu'il y pense.
Imprudent ! est-il sûr de demain ? d'aujourd'hui ?
En dépensant ses jours sait-il ce qu'il dépense ?
Le nombre en est compté par un autre que lui.

A peine lui vient-il une grave pensée
Quand, au sein du festin qui satisfait ses voeux,
Ivre, il voit tout à coup de sa tête affaissée
Tomber en même temps les fleurs et les cheveux ;

Quand ses projets hâtifs l'un sur l'autre s'écroulent ;
Quand ses illusions meurent à son côté ;
Quand il sent le niveau de ses jours qui s'écoulent
Baisser rapidement comme un torrent d'été.

Alors en chancelant il s'écrie, il réclame,
Il dit : Ai-je donc bu toute cette liqueur ?
Plus de vin pour ma soif ! plus d'amour pour mon âme !
Qui donc vide à la fois et ma coupe et mon coeur ?

Mais rien ne lui répond. - Et triste, et le front blême,
De ses débiles mains, de son souffle glacé,
Vainement il remue, en s'y cherchant lui-même,
Ce tas de cendre éteint qu'on nomme le passé !

II

Ainsi nous allons tous. - Mais vous dont l'âme est forte,
Vous dont le coeur est grand, vous dites : - Que m'importe
Si le temps fuit toujours,
Et si toujours un souffle emporte quand il passe,
Pêle-mêle à travers la durée et l'espace,
Les hommes et les jours ! -

Car vous avez le goût de ce qui seul peut vivre ;
Sur Dante ou sur Mozart, sur la note ou le livre,
Votre front est courbé.
Car vous avez l'amour des choses immortelles ;
Rien de ce que le temps emporte sur ses ailes
Des vôtres n'est tombé !

Quelquefois, quand l'esprit vous presse et vous réclame,
Une musique en feu s'échappe de votre âme,
Musique aux chants vainqueurs,
Au souffle pur, plus doux que l'aile des zéphires,
Qui palpite, et qui fait vibrer comme des lyres
Les fibres de nos coeurs !

Dans ce siècle où l'éclair reluit sur chaque tête,
Où le monde, jeté de tempête en tempête,
S'écrie avec frayeur,
Vous avez su vous faire, en la nuit qui redouble,
Une sérénité qui traverse sans trouble
L'orage extérieur !

Soyez toujours ainsi ! l'amour d'une famille,
Le centre autour duquel tout gravite et tout brille ;
La soeur qui nous défend ;
Prodigue d'indulgence et de blâme économe ;
Femme au coeur grave et doux ; sérieuse avec l'homme,
Folâtre avec l'enfant !

Car pour garder toujours la beauté de son âme,
Pour se remplir le coeur, riche ou pauvre, homme ou femme,
De pensers bienveillants,
Vous avez ce qu'on peut, après Dieu, sur la terre,
Contempler de plus saint et de plus salutaire,
Un père en cheveux blancs

poem by Victor HugoReport problemRelated quotes
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Crescent City

(lucinda williams)
Everybodys had a few
Now theyre talking about who knows who
Im going back to the crescent city
Where everythings still the same
This town has said what it has to say
Now Im after that back highway
And the longest bridge Ive ever crossed over pontchartrain
Tu les ton sans temps thats what we say
We used to dance the night away
Me and my sister me and my brother
We used to walk down by the river
Mama lives in mandeville
I can hardly wait until
I can hear my zydeco
And laissez le bon ton roulet
And take rides in open cars
My brother knows where the best bars are
Lets see how these bluesll do
In the town where the good times stay
Tu les ton sans temps thats what we say
We used to dance the night away
Me and my sister me and my brother
We used to walk down by the river
Tu les ton sans temps thats what we say
We used to dance the night away
Me and my sister me and my brother
We used to walk down by the river

song performed by by Emmylou HarrisReport problemRelated quotes
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Intérieur

Le Temps sentencieux et le muet Amour
Se tiennent côte à côte et debout devant l’âtre,
Et l’on voit se croiser dans le miroir verdâtre
La faulx vaine du Temps et l’aile de l’Amour.

L’aile est lasse. Le Temps parfois parle à l’Amour ;
La voix douce reprend la voix acariâtre ;
L’enfant résiste et le vieillard s’opiniâtre,
Et l’enfant ne veut pas comprendre, étant l’Amour.

Rosaces au parquet et lustres au plafond,
Éclair qui va tonner, roses qui fleuriront !
Le miroir s’interroge et scrute le miroir.

Le meuble se contracte et crispe ses pieds tors ;
La porte s’entrebâille et l’on attend l’Espoir
Qui de l’aile de cendre eût fait une aile d’or.

poem by Henri de RegnierReport problemRelated quotes
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Le Désir

Celuy n'est pas heureux qui n'a ce qu'il desire,
Mais bien-heureux celuy qui ne desire pas
Ce qu'il n'a point : l'un sert de gracieux appas
Pour le contentement et l'autre est un martyre.

Desirer est tourment qui bruslant nous altere
Et met en passion ; donc ne desirer rien
Hors de nostre pouvoir, vivre content du sien
Ores qu'il fust petit, c'est fortune prospere.

Le Desir d'en avoir pousse la nef en proye
Du corsaire, des flots, des roches et des vents
Le Desir importun aux petits d'estre grands,
Hors du commun sentier bien souvent les dévoye.

L'un poussé de l'honneur par flateuse industrie
Desire ambitieux sa fortune avancer;
L'autre se voyant pauvre à fin d'en amasser
Trahist son Dieu, son Roy, son sang et sa patrie.

L'un pippé du Desir, seulement pour l'envie
Qu'il a de se gorger de quelque faux plaisir,
Enfin ne gaigne rien qu'un fascheux desplaisir,
Perdant son heur, son temps, et bien souvent la vie.

L'un pour se faire grand et redorer l'image
A sa triste fortune, espoind de ceste ardeur,
Souspire apres un vent qui le plonge en erreur,
Car le Desir n'est rien qu'un perilleux orage.

L'autre esclave d'Amour, desirant l'avantage
Qu'on espere en tirer, n'embrassant que le vent,
Loyer de ses travaux, est payé bien souvent
D'un refus, d'un dédain et d'un mauvais visage.

L'un plein d'ambition, desireux de parestre
Favori de son Roy, recherchant son bon-heur,
Avançant sa fortune, avance son malheur,
Pour avoir trop sondé le secret de son maistre.

Desirer est un mal, qui vain nous ensorcelle;
C'est heur que de jouir, et non pas d'esperer :
Embrasser l'incertain, et tousjours desirer
Est une passion qui nous met en cervelle.

Bref le Desir n'est rien qu'ombre et que pur mensonge,
Qui travaille nos sens d'un charme ambitieux,
Nous déguisant le faux pour le vray, qui nos yeux
Va trompant tout ainsi que l'image d'un songe.

poem by Remy BelleauReport problemRelated quotes
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Avec le même amour que tu me fus jadis

Avec le même amour que tu me fus jadis
Un jardin de splendeur dont les mouvants taillis
Ombraient les longs gazons et les roses dociles,
Tu m'es en ces temps noirs un calme et sûr asile.

Tout s'y concentre, et ta ferveur et ta clarté
Et tes gestes groupant les fleurs de ta bonté,
Mais tout y est serré dans une paix profonde
Contre les vents aigus trouant l'hiver du monde.

Mon bonheur s'y réchauffe en tes bras repliés
Tes jolis mots naïfs et familiers,
Chantent toujours, aussi charmants à mon oreille
Qu'aux temps des lilas blancs et des rouges groseilles.

Ta bonne humeur allègre et claire, oh ! je la sens
Triompher jour à jour de la douleur des ans,
Et tu souris toi-même aux fils d'argent qui glissent
Leur onduleux réseau parmi tes cheveux lisses.

Quant ta tête s'incline à mon baiser profond,
Que m'importe que des rides marquent ton front
Et que tes mains se sillonnent de veines dures
Alors que je les tiens entre mes deux mains sûres !

Tu ne te plains jamais et tu crois fermement
Que rien de vrai ne meurt quand on s'aime dûment,
Et que le feu vivant dont se nourrit notre âme
Consume jusqu'au deuil pour en grandir sa flamme.

poem by Emile VerhaerenReport problemRelated quotes
Submitted by Poetry Lover
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