XXVI - Je rêve, tant Paris...
Je rêve, tant Paris m'est parfois un enfer,
D'une ville très calme et sans chemin de fer,
Où, chez le sous-préfet, en vieux garçon affable,
Je lirais, au dessert, mon épître ou ma fable.
On se dirait tout bas, comme un mignon péché,
Un quatrain très mordant que j'aurais décoché.
Là, je conserverais de vagues hypothèques.
On voudrait mon avis pour les bibliothèques;
Et j'y rétablirais, disciple consolé,
Nos maîtres, Esménard, Lebrun, Chênedollé.
poem by François Coppée

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Un Heureux Orphelin
Hier soir Mignonne, comme un heureux orphelin,
Un chanceux bébé, j'avais dans la bouche tes seins,
Pendant que tes mains caressaient mon dos velouté.
La vie est naturellement très belle à tes cotés.
Je fais mille rêves fantasmagoriques:
Le ciel est très bleu et tout est magnifique.
Je suis un heureux orphelin qui est inspiré
Par tes gestes, tes dires, et ta beauté;
Sans toi, ce serait le contraire, je serais miséreux.
La chaleur de ton corps transmet un éternel feu
Dans mes veines. Je me sens vraiment très bien
A tes cotés; tu es l'unique fleur de mon jardin.
poem by Hebert Logerie

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La Richesse Est Un Etat D'Ame
La richesse est un état d'âme
L'argent passe comme l'eau
On le dépense comme un corniaud
Pour faire plaisir aux femmes.
Le passé est resté un moment de richesse
Car l'expérience coûte très chère
Les souvenirs des saisons douces et amères
Nous plongent dans une folle ivresse.
La terre devient de plus en plus précieuse
Au marché tout se vend aux enchères
En dépit de tout, les nouveaux millionnaires
Se noient dans des affaires frauduleuses.
La richesse est un état d'âme
Les petits ouvriers sont satisfaits
Tandis que les patrons s'alarment
Et s'accablent comme des vieux perroquets.
La richesse est un état d'âme.
poem by Hebert Logerie

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C'était la première soirée
C'était la première soirée
Du mois d'avril.
Je m'en souviens, mon adorée.
T'en souvient-il ?
Nous errions dans la ville immense,
Tous deux, sans bruit,
A l'heure où le repos commence
Avec la nuit !
Heure calme, charmante, austère,
Où le soir naît !
Dans cet ineffable mystère
Tout rayonnait,
Tout ! l'amour dans tes yeux sans voile,
Fiers, ingénus !
Aux vitres mainte pauvre étoile,
Au ciel Vénus !
Notre-Dame, parmi les dômes
Des vieux faubourgs,
Dressait comme deux grands fantômes
Ses grandes tours.
La Seine, découpant les ombres
En angles noirs,
Faisait luire sous les ponts sombres
De clairs miroirs.
L'oeil voyait sur la plage amie
Briller ses eaux
Comme une couleuvre endormie
Dans les roseaux.
Et les passants, le long des grèves
Où l'onde fuit,
Étaient vagues comme les rêves
Qu'on a la nuit !
Je te disais : - ' Clartés bénies,
Bruits lents et doux,
Dieu met toutes les harmonies
Autour de nous !
Aube qui luit, soir qui flamboie,
Tout a son tour ;
Et j'ai l'âme pleine de joie,
Ô mon amour !
Que m'importe que la nuit tombe,
Et rende, Ô Dieu !
Semblable au plafond d'une tombe
Le beau ciel bleu !
Que m'importe que Paris dorme,
Ivre d'oubli,
Dans la brume épaisse et sans forme
Enseveli !
Que m'importe, aux heures nocturnes
Où nous errons,
Les ombres qui versent leurs urnes
Sur tous les fronts,
Et, noyant de leurs plis funèbres
L'âme et le corps,
Font les vivants dans les ténèbres
Pareils aux morts !
Moi, lorsque tout subit l'empire
Du noir sommeil,
J'ai ton regard, j'ai ton sourire,
J'ai le soleil ! '
Je te parlais, ma bien-aimée ;
Ô doux instants !
Ta main pressait ma main charmée.
Puis, bien longtemps,
Nous nous regardions pleins de flamme,
Silencieux,
Et l'âme répondait à l'âme,
Les yeux aux yeux !
Sous tes cils une larme obscure
Brillait parfois ;
Puis ta voix parlait, tendre et pure,
Après ma voix,
Comme on entend dans la coupole
Un double écho ;
Comme après un oiseau s'envole
Un autre oiseau.
Tu disais : ' Je suis calme et fière,
Je t'aime ! oui ! '
Et je rêvais à ta lumière
Tout ébloui !
Oh ! ce fut une heure sacrée,
T'en souvient-il ?
Que cette première soirée
Du mois d'avril !
Tout en disant toutes les choses,
Tous les discours
Qu'on dit dans la saison des roses
Et des amours,
Nous allions, contemplant dans l'onde
Et dans l'azur
Cette lune qui jette au monde
Son rayon pur,
Et qui, d'en haut, sereine comme
Un front dormant,
Regarde le bonheur de l'homme
Si doucement ! [...]
poem by Victor Hugo

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Sitôt que nos bouches se touchent
Sitôt que nos bouches se touchent,
Nous nous sentons tant plus clairs de nous-mêmes
Que l'on dirait des Dieux qui s'aiment
Et qui s'unissent en nous-mêmes ;
Nous nous sentons le coeur si divinement frais
Et si renouvelé par leur lumière
Première
Que l'univers, sous leur clarté, nous apparaît.
La joie est à nos yeux le seul ferment du monde
Qui se mûrit et se féconde,
Innombrable, sur nos routes d'en bas ;
Comme là-haut, par tas,
Parmi des lacs de soie où voyagent des voiles
Naissent les fleurs myriadaires des étoiles.
L'ordre nous éblouit, comme les feux la cendre,
Tout nous éclaire et nous paraît flambeau
Nos simples mots ont un sens si beau
Que nous les répétons pour les sans cesse entendre.
Nous sommes les victorieux sublimes
Qui conquérons l'éternité
Sans nul orgueil, et sans songer au temps minime,
Et notre amour nous semble avoir toujours été.
poem by Emile Verhaeren

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Les Sens de l'Amour
Si je n’avais ma voix que pour mieux te parler,
Je n’aurais pas assez de mots pour te dire,
Les mille et une phrases douces pour t’aimer,
Que jusqu'à ce jour je n’ai pas pu t’écrire.
Si je n’avais mon ouïe que pour t’écouter,
Je serais sourde à la terre et à ses chagrins,
Pour dans tes rimes tendres à jamais m’isoler,
Au son d’une chanson sans couplet ni refrain.
Si je n’avais mes yeux que pour te contempler,
Je ne verrais ni couleurs, ni matins blafards,
Perdue dans l’aurore de rêves éveillés,
Captivée par l’éclat rieur de ton regard.
Si je n’avais que ton parfum pour respirer,
Je ne chercherais plus de nouvelles senteurs,
Par trop fugaces. Contre toi je resterai,
Humant ton encens et me saoulant de bonheur.
Et si je n’avais ma peau que pour te toucher,
Je serais mise à l’abri d’autres sensations,
Sous tes caresses, tremblante de volupté,
Tes mains m’emportant sous de méconnus frissons.
Si je n’avais le silence que pour parler,
Il me suffirait comme lente symphonie,
Nos pensées s’emmêleraient sans se consulter,
Comme des notes sous l’accord d’un même si.
Mais notre Amour nous demande tant de toujours,
Tellement plus, depuis hier, pour demain, pour encore.
Fais nous vivre unis, dans l’infini de nos corps,
Dans l’avenir du temps, par nos gestes d’amour.
poem by Late Sunrise

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Simultanéités
Les canons tonnent dans la nuit
On dirait des vagues tempête
Des cœurs où pointe un grand ennui
Ennui qui toujours se répète
Il regarde venir là-bas
Les prisonniers L'heure est si douce
Dans ce grand bruit ouaté très bas
Très bas qui grandit sans secousse
Il tient son casque dans ses mains
Pour saluer la souvenance
Des lys des roses des jasmins
Éclos dans les jardins de France
Et sous la cagoule masqué
Il pense à des cheveux si sombres
Mais qui donc l'attend sur le quai
Ô vaste mer aux mauves ombres
Belles noix du vivant noyer
La grand folie en vain vous gaule
Brunette écoute gazouiller
La mésange sur ton épaule
Notre amour est une lueur
Qu'un projecteur du cœur dirige
Vers l'ardeur égale du cœur
Qui sur le haut Phare s'érige
Ô phare-fleur mes souvenirs
Les cheveux noirs de Madeleine
Les atroces lueurs des tirs
Ajoutent leur clarté soudaine
À tes beaux yeux ô Madeleine
poem by Guillaume Apollinaire

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Un Triste Et Heureux Après-midi
Un Triste et Heureux Après-midi
Mignonne, après un très long et fatiguant voyage,
Mes yeux étaient venus te voir à l'hôpital,
Pour caresser encore ton doux visage.
La secrétaire, sans me demander aucun détail,
Me fit savoir: « La dame, elle vient d'expirer;
Le prêtre vint et administra l'extrême onction ».
Je me sentais paralysé et noyé de fortes émotions.
Sans poser de questions, je m'assis sur le canapé.
Après avoir prié et repris mon bon sens,
Je retournai chez moi, baigné de larmes de sang
Aux yeux. Oh! Seigneur, mon coeur noyait
Dans un inexplicable enfer et mon corps troué de plaies
Douloureuses! J'étais battu, pétrifié et immolé,
Par cette triste nouvelle de la mort de ma bien aimée.
J'ai lu quelques parts, dans les journaux, que demain
Est la veillée funèbre. Arrivé au vestibule,
Je n'ai reconnu personne. Un vieil homme m'a serré les mains.
Et m'a dit à voix basse: « La défunte était de Seabull,
Une petite ville; et elle était ma grande sœur ».
Soudainement, je me sentais follement délivré,
La disparue n'était pas la femme de mon cœur,
Mais, plutôt une jeune centenaire, une femme âgée
De plus de cent vingt ans que le Bon Dieu a rappelée.
J'étais, malgré tout, attristé, et à la fois très heureux
Du fait que ma mignonne était, belle et bien, en vie.
Oh! Dieu la vie est mêlée de tristesse et d'ironies,
Et la réalité est armée d'épines et de souvenirs doucereux.
poem by Hebert Logerie

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Je suis un pâle enfant du vieux Paris...
Je suis un pâle enfant du vieux Paris, et j'ai
Le regret des rêveurs qui n'ont pas voyagé.
Au pays bleu mon âme en vain se réfugie,
Elle n'a jamais pu perdre la nostalgie
Des verts chemins qui vont là-bas, à l'horizon.
Comme un pauvre captif vieilli dans sa prison
Se cramponne aux barreaux étroits de sa fenêtre
Pour voir mourir le jour et pour le voir renaître.
Ou comme un exilé, promeneur assidu,
Regarde du coteau le pays défendu
Se dérouler au loin sous l'immensité bleue,
Ainsi je fuis la ville et cherche la banlieue.
Avec mon rêve heureux j'aime partir, marcher
Dans la poussière, voir le soleil se coucher
Parmi la brume d'or, derrière les vieux ormes,
Contempler les couleurs splendides et les formes
Des nuages baignés dans l'occident vermeil,
Et, quand l'ombre succède à la mort du soleil,
M'éloigner encor plus par quelque agreste rue
Dont l'ornière rappelle un sillon de charrue,
Gagner les champs pierreux, sans songer au départ,
Et m'asseoir, les cheveux au vent, sur le rempart.
Au loin, dans la lueur blême du crépuscule,
L'amphithéâtre noir des collines recule,
Et, tout au fond du val profond et solennel
Paris pousse à mes pieds son soupir éternel.
Le sombre azur du ciel s'épaissit. Je commence
A distinguer des bruits dans ce murmure immense,
Et je puis, écoutant, rêveur et plein d'émoi,
Le vent du soir froissant les herbes près de moi,
Et parmi le chaos des ombres débordantes,
Le sifflet douloureux des machines stridentes,
Ou l'aboiement d'un chien, ou le cri d'un enfant,
Ou le sanglot d'un orgue au lointain s'étouffant,
Ou le tintement clair d'une tardive enclume,
Voir la nuit qui s'étoile et Paris qui s'allume
poem by François Coppée

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Hier, la nuit d'été, qui nous prêtait ses voiles
Hier, la nuit d'été, qui nous prêtait ses voiles,
Etait digne de toi, tant elle avait d'étoiles !
Tant son calme était frais ! tant son souffle était doux !
Tant elle éteignait bien ses rumeurs apaisées !
Tant elle répandait d'amoureuses rosées
Sur les fleurs et sur nous !
Moi, j'étais devant toi, plein de joie et de flamme,
Car tu me regardais avec toute ton âme !
J'admirais la beauté dont ton front se revêt.
Et sans même qu'un mot révélât ta pensée,
La tendre rêverie en ton coeur commencée
Dans mon coeur s'achevait !
Et je bénissais Dieu, dont la grâce infinie
Sur la nuit et sur toi jeta tant d'harmonie,
Qui, pour me rendre calme et pour me rendre heureux,
Vous fit, la nuit et toi, si belles et si pures,
Si pleines de rayons, de parfums, de murmures,
Si douces toutes deux !
Oh oui, bénissons Dieu dans notre foi profonde !
C'est lui qui fit ton âme et qui créa le monde !
Lui qui charme mon coeur ! lui qui ravit mes yeux !
C'est lui que je retrouve au fond de tout mystère !
C'est lui qui fait briller ton regard sur la terre
Comme l'étoile aux cieux !
C'est Dieu qui mit l'amour au bout de toute chose,
L'amour en qui tout vit, l'amour sur qui tout pose !
C'est Dieu qui fait la nuit plus belle que le jour.
C'est Dieu qui sur ton corps, ma jeune souveraine,
A versé la beauté, comme une coupe pleine,
Et dans mon coeur l'amour !
Laisse-toi donc aimer ! - Oh ! l'amour, c'est la vie.
C'est tout ce qu'on regrette et tout ce qu'on envie
Quand on voit sa jeunesse au couchant décliner.
Sans lui rien n'est complet, sans lui rien ne rayonne.
La beauté c'est le front, l'amour c'est la couronne :
Laisse-toi couronner !
Ce qui remplit une âme, hélas ! tu peux m'en croire,
Ce n'est pas un peu d'or, ni même un peu de gloire,
Poussière que l'orgueil rapporte des combats,
Ni l'ambition folle, occupée aux chimères,
Qui ronge tristement les écorces amères
Des choses d'ici-bas ;
Non, il lui faut, vois-tu, l'hymen de deux pensées,
Les soupirs étouffés, les mains longtemps pressées,
Le baiser, parfum pur, enivrante liqueur,
Et tout ce qu'un regard dans un regard peut lire,
Et toutes les chansons de cette douce lyre
Qu'on appelle le coeur !
Il n'est rien sous le ciel qui n'ait sa loi secrète,
Son lieu cher et choisi, son abri, sa retraite,
Où mille instincts profonds nous fixent nuit et jour ;
Le pêcheur a la barque où l'espoir l'accompagne,
Les cygnes ont le lac, les aigles la montagne,
Les âmes ont l'amour !
21 mai 1833
poem by Victor Hugo

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Boula
Boula
Je sais que tu es très fort
Tu ne crains rien
Tu écoutes attentivement
Tu regards et tu admires
Et surtout tu mémorises tout
Hier quand tu étais malade
Je t’ai admire toute la nuit
Ton visage était très fâché
Tes mains et tes pieds bougeaient
Comme quelqu’un qui veut détruire
Un ennemie ou un obstacle
Tu grondais la maladie pour s’enfuir
Et jamais revenir
Car tu es un homme sévère et pure
Car tu es un homme fort et brave
Car tu es un homme et pas un enfant
Tu as pris mon doigt et tu la serré fortement
Comme que tu voudras me dire de ne pas inquiète, je veux guerire
En ce temps j’ai ferme mes yeux un peu car je crois que tu vas réussir
Oui tu vas combattre la maladie…
Saint Charbel soit avec toi mon cœur
GGC 01-08-2008
poem by Gilo Shahine

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Rue de Paris
Rue de Paris
Tres Miserables!
Los minutes expuestos por un solo minuto.
Porque?
It is a moment in time
An instant in time
Which leads many to ponder.
It is but a moment in time that counts
These precious
Seconds, seconds
Of life.
Rue de Paris
People running
People moving in masses
Elevator doors open and close
Releasing the embryos.
Rue de Paris
I envy those who
Just move
Not to the beat of the ……..
Just move.
Tres bien.
Tres bien
Es manificique.
In the end
Todo bien, Esta bien.
poem by Elaine Oxamendi Vicet

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Un rendez-vous
Dans ce nid furtif où nous sommes,
Ô ma chère âme, seuls tous deux,
Qu'il est bon d'oublier les hommes,
Si près d'eux !
Pour ralentir l'heure fuyante,
Pour la goûter, il ne faut pas
Une félicité bruyante ;
Parlons bas.
Craignons de la hâter d'un geste,
D'un mot, d'un souffle seulement,
D'en perdre, tant elle est céleste,
Un moment.
Afin de la sentir bien nôtre,
Afin de la bien ménager,
Serrons-nous tout près l'un de l'autre
Sans bouger ;
Sans même lever la paupière :
Imitons le chaste repos
De ces vieux châtelains de pierre
Aux yeux clos,
Dont les corps sur les mausolées,
Immobiles et tout vêtus,
Loin de leurs âmes envolées
Se sont tus ;
Dans une alliance plus haute
Que les terrestres unions,
Gravement comme eux côte à côte,
Sommeillons.
poem by Rene Francois Armand Prudhomme

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Elle est gaie et pensive; elle nous fait songer
Elle est gaie et pensive ; elle nous fait songer
À tout ce qui reluit malgré de sombres voiles,
Aux bois pleins de rayons, aux nuits pleines d'étoiles.
L'esprit en la voyant s'en va je ne sais où.
Elle a tout ce qui peut rendre un pauvre homme fou.
Tantôt c'est un enfant, tantôt c'est une reine.
Hélas ! quelle beauté radieuse et sereine !
Elle a de fiers dédains, de charmantes faveurs,
Un regard doux et bleu sous de longs cils rêveurs,
L'innocence, et l'amour qui sans tristesse encore
Flotte empreint sur son front comme une vague aurore,
Et puis je ne sais quoi de calme et de vainqueur !
Et le ciel dans ses yeux met l'enfer dans mon coeur !
poem by Victor Hugo

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En sortant du collège
PREMIERE LETTRE
Puisque nous avons seize ans,
Vivons, mon vieux camarade,
Et cessons d'être innocents ;
Car c'est là le premier grade.
Vivre c'est aimer. Apprends
Que, dans l'ombre où nos coeurs rêvent,
J'ai vu deux yeux bleus, si grands
Que tous les astres s'y lèvent.
Connais-tu tous ces bonheurs ?
Faire des songes féroces,
Envier les grands seigneurs
Qui roulent dans des carrosses,
Avoir la fièvre, enrager,
Etre un coeur saignant qui s'ouvre,
Souhaiter d'être un berger
Ayant pour cahute un Louvre,
Sentir, en mangeant son pain
Comme en ruminant son rêve,
L'amertume du pépin
De la sombre pomme d'Eve ;
Etre amoureux, être fou,
Etre un ange égal aux oies,
Etre un forçat sous l'écrou ;
Eh bien, j'ai toutes ces joies !
Cet être mystérieux
Qu'on appelle une grisette
M'est tombé du haut des cieux.
Je souffre. J'ai la recette.
Je sais l'art d'aimer ; j'y suis
Habile et fort au point d'être
Stupide, et toutes les nuits
Accoudé sur ma fenêtre.
DEUXIÈME LETTRE
Elle habite en soupirant
La mansarde mitoyenne.
Parfois sa porte, en s'ouvrant,
Pousse le coude à la mienne.
Elle est fière ; parlons bas.
C'est une forme azurée
Qui, pour ravauder des bas,
Arrive de l'empyrée.
J'y songe quand le jour naît,
J'y rêve quand le jour baisse.
Change en casque son bonnet,
Tu croirais voir la Sagesse.
Sa cuirasse est un madras ;
Elle sort avec la ruse
D'avoir une vieille au bras
Qui lui tient lieu de Méduse.
On est sens dessus dessous
Rien qu'à voir la mine altière
Dont elle prend pour deux sous
De persil chez la fruitière.
Son beau regard transparent
Est grave sans airs moroses.
On se la figure errant
Dans un bois de lauriers-roses.
Pourtant, comme nous voyons
Que parfois de ces Palmyres
Il peut tomber des rayons,
Des baisers et des sourires ;
Un drôle, un étudiant,
Rôde sous ces chastes voiles ;
Je hais fort ce mendiant
Qui tend la main aux étoiles.
Je ne sors plus de mon trou.
L'autre jour, étant en verve,
Elle m'appela : Hibou.
Je lui répondis : Minerve.
poem by Victor Hugo

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La cuisine
Au fond, la crémaillère avait son croc pendu,
Le foyer scintillait comme une rouge flaque,
Et ses flammes, mordant incessamment la plaque,
Y rongeaient un sujet obscène en fer fondu.
Le feu s'éjouissait sous le manteau tendu
Sur lui, comme l'auvent par-dessus la baraque,
Dont les bibelots clairs, de bois, d'étain, de laque,
Crépitaient moins aux yeux que le brasier tordu.
Les rayons s'échappaient comme un jet d'émeraudes,
Et, ci et là, partout, donnaient des chiquenaudes
De clarté vive aux brocs de verre, aux plats d'émail,
A voir sur tout relief tomber une étincelle,
On eût dit - tant le feu s'émiettait par parcelle -
Qu'on vannait du soleil à travers un vitrail.
poem by Emile Verhaeren

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Très doucement, plus doucement encore
Très doucement, plus doucement encore,
Berce ma tête entre tes bras,
Mon front fiévreux et mes yeux las ;
Très doucement, plus doucement encore.
Baise mes lèvres, et dis-moi
Ces mots plus doux à chaque aurore,
Quand me les dit ta voix,
Et que tu t'es donnée, et que je t'aime encore
Le joug surgit maussade et lourd ; la nuit
Fut de gros rêves traversée ;
La pluie et ses cheveux fouettent notre croisée
Et l'horizon est noir de nuages d'ennui.
Très doucement, plus doucement encore,
Berce ma tête entre tes bras,
Mon front fiévreux et mes yeux las ;
C'est toi qui m'es la bonne aurore,
Dont la caresse est dans ta main
Et la lumière en tes paroles douces :
Voici que je renais, sans mal et sans secousse,
Au quotidien travail qui trace, en mon chemin,
Son signe,
Et me fait vivre, avec la volonté,
D'être une arme de force et de beauté,
Aux poings d'or d'une vie insigne.
poem by Emile Verhaeren

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Pigalle II - 0050 - Current French Version
Oui, je suis
chaque nuit
sous la pluie
sans ami,
sans abri
sans sous - si!
Qui sourit
contredit
cœur, esprit,
de la vie,
se détruit
se salit.
Viens chéri!
Viens ici!
Allons-y?
Qui jouit?
Vers minuit
ça suffit!
Si on suit
vers délit
c'est au lit
vers aussi,
vite on vit
des soucis.
Pauvre fille,
vivre ainsi
à Paris
si pourri:
mais, tant pis,
sans repenti
c'est reparti!
(25 October 2006)
poem by Jonathan Robin

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Say year
Say maybe
Say body
Say remember
Say I wonder
Say nay
Say meet her
Say my
Say mother
Say a year [or: I hear]
Say high
You
Noise
Abc - a note to us
Pour le pret-a-porter
Pour le pret-a-manger
Pour le pret-a-boire
Pour le pret-a-penser
Renseignments au 93 (93), poste lopn par ligne digitale
Les noms figurent dans la liste par arrondissement
Et pourtant je ne suis pas sur
Et pourtant je ne suis pas sur
[interlude]
La la la la la la la
La la la la la la la
La la la la la la la
La la la la la la la
Parce que jaime bien la musique
Parce que je trouve bien les instruments
Parce quil y a beaucoup de boutons
Et que jaimerais bien jouer du piano
Yes, a sin city, its a much sin city
Yes, a sin city, its a much sin city
Yes, a sin city, its a much sin city
Yes, a sin city, its a much sin city
Yes, a sin city, its a much sin city
Yes, a sin city, its a much sin city
Yes
Puisquau font
Ce nest pas si loin daller tres loin
Puisquau font
Ce nest pas si loin daller tres loin
Puisquau font
Ce nest pas si loin daller tres loin
Puisquau font
See you later
See yoy later
Ce nest pas si loin daller tres loin
Puisquau font
Ce nest pas si loin daller tres loin
See you later
Puisquau font
Ce nest pas si loin daller tres loin
Puisquau font
Ce nest pas si loin daller tres loin
Ou font sais pas
Parceque au font cest pas loisir
See you later
Living or not living
The question I cant ask you
Living or not living
After many many years
See you later
See you later
See you later
See you later
See you later
See you later
See you later
song performed by by Vangelis

Submitted by Lucian Velea
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Le palais du tonnerre
Par l'issue ouverte sur le boyau dans la craie
En regardant la paroi adverse qui semble en nougat
On voit à gauche et à droite fuir l'humide couloir désert
Où meurt étendue une pelle à la face effrayante à deux yeux réglementaires qui servent à l'attacher sous les caissons
Un rat y recule en hâte tandis que j'avance en hâte
Et le boyau s'en va couronné de craie semé de branches
Comme un fantôme creux qui met du vide où il passe blanchâtre
Et là-haut le toit est bleu et couvre bien le regard fermé par quelques lignes droites
Mais en deçà de l'issue c'est le palais bien nouveau et qui paraît ancien
Le plafond est fait de traverses de chemin de fer
Entre lesquelles il y a des morceaux de craie et des touffes d'aiguilles de sapin
Et de temps en temps des débris de craie tombent comme des morceaux de vieillesse
À côté de l'issue que ferme un tissu lâche d'une espèce qui sert généralement aux emballages
Il y a un trou qui tient lieu d'âtre et ce qui y brûle est un feu semblable à l'âme
Tant il tourbillonne et tant il est inséparable de ce qu'il dévore et fugitif
Les fils de fer se tendent partout servant de sommier supportant des planches
Ils forment aussi des crochets et l'on y suspend mille choses
Comme on fait à la mémoire
Des musettes bleues des casques bleus des cravates bleues des vareuses bleues
Morceaux du ciel tissus des souvenirs les plus purs
Et il flotte parfois en l'air de vagues nuages de craie
Sur la planche brillent des fusées détonateurs joyaux dorés à tête émaillée
Noirs blancs rouges
Funambules qui attendent leur tour de passer sur les trajectoires
Et font un ornement mince et élégant à cette demeure souterraine
Ornée de six lits placés en fer à cheval
Six lits couverts de riches manteaux bleus
Sur le palais il y a un haut tumulus de craie
Et des plaques de tôle ondulée
Fleuve figé de ce domaine idéal
Mais privé d'eau car ici il ne roule que le feu jailli de la mélinite
Le parc aux fleurs de fulminate jaillit des trous penchés
Tas de cloches aux doux sons des douilles rutilantes
Sapins élégants et petits comme en un paysage japonais
Le palais s'éclaire parfois d'une bougie à la flamme aussi petite qu'une souris
Ô palais minuscule comme si on te regardait par le gros bout d'une lunette
Petit palais où tout s'assourdit
Petit palais où tout est neuf rien rien d'ancien
Et où tout est précieux où tout le monde est vêtu comme un roi
Une selle est dans un coin à cheval sur une caisse
Un journal du jour traîne par terre
Et cependant tout paraît vieux dans cette neuve demeure
Si bien qu'on comprend que l'amour de l'antique
Le goût de l'anticaille
Soit venu aux hommes dès le temps des cavernes
Tout y était si précieux et si neuf
Tout y est si précieux et si neuf
Qu'une chose plus ancienne ou qui a déjà servi y apparaît
Plus précieuse
Que ce qu'on a sous la main
Dans ce palais souterrain creusé dans la craie si blanche et si neuve
Et deux marches neuves
Elles n'ont pas deux semaines
Sont si vieilles et si usées dans ce palais qui semble antique sans imiter l'antique
Qu'on voit que ce qu'il y a de plus simple de plus neuf est ce qui est
Le plus près de ce que l'on appelle la beauté antique
Et ce qui est surchargé d'ornements
A besoin de vieillir pour avoir la beauté qu'on appelle antique
Et qui est la noblesse la force l'ardeur l'âme l'usure
De ce qui est neuf et qui sert
Surtout si cela est simple simple
Aussi simple que le petit palais du tonnerre
poem by Guillaume Apollinaire

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Satire III
Sans parler, je t'entends : il faut suivre l'orage ;
Aussi bien on ne peut où choisir avantage ;
Nous vivons à tâtons et, dans ce monde ici,
Souvent avec travail on poursuit du souci ;
Car les dieux courroucés contre la race humaine
Ont mis avec les biens les sueurs et la peine.
Le monde est un berlan où tout est confondu
Tel pense avoir gagné qui souvent a perdu,
Ainsi qu'en une blanque où par hasard on tire,
Et qui voudrait choisir souvent prendrait le pire.
Tout dépend du Destin, qui sans avoir égard
Les faveurs et les biens en ce monde départ.
Mais puisqu'il est ainsi que le sort nous emporte,
Qui voudrait se bander contre une loi si forte ?
Suivons donc sa conduite en cet aveuglement.
Qui pèche avec le ciel pèche honorablement.
Car penser s'affranchir c'est une rêverie ;
La liberté par songe en la terre est chérie :
Rien n'est libre en ce monde et chaque homme dépend,
Comtes, princes, sultans, de quelque autre plus grand.
Tous les hommes vivants sont ici bas esclaves,
Mais, suivant ce qu'ils sont, ils diffèrent d'entraves,
Les uns les portent d'or et les autres de fer ;
Mais n'en déplaise aux vieux, ni leur philosopher,
Ni tant de beaux écrits qu'on lit en leurs écoles,
Pour s'affranchir l'esprit ne sont que des paroles.
Au joug nous sommes nés et n'a jamais été
Homme qu'on ait vu vivre en pleine liberté.
En vain me retirant enclos en une étude
Penserai-je laisser le joug de servitude ;
Étant serf du désir d'apprendre et de savoir,
Je ne ferais sinon que changer de devoir.
C'est l'arrêt de Nature et personne en ce monde
Ne saurait contrôler sa sagesse profonde.
Puis que peut-il servir aux mortels ici bas,
Marquis, d'être savant ou de ne l'être pas,
Si la science pauvre, affreuse et méprisée,
Sert au peuple de fable, aux plus grands de risée ;
Si les gens de latin des sots sont dénigrés
Et si l'on est docteur sans prendre ses degrés ?
Pourvu qu'on soit morguant, qu'on bride sa moustache,
Qu'on frise ses cheveux, qu'on porte un grand panache,
Qu'on parle baragouin et qu'on suive le vent,
En ce temps d'aujourd'hui l'on n'est que trop savant.
Du siècle les mignons, fils de la poule blanche,
Ils tiennent à leur gré la fortune en la manche,
En crédit élevés, ils disposent de tout,
Et n'entreprennent rien qu'ils n'en viennent à bout.
Mais quoi, me diras-tu, il t'en faut autant faire ;
Qui ose a peu souvent la fortune contraire ;
Importune le Louvre et, de jour et de nuit,
Perds pour t'assujettir et la table et le lit ;
Sois entrant, effronté, et sans cesse importune :
En ce temps l'impudence élève la fortune.
Il est vrai, mais pourtant je ne suis point d'avis
De dégager mes jours pour les rendre asservis
Et sous un nouvel astre aller, nouveau pilote,
Conduire en autre mer mon navire qui flotte
Entre l'espoir du bien et la peur du danger
De froisser mon attente en ce bord étranger.
Car pour dire le vrai c'est un pays étrange,
Où comme un vrai Protée à toute heure on se change,
Où les lois, par respect sages humainement,
Confondent le loyer avec le châtiment
Et pour un même fait, de même intelligence,
L'un est justicié, l'autre aura récompense.
Car selon l'intérêt, le crédit ou l'appui,
Le crime se condamne et s'absout aujourd'hui.
Je le dis sans confondre en ces aigres remarques
La clémence du Roi, le miroir des monarques,
Qui plus grand de vertu, de coeur et de renom,
S'est acquis de clément et la gloire et le nom.
Or, quant à ton conseil qu'à la cour je m'engage,
Je n'en ai pas l'esprit, non plus que le courage.
Il faut trop de savoir et de civilité,
Et si j'ose en parler trop de subtilité ;
Ce n'est pas mon humeur, je suis mélancolique,
Je ne suis point entrant, ma façon est rustique,
Et le surnom de bon me va-t-on reprochant,
D'autant que je n'ai pas l'esprit d'être méchant.
Et puis je ne saurais me forcer ni me feindre ;
Trop libre en volonté je ne me puis contraindre ;
Je ne saurais flatter et ne sais point comment
Il faut se taire accort ou parler faussement.
poem by Mathurin Regnier

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