
Cri de guerre du mufti
En guerre les guerriers ! Mahomet ! Mahomet !
Les chiens mordent les pieds du lion qui dormait,
Ils relèvent leur tête infâme.
Ecrasez, ô croyants du prophète divin,
Ces chancelants soldats qui s'enivrent de vin,
Ces hommes qui n'ont qu'une femme !
Meure la race franque et ses rois détestés !
Spahis, timariots, allez, courez, jetez
A travers les sombres mêlées
Vos sabres, vos turbans, le bruit de votre cor,
Vos tranchants étriers, larges triangles d'or,
Vos cavales échevelées !
Qu'Othman, fils d'Ortogrul, vive en chacun de vous.
Que l'un ait son regard et l'autre son courroux.
Allez, allez, ô capitaines !
Et nous te reprendrons, ville aux dômes d'azur,
Molle Setiniah, qu'en leur langage impur
Les barbares nomment Athènes !
poem by Victor Hugo

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La Noix
Allez, allez
Comment ca va, comment ca va ?
Et vous, et vous ?
Au dbut de la saison elle est toujours de bonne humeur
Le monsieur est pauvre
Et si la lune tombe
Il va la chasse, sans classe, en face
Dans la rue
Les femmes attendent
Elles rient de lui
Parce qu'il leur offre une noix
Cette saison
Les femmes attendent
Elles rient de lui
Parce qu'il leur offre une noix
Allez, allez
Comment ca va, comment ca va ?
Et vous, et vous ?
Aprs cette aventure il va dans un bar
Triste, parce qu'il a encore une noix
Il espre le miracle
Ce soir il prend sa guitare
Il chante
Dans la rue
Les femmes attendent
Elles rient de lui
Parce qu'il leur offre une noix
Cette saison
Les femmes attendent
Elles rient de lui
Parce qu'il leur offre une noix
Allez, allez
Comment ca va, comment ca va ?
Et vous, et vous ? (2x)
Comment ca va
song performed by by Guano Apes

Submitted by Lucian Velea
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Allez, Mes Ver, Allez
Allez, mes vers, allez; je me confie en vous;
Allez fléchir son coeur, désarmer son courroux;
Suppliez, gémissez, implorez sa clémence,
Tant qu'elle vous admette enfin à sa présence.
Entrez: à ses genoux prosternez vos douleurs,
Le deuil peint sur le front, abattus, tout en pleurs;
Et ne revoyez point mon seuil triste et farouche,
Que vous ne m'apportiez un pardon de sa bouche.
poem by Andre Marie de Chenier

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A Mlle Fanny de P.
Ô vous que votre âge défend,
Riez ! tout vous caresse encore.
Jouez ! chantez ! soyez l'enfant !
Soyez la fleur ; soyez l'aurore !
Quant au destin, n'y songez pas.
Le ciel est noir, la vie est sombre.
Hélas ! que fait l'homme ici-bas ?
Un peu de bruit dans beaucoup d'ombre.
Le sort est dur, nous le voyons.
Enfant ! souvent l'oeil plein de charmes
Qui jette le plus de rayons
Répand aussi le plus de larmes.
Vous que rien ne vient éprouver,
Vous avez tout, joie et délire,
L'innocence qui fait rêver,
L'ignorance qui fait sourire.
Vous avez, lys sauvé des vents,
Coeur occupé d'humbles chimères,
Ce calme bonheur des enfants,
Pur reflet du bonheur des mères.
Votre candeur vous embellit.
Je préfère à toute autre flamme
Votre prunelle que remplit
La clarté qui sort de votre âme.
Pour vous ni soucis ni douleurs,
La famille vous idolâtre.
L'été, vous courez dans les fleurs ;
L'hiver, vous jouez près de l'âtre.
La poésie, esprit des cieux,
Près de vous, enfant, s'est posée ;
Votre mère l'a dans ses yeux,
Votre père dans sa pensée.
Profitez de ce temps si doux !
Vivez ! - La joie est vite absente ;
Et les plus sombres d'entre nous
Ont eu leur aube éblouissante.
Comme on prie avant de partir,
Laissez-moi vous bénir, jeune âme, -
Ange qui serez un martyr !
Enfant qui serez une femme !
poem by Victor Hugo

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Et Jeanne à Mariette a dit
Et Jeanne à Mariette a dit : - Je savais bien
Qu'en répondant : c'est moi, papa ne dirait rien.
Je n'ai pas peur de lui puisqu'il est mon grand-père.
Vois-tu, papa n'a pas le temps d'être en colère,
Il n'est jamais beaucoup fâché, parce qu'il faut
Qu'il regarde les fleurs, et quand il fait bien chaud
Il nous dit : N'allez pas au grand soleil nu-tête,
Et ne vous laissez pas piquer par une bête,
Courez, ne tirez pas le chien par son collier,
Prenez garde aux faux pas dans le grand escalier,
Et ne vous cognez pas contre les coins des marbres.
Jouez. Et puis après il s'en va dans les arbres.
poem by Victor Hugo

Submitted by Poetry Lover
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Les Acrobates
vous allez rire, peut tre
vous allez sourire, je crois
l'ironie taquine souvent la tendresse
je m'avance sans malice ni fard
ils vont pleurer, peut tre
je guette
ils vont sourire, je crois
ils savent tout ce qui m'apaise et du reste
veillent au juste quilibre en moi
je suspends les acrobaties
l'espace
d'un geste amoureux
d'un merci
ce lger bonus de trac
est pour ma mre, mon pre, ma soeur
tout simplement
quand j'oublie comment je m'appelle et le reste
c'est vers vous que je guide mes pas
song performed by by Vanessa Paradis

Submitted by Lucian Velea
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In The Night (1995)
Zazou, whatcha gonna do?
There's a lot of people and they're coming for you
Zazou, comment allez-vous?
A knock on the door in the night
That Zazou, he don't care
The dark glasses
The long hair
Takes his time
Sneers at men
Some ugly people want revenge
Zazou comment allez-vous?
A knock on the door in the night
In the night
That Zazou he sleeps all day
Then down to Select or Le Collisee
Sips his drinks, orders more
Says what he thinks and it's a crazy war
Zazou, whatcha gonna do?
A knock on the door in the night
Zazou comment allez-vous?
A knock on the door in the night
And when the soldiers strut
All he cares about is love
When the flags are out
All he cares about is love
Well there's a thin line between love and crime
And in this situation
A thin line between love and crime and
Collaboration
In the night
In the night
In the night
Zazou whatcha gonna do?
There's a lot of people and they're coming for you
Zazou, comment allez-vous?
A knock on the door in the night
Now everybody's under somebody's spell
Unless they've already gone to Hell
In the streets you can hear the people say
"That Zazou, he should be locked away!"
And when the soldiers strut
All he cares about is love
When the flags are out
All he cares about is love
Well there's a thin line between love and crime
And in this situation
A thin line between love and crime and
Collaboration
song performed by by Pet Shop Boys

Submitted by Lucian Velea
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Enthousiasme
Enthousiasme
En Grèce ! en Grèce ! adieu, vous tous ! il faut partir !
Qu'enfin, après le sang de ce peuple martyr,
Le sang vil des bourreaux ruisselle !
En Grèce, à mes amis ! vengeance ! liberté !
Ce turban sur mon front ! ce sabre à mon côté !
Allons ! ce cheval, qu'on le selle !
Quand partons-nous ? Ce soir ! demain serait trop long.
Des armes ! des chevaux ! un navire à Toulon !
Un navire, ou plutôt des ailes !
Menons quelques débris de nos vieux régiments,
Et nous verrons soudain ces tigres ottomans
Fuir avec des pieds de gazelles !
Commande-nous, Fabvier, comme un prince invoqué !
Toi qui seul fus au poste où les rois ont manqué,
Chef des hordes disciplinées,
Parmi les grecs nouveaux ombre d'un vieux romain,
Simple et brave soldat, qui dans ta rude main
D'un peuple as pris les destinées !
De votre long sommeil éveillez-vous là-bas,
Fusils français ! et vous, musique des combats,
Bombes, canons, grêles cymbales !
Eveillez-vous, chevaux au pied retentissant,
Sabres, auxquels il manque une trempe de sang,
Longs pistolets gorgés de balles !
Je veux voir des combats, toujours au premier rang !
Voir comment les spahis s'épanchent en torrent
Sur l'infanterie inquiète ;
Voir comment leur damas, qu'emporte leur coursier,
Coupe une tête au fil de son croissant d'acier !
Allons !... - mais quoi, pauvre poète,
Où m'emporte moi-même un accès belliqueux ?
Les vieillards, les enfants m'admettent avec eux.
Que suis-je ? - Esprit qu'un souffle enlève.
Comme une feuille morte, échappée aux bouleaux,
Qui sur une onde en pente erre de flots en flots,
Mes jours s'en vont de rêve en rêve.
Tout me fait songer : l'air, les prés, les monts, les bois.
J'en ai pour tout un jour des soupirs d'un hautbois,
D'un bruit de feuilles remuées ;
Quand vient le crépuscule, au fond d'un vallon noir,
J'aime un grand lac d'argent, profond et clair miroir
Où se regardent les nuées.
J'aime une lune, ardente et rouge comme l'or,
Se levant dans la brume épaisse, ou bien encor
Blanche au bord d'un nuage sombre ;
J'aime ces chariots lourds et noirs, qui la nuit,
Passant devant le seuil des fermes avec bruit,
Font aboyer les chiens dans l'ombre.
En Grèce ! en Grèce ! adieu, vous tous ! il faut partir !
Qu'enfin, après le sang de ce peuple martyr,
Le sang vil des bourreaux ruisselle !
En Grèce, à mes amis ! vengeance ! liberté !
Ce turban sur mon front ! ce sabre à mon côté !
Allons ! ce cheval, qu'on le selle !
Quand partons-nous ? Ce soir ! demain serait trop long.
Des armes ! des chevaux ! un navire à Toulon !
Un navire, ou plutôt des ailes !
Menons quelques débris de nos vieux régiments,
Et nous verrons soudain ces tigres ottomans
Fuir avec des pieds de gazelles !
Commande-nous, Fabvier, comme un prince invoqué !
Toi qui seul fus au poste où les rois ont manqué,
Chef des hordes disciplinées,
Parmi les grecs nouveaux ombre d'un vieux romain,
Simple et brave soldat, qui dans ta rude main
D'un peuple as pris les destinées !
De votre long sommeil éveillez-vous là-bas,
Fusils français ! et vous, musique des combats,
Bombes, canons, grêles cymbales !
Eveillez-vous, chevaux au pied retentissant,
Sabres, auxquels il manque une trempe de sang,
Longs pistolets gorgés de balles !
Je veux voir des combats, toujours au premier rang !
Voir comment les spahis s'épanchent en torrent
Sur l'infanterie inquiète ;
Voir comment leur damas, qu'emporte leur coursier,
Coupe une tête au fil de son croissant d'acier !
Allons !... - mais quoi, pauvre poète,
Où m'emporte moi-même un accès belliqueux ?
Les vieillards, les enfants m'admettent avec eux.
Que suis-je ? - Esprit qu'un souffle enlève.
Comme une feuille morte, échappée aux bouleaux,
Qui sur une onde en pente erre de flots en flots,
Mes jours s'en vont de rêve en rêve.
Tout me fait songer : l'air, les prés, les monts, les bois.
J'en ai pour tout un jour des soupirs d'un hautbois,
D'un bruit de feuilles remuées ;
Quand vient le crépuscule, au fond d'un vallon noir,
J'aime un grand lac d'argent, profond et clair miroir
Où se regardent les nuées.
J'aime une lune, ardente et rouge comme l'or,
Se levant dans la brume épaisse, ou bien encor
Blanche au bord d'un nuage sombre ;
J'aime ces chariots lourds et noirs, qui la nuit,
Passant devant le seuil des fermes avec bruit,
Font aboyer les chiens dans l'ombre.
poem by Victor Hugo

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In The Night
Zazou, what youre gonna do?
Theres a lot of people coming for you
Zazou, comment allez-vous?
A knock on the door in the night
That zazou, he dont care
Dark glasses, long hair
Takes his time, sneers at men
Some ugly people want revenge
Zazou, comment allez-vous?
A knock on the door in the night (in the night)
In the night (in the night)
That zazou, he sleeps all day
Then down to select or le collisee
Sips his drinks, orders more
Says what he thinks and its a crazy war
Zazou, what youre gonna do?
A knock on the door in the night
(in the night in the night ...)
Zazou, comment allez-vous?
A knock on the door in the night (the night the night)
And when the soldiers strut, all he cares about
Is love
When the flags are out, all he cares about
Is love
Well, theres a thin line between love and crime
And in this situation
A thin line between love and crime and -
Collaboration (-ration)
In the night
(in the night in the night in the night in the night ...)
(crime crime crime crime crime crime crime crime crime crime
Crime crime crime crime crime crime crime crime crime crime
Crime crime crime crime ...)
In the night (in the night in the night)
In the night (in the night in the night)
Zazou, what youre gonna do?
Theres a lot of people coming for you
Zazou, comment allez-vous?
A knock on the door in the night
Now everybodys under somebodys spell
Unless theyve already gone to hell
In the streets you can hear the people say
That, zazou, he should be locked away!
When the soldiers strut, all he cares about
Is love
Oh, when the flags are out, all he cares about
Is love
And theres a thin line between love and crime
And in this situation
A thin line between love and crime and
Collaboration
song performed by by Pet Shop Boys

Submitted by Lucian Velea
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Les Fleurs des Mots: Un Morceau du Pidgin
Mon frere, ma soeur et moi
a l'exterieure
de la bibliotheque
de l'universite
de Paris.
Sculptures,
en gres,
du homme de renom.
Pocketable oeuvres
(poche doovers) .
Nous n'etonnions pas
quand nous were searched at la porte.
Mon homme asked, 'You were in court before? '
(Je hadn't done any courtroom francais,
let alone past tense.
Il parlais anglais.)
Je said, 'Not en France.'
Nous left, et soon noticed
il following us.
Je said,
'Je will satisfy
il's curiosity.
Vous allez on ahead.'
poem by Douglas Scotney

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Les morts
En ces heures de soir où sous la brume épaisse
Le ciel voilé s'efface et lentement s'endort,
Je marche recueilli, mais sans vaine tristesse,
Sur la terre pleine de morts.
Je fais sonner mon pas pour qu'encore ils l'entendent
Et qu'ils songent, en leur sommeil morne et secret,
A ceux dont la ferveur et la force plus grandes
Refont le monde qu'ils ont fait.
lis ne demandent pas qu'une douleur oisive
Se traîne avec des pleurs autour de leurs cercueils.
Ils comprennent la part que l'oeuvre successive
Fait à la joie et à l'orgueil.
Leur esprit est en nous, mais non pas pour nous nuire
Et nous pousser, à contre-jour, comme à tâtons.
Leur voix est douce encor alors qu'on l'entend bruire
Mais que c'est nous, nous qui chantons.
Car l'heure est nôtre enfin ; et la belle lumière
Et le sol et les flots et les ronflants essaims
Des forces qu'on entend vibrer dans la matière
Sont asservis à nos desseins.
Autres sont pour nos coeurs et les dieux et les hommes,
Autres pour nos esprits le pouvoir et ses lois.
Un nouvel infini nous fait ce que nous sommes
Et met sa force en notre foi.
Bondissez donc, désir humain, puissance humaine,
Aussi loin que vous porte ou la lutte ou l'accord.
Que votre amour soit neuf et neuve votre haine
Sur la terre pleine de morts.
poem by Emile Verhaeren

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Chanson de fou (3)
Brisez-leur pattes et vertèbres,
Chassez les rats, les rats.
Et puis versez du froment noir,
Le soir,
Dans les ténèbres.
Jadis, lorsque mon coeur cassa,
Une femme le ramassa
Pour le donner aux rats.
- Brisez-leur pattes et vertèbres.
Souvent je les ai vus dans l'âtre,
Taches d'encre parmi le plâtre,
Qui grignotaient ma mort.
- Brisez-leur pattes et vertèbres.
L'un d'eux, je l'ai senti
Grimper sur moi la nuit,
Et mordre encor le fond du trou
Que fit, dans ma poitrine,
L'arrachement de mon coeur fou.
- Brisez-leur pattes et vertèbres.
Ma tête à moi les vents y passent,
Les vents qui passent sous la porte,
Et les rats noirs de haut en bas
Peuplent ma tête morte.
- Brisez-leur pattes et vertèbres.
Car personne ne sait plus rien.
Et qu'importent le mal, le bien,
Les rats, les rats sont là, par tas,
Dites, verserez-vous, ce soir,
Le froment noir,
A pleines mains, dans les ténèbres ?
poem by Emile Verhaeren

Submitted by Poetry Lover
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Tout Homme A Ses Douleurs
Tout homme a ses douleurs. Mais aux yeux de ses frères
Chacun d'un front serein déguise ses misères.
Chacun ne plaint que soi. Chacun dans son ennui
Envie un autre humain qui se plaint comme lui,
Nul des autres mortels ne mesure les peines,
Qu'ils savent tous cacher comme il cache les siennes;
Et chacun, l'oeil en pleurs, en son coeur douloureux
Se dit: 'Excepté moi, tout le monde est heureux,'
Ils sont tous malheureux. Leur prière importune
Crie et demande au ciel de changer leur fortune,
Ils changent; et bientôt, versant de nouveaux pleurs,
Ils trouvent qu'ils n'ont fait que changer de malheurs.
poem by Andre Marie de Chenier

Submitted by Poetry Lover
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Hier Au Soir
Hier, le vent du soir, dont le souffle caresse,
Nous apportait l'odeur des fleurs qui s'ouvrent tard ;
La nuit tombait ; l'oiseau dormait dans l'ombre épaisse.
Le printemps embaumait, moins que votre jeunesse ;
Les astres rayonnaient, moins que votre regard.
Moi, je parlais tout bas. C'est l'heure solennelle
Où l'âme aime à chanter son hymne le plus doux.
Voyant la nuit si pure et vous voyant si belle,
J'ai dit aux astres d'or : Versez le ciel sur elle !
Et j'ai dit à vos yeux : Versez l'amour sur nous !
poem by Victor Hugo

Submitted by Poetry Lover
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T'aime Ma Maman
t'aime ma maman
il reste au repos
votre corps, je donne de la terre pour garder
rivières et le vert,
sol autour de vous l'aimez pour refermer reste
Maman de votre corps que je donne à leur
pour nourrir le vert de leur donner des fruits
vous escalader la roche de sable autour de vous
de la beauté qu'ils détiennent.
les rivières et le sang maintenez la touche verte ton
le sol est mon corps que je donne à leur
Je t'aime maman
tu m'as fait apprendre à aimer les arbres verts autour
et je tiens à embrasser toutes les fentes et les fissures de cette terre de beauté
Je tiens à toucher la terre le corps de vous
Je suis dans l'amour
que le sol où vous prendre du repos à la terre mère
et donne des fruits et de la vie de cet homme ridicule
Il en sera de mon amour, et les jours de marcher seul
repose en paix Maman
poem by Thampi KEE

Submitted by Poetry Lover
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Enfantillage
Madame, vous étiez petite,
J'avais douze ans ;
Vous oubliez vos courtisans
Bien vite !
Je ne voyais que vous au jeu
Parmi les autres ;
Mes doigts frôlaient parfois les vôtres
Un peu...
Comme à la première visite
Faite au rosier,
Le papillon sans appuyer
Palpite,
Et de feuille en feuille, hésitant,
S'approche, et n'ose
Monter droit au miel que la rose
Lui tend,
Tremblant de ses premières fièvres,
Mon coeur n'osait
Voler droit, des doigts qu'il baisait,
Aux lèvres.
Je sentais en moi, tour à tour,
Plaisir et peine,
Un mélange d'aise et de gêne :
L'amour.
L'amour à douze ans ! Oui, madame,
Et vous aussi,
N'aviez-vous pas quelque souci
De femme ?
Vous faisiez beaucoup d'embarras,
Très occupée
De votre robe, une poupée
Au bras.
Si j'adorais, trop tôt poète,
Vos petits pieds,
Trop tôt belle, vous me courbiez
La tête.
Nous menâmes si bien, un soir,
Le badinage,
Que nous nous mîmes en ménage,
Pour voir.
Vous parliez de bijoux de noces,
Moi du serment,
Car nous étions différemment
Précoces.
On fit la dînette, on dansa ;
Vous prétendîtes
Qu'il n'est noces proprement dites
Sans ça.
Vous goûtiez la plaisanterie
Tant que bientôt
J'osai vous appeler tout haut :
Chérie,
Et je vous ai (car je rêvais)
Baisé la joue ;
Depuis ce soir-là je ne joue
Jamais.
poem by Rene Francois Armand Prudhomme

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A ma fille
O mon enfant, tu vois, je me soumets.
Fais comme moi : vis du monde éloignée ;
Heureuse ? non ; triomphante ? jamais.
-- Résignée ! --
Sois bonne et douce, et lève un front pieux.
Comme le jour dans les cieux met sa flamme,
Toi, mon enfant, dans l'azur de tes yeux
Mets ton âme !
Nul n'est heureux et nul n'est triomphant.
L'heure est pour tous une chose incomplète ;
L'heure est une ombre, et notre vie, enfant,
En est faite.
Oui, de leur sort tous les hommes sont las.
Pour être heureux, à tous, -- destin morose ! --
Tout a manqué. Tout, c'est-à-dire, hélas !
Peu de chose.
Ce peu de chose est ce que, pour sa part,
Dans l'univers chacun cherche et désire:
Un mot, un nom, un peu d'or, un regard,
Un sourire !
La gaîté manque au grand roi sans amours ;
La goutte d'eau manque au désert immense.
L'homme est un puits où le vide toujours
Recommence.
Vois ces penseurs que nous divinisons,
Vois ces héros dont les fronts nous dominent,
Noms dont toujours nos sombres horizons
S'illuminent !
Après avoir, comme fait un flambeau,
Ébloui tout de leurs rayons sans nombre,
Ils sont allés chercher dans le tombeau
Un peu d'ombre.
Le ciel, qui sait nos maux et nos douleurs,
Prend en pitié nos jours vains et sonores.
Chaque matin, il baigne de ses pleurs
Nos aurores.
Dieu nous éclaire, à chacun de nos pas,
Sur ce qu'il est et sur ce que nous sommes ;
Une loi sort des choses d'ici-bas,
Et des hommes !
Cette loi sainte, il faut s'y conformer.
Et la voici, toute âme y peut atteindre :
Ne rien haïr, mon enfant ; tout aimer,
Ou tout plaindre !
O mon enfant, tu vois, je me soumets.
Fais comme moi : vis du monde éloignée ;
Heureuse ? non ; triomphante ? jamais.
-- Résignée ! --
Sois bonne et douce, et lève un front pieux.
Comme le jour dans les cieux met sa flamme,
Toi, mon enfant, dans l'azur de tes yeux
Mets ton âme !
Nul n'est heureux et nul n'est triomphant.
L'heure est pour tous une chose incomplète ;
L'heure est une ombre, et notre vie, enfant,
En est faite.
Oui, de leur sort tous les hommes sont las.
Pour être heureux, à tous, -- destin morose ! --
Tout a manqué. Tout, c'est-à-dire, hélas !
Peu de chose.
Ce peu de chose est ce que, pour sa part,
Dans l'univers chacun cherche et désire:
Un mot, un nom, un peu d'or, un regard,
Un sourire !
La gaîté manque au grand roi sans amours ;
La goutte d'eau manque au désert immense.
L'homme est un puits où le vide toujours
Recommence.
Vois ces penseurs que nous divinisons,
Vois ces héros dont les fronts nous dominent,
Noms dont toujours nos sombres horizons
S'illuminent !
Après avoir, comme fait un flambeau,
Ébloui tout de leurs rayons sans nombre,
Ils sont allés chercher dans le tombeau
Un peu d'ombre.
Le ciel, qui sait nos maux et nos douleurs,
Prend en pitié nos jours vains et sonores.
Chaque matin, il baigne de ses pleurs
Nos aurores.
Dieu nous éclaire, à chacun de nos pas,
Sur ce qu'il est et sur ce que nous sommes ;
Une loi sort des choses d'ici-bas,
Et des hommes !
Cette loi sainte, il faut s'y conformer.
Et la voici, toute âme y peut atteindre :
Ne rien haïr, mon enfant ; tout aimer,
Ou tout plaindre !
poem by Victor Hugo

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Non, Je Ne L’Amime Plus
Non, je ne l'aime plus; un autre la possède.
On s'accoutume au mal que l'on voit sans remède.
De ses caprices vains je ne veux plus souffrir:
Mon élégie en pleurs ne sait plus l'attendrir.
Allez, Muses, partez. Votre art m'est inutile;
Que me font vos lauriers? vous laissez fuir Camille.
Près d'elle je voulais vous avoir pour soutien.
Allez, Muses, partez, si vous n'y pouvez rien.
Voilà donc comme on aime! On vous tient, vous caresse,
Sur les lèvres toujours on a quelque promesse!
Et puis... Ah! laissez-moi, souvenirs ennemis,
Projets, attente, espoir, qu'elle m'avait permis.
'Nous irons au hameau. Loin, bien loin de la ville,
Ignorés et contents, un silence tranquille
Ne montrera qu'au ciel notre asile écarté.
Là son âme viendra m'aimer en liberté.
Fuyant d'un luxe vain l'entrave impérieuse,
Sans suite, sans témoins, seule et mystérieuse,
Jamais d'un oeil mortel un regard indiscret
N'osera la connaître et savoir son secret.
Seul je vivrai pour elle, et mon âme empressée
Épiera ses désirs, ses besoins, sa pensée.
C'est moi qui ferai tout; moi qui de ses cheveux
Sur sa tête le soir assemblerai les noeuds.
Sa table par mes mains sera prête et choisie;
L'eau pure, de ma main, lui sera l'ambroisie.
Seul, c'est moi qui serai partout, à tout moment,
Son esclave fidèle et son fidèle amant.'
Tels étaient mes projets qu'insensés et volages
Le vent a dissipés parmi de vains nuages!
Ah! quand d'un long espoir on flatta ses désirs,
On n'y renonce point sans peine et sans soupirs.
Que de fois je t'ai dit: 'Garde d'être inconstante,
Le monde entier déteste une parjure amante;
Fais-moi plutôt gémir sous des glaives sanglants,
Avec le feu plutôt déchire-moi les flancs.'
O honte! A deux genoux j'exprimais ces alarmes;
J'allais couvrant tes pieds de baisers et de larmes,
Tu me priais alors de cesser de pleurer:
En foule tes serments venaient me rassurer,
Mes craintes t'offensaient; tu n'étais pas de celles
Qui font jeu de courir à des flammes nouvelles:
Mille sceptres offerts pour ébranler ta foi,
Eût-ce été rien au prix du bonheur d'être à moi?
Avec de tels discours, ah! tu m'aurais fait croire
Aux clartés du soleil dans la nuit la plus noire.
Tu pleurais même; et moi, lent à me défier,
J'allais avec le lin dans tes yeux essuyer
Ces larmes lentement et malgré toi séchées;
Et je baisais ce lin qui les avait touchées.
Bien plus, pauvre insensé! j'en rougis: mille fois
Ta louange a monté ma lyre avec ma voix.
Je voudrais que Vulcain, et l'onde où tout s'oublie,
Eût consumé ces vers témoins de ma folie.
La même lyre encor pourrait bien me venger,
Perfide! Mais, non, non, il faut n'y plus songer.
Quoi! toujours un soupir vers elle me ramène!
Allons! Haïssons-la, puisqu'elle veut ma haine.
Oui, je la hais. Je jure... Eh! serments superflus!
N'ai-je pas dit assez que je ne l'aimais plus?
poem by Andre Marie de Chenier

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Satire II
...Aussi, lors que l'on voit un homme par la rue
Dont le rabat est sale et la chausse rompue,
Ses grègues aux genoux, au coude son pourpoint,
Qui soit de pauvre mine et qui soit mal en point,
Sans demander son nom on le peut reconnaître ;
Car si ce n'est un poète au moins il le veut être.
Or laissant tout ceci, retourne à nos moutons,
Muse, et sans varier dis-nous quelques sornettes
De tes enfants bâtards, ces tiercelets de poètes,
Qui par les carrefours vont leurs vers grimaçant,
Qui par leurs actions font rire les passants,
Et quand la faim les poind, se prenant sur le vôtre,
Comme les étourneaux ils s'affament l'un l'autre.
Cependant sans souliers, ceinture ni cordon,
L'oeil farouche et troublé, l'esprit à l'abandon,
Vous viennent accoster comme personnes ivres,
Et disent pour bonjour : ' Monsieur, je fais des livres,
On les vend au Palais, et les doctes du temps,
A les lire amusés, n'ont autre passe-temps '.
De là, sans vous laisser, importuns, ils vous suivent,
Vous alourdent de vers, d'allégresse vous privent,
Vous parlent de fortune, et qu'il faut acquérir
Du crédit, de l'honneur, avant que de mourir ;
Mais que, pour leur respect, l'ingrat siècle où nous sommes
Au prix de la vertu n'estime point les hommes ;
Que Ronsard, du Bellay, vivants ont eu du bien,
Et que c'est honte au Roy de ne leur donner rien.
Puis, sans qu'on les convie, ainsi que vénérables,
S'assient en prélats les premiers à vos tables,
Où le caquet leur manque, et des dents discourant,
Semblent avoir des yeux regret au demeurant.
Or la table levée, ils curent la mâchoire ;
Après grâces Dieu bu ils demandent à boire,
Vous font un sot discours, puis au partir de là,
Vous disent : ' Mais, Monsieur, me donnez-vous cela ' ?
C'est toujours le refrain qu'ils font à leur ballade.
Pour moi, je n'en vois point que je n'en sois malade ;
J'en perds le sentiment, du corps tout mutilé,
Et durant quelques jours j'en demeure opilé.
Un autre, renfrogné, rêveur, mélancolique,
Grimaçant son discours, semble avoir la colique,
Suant, crachant, toussant, pensant venir au point,
Parle si finement que l'on ne l'entend point.
Un autre, ambitieux, pour les vers qu'il compose,
Quelque bon bénéfice en l'esprit se propose,
Et dessus un cheval comme un singe attaché,
Méditant un sonnet, médite un évêché.
Si quelqu'un, comme moi, leurs ouvrages n'estime,
Il est lourd, ignorant, il n'aime point la rime ;
Difficile, hargneux, de leur vertu jaloux,
Contraire en jugement au commun bruit de tous
Que leur gloire il dérobe avec ses artifices.
Les dames cependant se fondent en délices
Lisant leurs beaux écrits, et de jour et de nuit
Les ont au cabinet sous le chevet du lit ;
Que, portés à l'église, ils valent des matines,
Tant, selon leurs discours, leurs oeuvres sont divines.
Encore, après cela, ils sont enfants des Cieux,
Ils font journellement carrousse avecq' les Dieux :
Compagnons de Minerve et confits en science,
Un chacun d'eux pense être une lumière en France.
Ronsard, fais-m'en raison, et vous autres, esprits.
Que, pour être vivants, en mes vers je n'écris ;
Pouvez-vous endurer que ces rauques cigales
Égalent leurs chansons à vos oeuvres royales,
Ayant votre beau nom lâchement démenti ?
Ha ! c'est que votre siècle est en tout perverti.
Mais pourtant, quel esprit, entre tant d'insolence,
Sait trier le savoir d'avecque l'ignorance,
Le naturel de l'art, et d'un oeil avisé
Voit qui de Calliope est plus favorisé ?
Juste postérité, à témoin je t'appelle,
Toi qui sans passion maintiens l'oeuvre immortelle,
Et qui, selon l'esprit, la grâce et le savoir,
De race en race au peuple un ouvrage fais voir ;
Venge cette querelle, et justement sépare
Du cygne d'Apollon la corneille barbare,
Qui croassant par tout d'un orgueil effronté,
Ne couche de rien moins que l'immortalité.
poem by Mathurin Regnier

Submitted by Poetry Lover
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Nostradamus
Estant assis de nuict secret estude,
Seul repos sur la selle daerain:
Flambe exigue sortant de sollitude,
Fait prosprer qui nest croire vain.
La verge en main mise au milieu de branches,
De londe il moulle & le limbe & le pied:
Un peur & voix fremissent par les manches:
Splendeur divine. le divin pres sassied.
Le regne humain dangelique geniture,
Fera son regne paix union tenir:
Captive guerre demy de sa closture,
Long temps la paix leur fera maintenir.
En la frontiere de caussade & charlus,
Non guieres loing du fond de la vallee,
De ville franche musique son de luths,
Environnez combouls & grand mittee.
Avant long temps le tout sera rang,
Nous esperons un siecle bien senestre:
Lestat des masques & des seuls bien chang,
Peu trouveront qu son rang vueille estre.
Le prochain fils de laisnier parviendra,
Tant eslev iusquau regne des fors:
Son aspre gloire un chacun la craindra,
Mais ses enfans du regne gettez hors.
Le regne humain dangelique geniture..
song performed by by Alphaville

Submitted by Lucian Velea
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Soir d'automne
Des nuages, couleur de marbre,
Volent, à travers le ciel fou ;
' Eh ! la lune, garde à vous ! '
L'espace meugle et se déchire.
Sous l'écorce par les fentes
On écoute pleurer et rire
Les arbres.
' Eh ! la lune, garde à vous ! '
Votre face de cristal blanc
Va choir, morte, parmi l'étang,
Cassée aux angles des vaguettes ;
Les taillis plient comme des baguettes ;
L'ouragan pille aux cabanes cognées
Le chaume immense, par poignées.
C'est les noces du vent et de l'automne.
' Eh ! la lune, garde à vous ! '
Le vent est ce cavalier lourd
Qui s'est soûlé, ce soir, et fait l'amour
A tous les coins des carrefours
Avec la rouge et violente automne.
' Eh ! la lune, garde à vous ! '
Votre allure de sainte Vierge
Et vos étoiles et vos cierges
N'ont rien à faire en cette heure de fête,
Où l'automne et le vent perdent la tête.
Par les taillis, les chiens maraudent,
Une odeur lourde et chaude
Grise la plaine et redresse debout
Le rut universel qui monte et s'enfle et bout
Dans les fureurs de la campagne en rage ;
Avec l'automne ivre et sauvage
De l'Est à l'Ouest, du Sud au Nord,
Le vent houleux s'accouple à mort.
' Eh ! la lune, garde à vous ! '
Les chiens hurlent comme des loups !
poem by Emile Verhaeren

Submitted by Poetry Lover
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