Eclaircie
Quand on est sous l'enchantement
D'une faveur d'amour nouvelle,
On s'en défendrait vainement,
Tout le révèle :
Comme fuit l'or entre les doigts,
Le trop-plein de bonheur qu'on sème,
Par le regard, le pas, la voix,
Crie : elle m'aime !
Quelque chose d'aérien
Allège et soulève la vie,
Plus rien ne fait peine, et plus rien
Ne fait envie :
Les choses ont des airs contents,
On marche au hasard, l'âme en joie,
Et le visage en même temps
Rit et larmoie ;
On s'oublie, aux yeux étonnés
Des enfants et des philosophes,
En grands gestes désordonnés,
En apostrophes !
La vie est bonne, on la bénit,
On rend justice à la nature !
Jusqu'au rêve de faire un nid
L'on s'aventure...
poem by Rene Francois Armand Prudhomme

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Hier, la nuit d'été, qui nous prêtait ses voiles
Hier, la nuit d'été, qui nous prêtait ses voiles,
Etait digne de toi, tant elle avait d'étoiles !
Tant son calme était frais ! tant son souffle était doux !
Tant elle éteignait bien ses rumeurs apaisées !
Tant elle répandait d'amoureuses rosées
Sur les fleurs et sur nous !
Moi, j'étais devant toi, plein de joie et de flamme,
Car tu me regardais avec toute ton âme !
J'admirais la beauté dont ton front se revêt.
Et sans même qu'un mot révélât ta pensée,
La tendre rêverie en ton coeur commencée
Dans mon coeur s'achevait !
Et je bénissais Dieu, dont la grâce infinie
Sur la nuit et sur toi jeta tant d'harmonie,
Qui, pour me rendre calme et pour me rendre heureux,
Vous fit, la nuit et toi, si belles et si pures,
Si pleines de rayons, de parfums, de murmures,
Si douces toutes deux !
Oh oui, bénissons Dieu dans notre foi profonde !
C'est lui qui fit ton âme et qui créa le monde !
Lui qui charme mon coeur ! lui qui ravit mes yeux !
C'est lui que je retrouve au fond de tout mystère !
C'est lui qui fait briller ton regard sur la terre
Comme l'étoile aux cieux !
C'est Dieu qui mit l'amour au bout de toute chose,
L'amour en qui tout vit, l'amour sur qui tout pose !
C'est Dieu qui fait la nuit plus belle que le jour.
C'est Dieu qui sur ton corps, ma jeune souveraine,
A versé la beauté, comme une coupe pleine,
Et dans mon coeur l'amour !
Laisse-toi donc aimer ! - Oh ! l'amour, c'est la vie.
C'est tout ce qu'on regrette et tout ce qu'on envie
Quand on voit sa jeunesse au couchant décliner.
Sans lui rien n'est complet, sans lui rien ne rayonne.
La beauté c'est le front, l'amour c'est la couronne :
Laisse-toi couronner !
Ce qui remplit une âme, hélas ! tu peux m'en croire,
Ce n'est pas un peu d'or, ni même un peu de gloire,
Poussière que l'orgueil rapporte des combats,
Ni l'ambition folle, occupée aux chimères,
Qui ronge tristement les écorces amères
Des choses d'ici-bas ;
Non, il lui faut, vois-tu, l'hymen de deux pensées,
Les soupirs étouffés, les mains longtemps pressées,
Le baiser, parfum pur, enivrante liqueur,
Et tout ce qu'un regard dans un regard peut lire,
Et toutes les chansons de cette douce lyre
Qu'on appelle le coeur !
Il n'est rien sous le ciel qui n'ait sa loi secrète,
Son lieu cher et choisi, son abri, sa retraite,
Où mille instincts profonds nous fixent nuit et jour ;
Le pêcheur a la barque où l'espoir l'accompagne,
Les cygnes ont le lac, les aigles la montagne,
Les âmes ont l'amour !
21 mai 1833
poem by Victor Hugo

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Francine a si bonne grace
Francine a si bonne grace,
Elle a si belle la face,
Elle a les sourcis tant beaux,
Et dessous, deux beaux flambeaux,
De qui la clarté seréne
Tout heur ou m'oste ou m'améne.
La belle n'a rien de fiel,
Elle est tout sucre et tout miel,
Et l'aleine qu'elle tire
Rien que parfuns ne respire.
Son baiser delicieux
C'est un vray nectar des dieux :
Elle est tant propre et tant nette,
Elle est en tout si parfette,
Elle devise tant bien,
Elle ne se coupe en rien.
Ce n'est qu'amours et blandices,
Mignardises et delices :
Elle sçait pour m'enchanter
Si doucettement chanter,
Atrempant sa voix divine,
Les baisers de ma Meline
Et tout cela que Ronsard
A chanté de plus mignard.
Elle sçait les mignardises
Qu'elle a de nouvel aprises
De Tahureau tendrelét
Plus que vous mignardelét.
Elle sçait ces mignardises,
El'les a par coeur aprises,
Du chant en ravist les cieux,
Et, je croy, les feroit mieux.
Il n'est histoire ancienne
Dont elle ne se souvienne :
En amours il n'y a rien
Qu'elle ne sçache fort bien.
Nul ne fait plus d'estime
De quelque excellante rime,
Nulle ne voit mieux un vers
Quand il cloche de travers.
Qui choisiroit une amie
De graces mieux acomplie,
Quand si heureux il seroit
Qu'elle le contraimeroit ?
Toutefois tousjours Peruse
Envers moy tousjours l'acuse,
Et m'engarder il voudroit
D'aimer en si bon endroit.
Quoy ? S'il me vouloit reprendre,
Quoy ? S'il me vouloit deffendre,
(Mais en vain) d'aimer mes yeux,
Ou chose que j'aime mieux ?
poem by Jean Antoine de Baif

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Jonathan
Paroles et musique : Yves Duteil
(c) 1986 by les ditions de l'critoire
Va-t'en dire au vent qui t'amne
Que le monde n'est rien sans toi
Il n'y a que l'amour qui t'entrane
monter plus haut chaque fois
Et cach derrire ton paule
Il y a le regard si doux
D'une femme qui sait ton rle
Et qui t'aide tenir debout
C'est le vent qui sonne ta porte
Mais le destin n'existe pas
Il sera ce que tu apportes
Tout ce que tu aimes est en toi
Tu fabriques une route neuve
Que bien d'autres suivront un jour
C'est pour mieux te mettre l'preuve
Qu'une toile te suit toujours
Un bonheur quand il te traverse
N'est dj plus qu'un souvenir
Il faut du courage l'inverse
Pour ne pas trop le retenir
L'horizon s'loigne mesure
Qu'on avance pour le toucher
Il nous montre une vie plus dure
Moins facile apprivoiser
Jonathan ouvre-moi les ailes
Le vent souffle vers l'avenir
Et le temps m'emporte vers celle
Qui m'apprend m'appartenir
Va-t'en dire au vent qui m'appelle
Que j'irai jusqu'au bout du temps
Pour revivre une vie prs d'elle
Entour de tous nos enfants
Va-t'en dire au vent qui t'amne
Que le monde n'est rien sans toi
Qu'il n'y a que l'amour qui t'entrane
voler plus haut chaque fois
Et cach derrire mon paule
Il y a le regard si doux
De la femme qui sait mon rle
Et que j'aime au-del de tout
Jonathan ouvre-moi les ailes
L'Univers n'est pas assez grand
Et les mots seraient infidles
dcrire ce qui nous attend
La beaut des mondes invisibles
Qu'on dcouvre en fermant les yeux
Et l'amour des choses impossibles
Qui sont vraies quand on est heureux
Va-t'en dire au vent qui t'amne
Que le monde n'est rien sans toi
Qu'il n'y a que l'amour qui t'entrane
voler plus haut chaque fois...
Et cach derrire ton paule
Il y a le regard si doux
De la femme qui sait ton rle
Et qui t'aide tenir debout
song performed by by Yves Duteil

Submitted by Lucian Velea
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Ce qui dure
Le présent se fait vide et triste,
Ô mon amie, autour de nous ;
Combien peu de passé subsiste !
Et ceux qui restent changent tous.
Nous ne voyons plus sans envie
Les yeux de vingt ans resplendir,
Et combien sont déjà sans vie
Des yeux qui nous ont vus grandir !
Que de jeunesse emporte l'heure,
Qui n'en rapporte jamais rien !
Pourtant quelque chose demeure :
Je t'aime avec mon coeur ancien,
Mon vrai coeur, celui qui s'attache
Et souffre depuis qu'il est né,
Mon coeur d'enfant, le coeur sans tache
Que ma mère m'avait donné ;
Ce coeur où plus rien ne pénètre,
D'où plus rien désormais ne sort ;
Je t'aime avec ce que mon être
A de plus fort contre la mort ;
Et, s'il peut braver la mort même,
Si le meilleur de l'homme est tel
Que rien n'en périsse, je t'aime
Avec ce que j'ai d'immortel.
poem by Rene Francois Armand Prudhomme

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L’Art Des Transports De L’Ame
L'art, des transports de l'âme est un faible interprète:
L'art ne fait que des vers; le coeur seul est poète.
Sous sa fécondité le génie opprimé
Ne peut garder l'ouvrage en sa tête formé.
Malgré lui, dans lui-même, un vers sûr et fidèle
Se teint de sa pensée et s'échappe avec elle.
Son coeur dicte; il écrit. A ce maître divin
Il ne fait qu'obéir et que prêter sa main.
S'il est aimé, content, si rien ne le tourmente,
Si la folâtre joie et la jeunesse ardente
Étalent sur son teint l'éclat de leurs couleurs,
Ses vers, frais et vermeils, pétris d'ambre et de fleurs,
Brillants de la santé qui luit sur son visage,
Trouvent doux d'être au monde et que vieillir est sage.
Si, pauvre et généreux, son coeur vient de souffrir
Aux cris d'un indigent qu'il n'a pu secourir;
Si la beauté qu'il aime, inconstante et légère,
L'oublie en écoutant une amour étrangère;
De sables douloureux si ses flancs sont brûlés,
Ses tristes vers en deuil, d'un long crêpe voilés,
Ne voyant que des maux sur la terre où nous sommes,
Jugent qu'un prompt trépas est le seul bien des hommes.
Toujours vrai, son discours souvent se contredit.
Comme il veut, il s'exprime; il blâme, il applaudit.
Vainement la pensée est rapide et volage:
Quand elle est prête à fuir, il l'arrête au passage.
Ainsi, dans ses écrits partout se traduisant,
Il fixe le passé pour lui toujours présent,
Et sait, de se connaître ayant la sage envie,
Refeuilleter sans cesse et son âme et sa vie.
poem by Andre Marie de Chenier

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Douceur d'avril
J'ai peur d'avril, peur de l'émoi
Qu'éveille sa douceur touchante ;
Vous qu'elle a troublés comme moi,
C'est pour vous seuls que je la chante.
En décembre, quand l'air est froid,
Le temps brumeux, le jour livide,
Le coeur, moins tendre et plus étroit,
Semble mieux supporter son vide.
Rien de joyeux dans la saison
Ne lui fait sentir qu'il est triste ;
Rien en haut, rien à l'horizon
Ne révèle qu'un ciel existe.
Mais, dès que l'azur se fait voir,
Le coeur s'élargit et se creuse,
Et s'ouvre pour le recevoir
Dans sa profondeur douloureuse ;
Et ce bleu qui lui rit de loin,
L'attirant sans jamais descendre,
Lui donne l'infini besoin
D'un essor impossible à prendre.
Le bonheur candide et serein
Qui s'exhale de toutes choses,
L'oppresse, et son premier chagrin
Rajeunit à l'odeur des roses.
Il sent, dans un réveil confus,
Les anciennes ardeurs revivre,
Et les mêmes anciens refus
Le repousser dès qu'il s'y livre.
J'ai peur d'avril, peur de l'émoi
Qu'éveille sa douceur touchante ;
Vous qu'elle a troublés comme moi,
C'est pour vous seuls que je la chante.
poem by Rene Francois Armand Prudhomme

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Être aimé
Écoute-moi. Voici la chose nécessaire :
Être aimé. Hors de là rien n'existe, entends-tu ?
Être aimé, c'est l'honneur, le devoir, la vertu,
C'est Dieu, c'est le démon, c'est tout. J'aime, et l'on m'aime.
Cela dit, tout est dit. Pour que je sois moi-même,
Fier, content, respirant l'air libre à pleins poumons,
Il faut que j'aie une ombre et qu'elle dise : Aimons !
Il faut que de mon âme une autre âme se double,
Il faut que, si je suis absent, quelqu'un se trouble,
Et, me cherchant des yeux, murmure : Où donc est-il ?
Si personne ne dit cela, je sens l'exil,
L'anathème et l'hiver sur moi, je suis terrible,
Je suis maudit. Le grain que rejette le crible,
C'est l'homme sans foyer, sans but, épars au vent.
Ah ! celui qui n'est pas aimé, n'est pas vivant.
Quoi, nul ne vous choisit ! Quoi, rien ne vous préfère !
A quoi bon l'univers ? l'âme qu'on a, qu'en faire ?
Que faire d'un regard dont personne ne veut ?
La vie attend l'amour, le fil cherche le noeud.
Flotter au hasard ? Non ! Le frisson vous pénètre ;
L'avenir s'ouvre ainsi qu'une pâle fenêtre ;
Où mettra-t-on sa vie et son rêve ? On se croit
Orphelin ; l'azur semble ironique, on a froid ;
Quoi ! ne plaire à personne au monde ! rien n'apaise
Cette honte sinistre ; on languit, l'heure pèse,
Demain, qu'on sent venir triste, attriste aujourd'hui,
Que faire ? où fuir ? On est seul dans l'immense ennui.
Une maîtresse, c'est quelqu'un dont on est maître ;
Ayons cela. Soyons aimé, non par un être
Grand et puissant, déesse ou dieu. Ceci n'est pas
La question. Aimons ! Cela suffit. Mes pas
Cessent d'être perdus si quelqu'un les regarde.
Ah ! vil monde, passants vagues, foule hagarde,
Sombre table de jeu, caverne sans rayons !
Qu'est-ce que je viens faire à ce tripot, voyons ?
J'y bâille. Si de moi personne ne s'occupe,
Le sort est un escroc, et je suis une dupe.
J'aspire à me brûler la cervelle. Ah ! quel deuil !
Quoi rien ! pas un soupir pour vous, pas un coup d'oeil !
Que le fuseau des jours lentement se dévide !
Hélas ! comme le coeur est lourd quand il est vide !
Comment porter ce poids énorme, le néant ?
L'existence est un trou de ténèbres, béant ;
Vous vous sentez tomber dans ce gouffre. Ah ! quand Dante
Livre à l'affreuse bise implacable et grondante
Françoise échevelée, un baiser éternel
La console, et l'enfer alors devient le ciel.
Mais quoi ! je vais, je viens, j'entre, je sors, je passe,
Je meurs, sans faire rien remuer dans l'espace !
N'avoir pas un atome à soi dans l'infini !
Qu'est-ce donc que j'ai fait ? De quoi suis-je puni ?
Je ris, nul ne sourit ; je souffre, nul ne pleure.
Cette chauve-souris de son aile m'effleure,
L'indifférence, blême habitante du soir.
Être aimé ! sous ce ciel bleu - moins souvent que noir -
Je ne sais que cela qui vaille un peu la peine
De mêler son visage à la laideur humaine,
Et de vivre. Ah ! pour ceux dont le coeur bat, pour ceux
Qui sentent un regard quelconque aller vers eux,
Pour ceux-là seulement, Dieu vit, et le jour brille !
Qu'on soit aimé d'un gueux, d'un voleur, d'une fille,
D'un forçat jaune et vert sur l'épaule imprimé,
Qu'on soit aimé d'un chien, pourvu qu'on soit aimé !
poem by Victor Hugo

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The Melody
Hit in the face by the backrest as I picked up
the chair, a Freudian slip, psychologists say,
token of an unconscious desire to hurt myself,
Abaheidschi-bumbaidschi bum-bum playing
on the radio
We sing you into dreamland, see a star in the
sky as we look back on a year of love, sung by
Austria’s mezzo-tenor Peter Alexander – how
charming, all self-pity gone, forehead swollen,
proud of my bruise
All laughter ran away today, Heino singing again,
ein Matrose, denke an den Liebsten, eine einsame
weisse Taube, Paloma, Grüss mir, Grüss mir dir,
den Liebsten Maria, bliebt sie voller Sehnsucht
hinterher - today I am
The melody of La Paloma Adieu…
La Paloma Adieu
Le soir ma m? re nous chantait quand j'? tais enfant
L'histoire d'un bateau perdu et d'un oiseau blanc
Un jour le bateau s'en va droit vers l'oc? an
Et seule, le c? ur plein d'amour une fille attend
Le marin lui a dit: 'n'oublie pas je t'aime'
L'hiver et le printemps elle attend quand m? me
Elle voit un oiseau blanc se poser pr? s d'elle
Qui portait quelques mots au creux de son aile
La paloma adieu, adieu c'est toi que j'aime
Ma vie s'en va mais n'aie pas trop de peine
Oh mon amour adieu!
La paloma adieu, adieu c'est toi que j'aime
Ma vie s'en va mais n'aie pas trop de peine
Oh mon amour adieu!
Elle prend tout contre son c? ur le bel oiseau blanc
Tout deux ils s'ont repartis droit vers l'oc? an
L'amour ne meurt jamais j'ai vue deux colombes
S'envoler vers la mer et que la nuit tombe
La paloma adieu, adieu c'est toi que j'aime
Ma vie s'en va mais n'aie pas trop de peine
Oh mon amour adieu!
La paloma adieu, adieu c'est toi que j'aime
Ma vie s'en va mais n'aie pas trop de peine
Oh mon amour adieu!
poem by Margaret Alice Second

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Bon conseil aux amants
L'amour fut de tout temps un bien rude Ananké.
Si l'on ne veut pas être à la porte flanqué,
Dès qu'on aime une belle, on s'observe, on se scrute ;
On met le naturel de côté ; bête brute,
On se fait ange ; on est le nain Micromégas ;
Surtout on ne fait point chez elle de dégâts ;
On se tait, on attend, jamais on ne s'ennuie,
On trouve bon le givre et la bise et la pluie,
On n'a ni faim, ni soif, on est de droit transi ;
Un coup de dent de trop vous perd. Oyez ceci :
Un brave ogre des bois, natif de Moscovie,
Etait fort amoureux d'une fée, et l'envie
Qu'il avait d'épouser cette dame s'accrut
Au point de rendre fou ce pauvre coeur tout brut :
L'ogre, un beau jour d'hiver, peigne sa peau velue,
Se présente au palais de la fée, et salue,
Et s'annonce à l'huissier comme prince Ogrousky.
La fée avait un fils, on ne sait pas de qui.
Elle était ce jour-là sortie, et quant au mioche,
Bel enfant blond nourri de crème et de brioche,
Don fait par quelque Ulysse à cette Calypso,
Il était sous la porte et jouait au cerceau.
On laissa l'ogre et lui tout seuls dans l'antichambre.
Comment passer le temps quand il neige en décembre.
Et quand on n'a personne avec qui dire un mot ?
L'ogre se mit alors à croquer le marmot.
C'est très simple. Pourtant c'est aller un peu vite,
Même lorsqu'on est ogre et qu'on est moscovite,
Que de gober ainsi les mioches du prochain.
Le bâillement d'un ogre est frère de la faim.
Quand la dame rentra, plus d'enfant. On s'informe.
La fée avise l'ogre avec sa bouche énorme.
As-tu vu, cria-t-elle, un bel enfant que j'ai ?
Le bon ogre naïf lui dit : Je l'ai mangé.
Or, c'était maladroit. Vous qui cherchez à plaire,
Jugez ce que devint l'ogre devant la mère
Furieuse qu'il eût soupé de son dauphin.
Que l'exemple vous serve ; aimez, mais soyez fin ;
Adorez votre belle, et soyez plein d'astuce ;
N'allez pas lui manger, comme cet ogre russe,
Son enfant, ou marcher sur la patte à son chien.
poem by Victor Hugo

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A Mlle Fanny de P.
Ô vous que votre âge défend,
Riez ! tout vous caresse encore.
Jouez ! chantez ! soyez l'enfant !
Soyez la fleur ; soyez l'aurore !
Quant au destin, n'y songez pas.
Le ciel est noir, la vie est sombre.
Hélas ! que fait l'homme ici-bas ?
Un peu de bruit dans beaucoup d'ombre.
Le sort est dur, nous le voyons.
Enfant ! souvent l'oeil plein de charmes
Qui jette le plus de rayons
Répand aussi le plus de larmes.
Vous que rien ne vient éprouver,
Vous avez tout, joie et délire,
L'innocence qui fait rêver,
L'ignorance qui fait sourire.
Vous avez, lys sauvé des vents,
Coeur occupé d'humbles chimères,
Ce calme bonheur des enfants,
Pur reflet du bonheur des mères.
Votre candeur vous embellit.
Je préfère à toute autre flamme
Votre prunelle que remplit
La clarté qui sort de votre âme.
Pour vous ni soucis ni douleurs,
La famille vous idolâtre.
L'été, vous courez dans les fleurs ;
L'hiver, vous jouez près de l'âtre.
La poésie, esprit des cieux,
Près de vous, enfant, s'est posée ;
Votre mère l'a dans ses yeux,
Votre père dans sa pensée.
Profitez de ce temps si doux !
Vivez ! - La joie est vite absente ;
Et les plus sombres d'entre nous
Ont eu leur aube éblouissante.
Comme on prie avant de partir,
Laissez-moi vous bénir, jeune âme, -
Ange qui serez un martyr !
Enfant qui serez une femme !
poem by Victor Hugo

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Moine simple
Ce convers recueilli sous la soutane bise
Cachait l'amour naïf d'un saint François d'Assise.
Tendre, dévotieux, doux, fraternel, fervent,
II était jardinier des fleurs dans le couvent.
Il les aimait, le simple, avec toute son âme,
Et ses doigts se chauffaient à leurs feuilles de flamme.
Elles lui parfumaient la vie et le sommeil,
Et pour elles, c'était qu'il aimait le soleil
Et le firmament pur et les nuits diaphanes,
Où les étoiles d'or suspendent leurs lianes.
Tout enfant, il pleurait aux légendes d'antan
Où sont tués dés lys sous les pieds de Satan,
Où dans un infini vague, fait d'apparences,
Passent des séraphins parmi des transparences.
Où les vierges s'en vont par de roses chemins,
Avec des grands missels et des palmes aux mains,
Vers la mort accueillante et bonne et maternelle
A ceux qui mettent l'or de leur espoir en elle.
*
Aux temps de Mai, dans les matins auréolés
Et l'enfance des jours vaporeux et perlés,
Qui font songer aux jours mystérieux des limbes
Et passent couronnés de la clarté des nimbes,
Il étalait sa joie intime et son bonheur,
A parer de ses mains l'autel, pour faire honneur
A la très douce et pure et benoîte Marie,
Patronne de son coeur et de sa closerie.
Il ne songeait à rien, sinon à l'adorer,
A lui tendre son âme entière à respirer,
Rose blanche, si frêle et si claire et si probe,
Qu'elle semblait n'avoir connu du jour que l'aube,
Et qu'au soir de la mort, où, sans aucun regret,
Jusqu'aux jardins du ciel, elle s'envolerait
Doucement de sa vie obscure et solitaire,
N'ayant rien laissé d'elle aux buissons de la terre,
Le parfum, exhalé dans un soupir dernier,
Serait depuis longtemps connu du ciel entier.
poem by Emile Verhaeren

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A mademoiselle Louise B. (II)
I
L'année en s'enfuyant par l'année est suivie.
Encore une qui meurt ! encore un pas du temps ;
Encore une limite atteinte dans la vie !
Encore un sombre hiver jeté sur nos printemps !
Le temps ! les ans ! les jours ! mots que la foule ignore !
Mots profonds qu'elle croit à d'autres mots pareils !
Quand l'heure tout à coup lève sa voix sonore,
Combien peu de mortels écoutent ses conseils !
L'homme les use, hélas ! ces fugitives heures,
En folle passion, en folle volupté,
Et croit que Dieu n'a pas fait de choses meilleures
Que les chants, les banquets, le rire et la beauté !
Son temps dans les plaisirs s'en va sans qu'il y pense.
Imprudent ! est-il sûr de demain ? d'aujourd'hui ?
En dépensant ses jours sait-il ce qu'il dépense ?
Le nombre en est compté par un autre que lui.
A peine lui vient-il une grave pensée
Quand, au sein du festin qui satisfait ses voeux,
Ivre, il voit tout à coup de sa tête affaissée
Tomber en même temps les fleurs et les cheveux ;
Quand ses projets hâtifs l'un sur l'autre s'écroulent ;
Quand ses illusions meurent à son côté ;
Quand il sent le niveau de ses jours qui s'écoulent
Baisser rapidement comme un torrent d'été.
Alors en chancelant il s'écrie, il réclame,
Il dit : Ai-je donc bu toute cette liqueur ?
Plus de vin pour ma soif ! plus d'amour pour mon âme !
Qui donc vide à la fois et ma coupe et mon coeur ?
Mais rien ne lui répond. - Et triste, et le front blême,
De ses débiles mains, de son souffle glacé,
Vainement il remue, en s'y cherchant lui-même,
Ce tas de cendre éteint qu'on nomme le passé !
II
Ainsi nous allons tous. - Mais vous dont l'âme est forte,
Vous dont le coeur est grand, vous dites : - Que m'importe
Si le temps fuit toujours,
Et si toujours un souffle emporte quand il passe,
Pêle-mêle à travers la durée et l'espace,
Les hommes et les jours ! -
Car vous avez le goût de ce qui seul peut vivre ;
Sur Dante ou sur Mozart, sur la note ou le livre,
Votre front est courbé.
Car vous avez l'amour des choses immortelles ;
Rien de ce que le temps emporte sur ses ailes
Des vôtres n'est tombé !
Quelquefois, quand l'esprit vous presse et vous réclame,
Une musique en feu s'échappe de votre âme,
Musique aux chants vainqueurs,
Au souffle pur, plus doux que l'aile des zéphires,
Qui palpite, et qui fait vibrer comme des lyres
Les fibres de nos coeurs !
Dans ce siècle où l'éclair reluit sur chaque tête,
Où le monde, jeté de tempête en tempête,
S'écrie avec frayeur,
Vous avez su vous faire, en la nuit qui redouble,
Une sérénité qui traverse sans trouble
L'orage extérieur !
Soyez toujours ainsi ! l'amour d'une famille,
Le centre autour duquel tout gravite et tout brille ;
La soeur qui nous défend ;
Prodigue d'indulgence et de blâme économe ;
Femme au coeur grave et doux ; sérieuse avec l'homme,
Folâtre avec l'enfant !
Car pour garder toujours la beauté de son âme,
Pour se remplir le coeur, riche ou pauvre, homme ou femme,
De pensers bienveillants,
Vous avez ce qu'on peut, après Dieu, sur la terre,
Contempler de plus saint et de plus salutaire,
Un père en cheveux blancs
poem by Victor Hugo

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Inconscience
L'âme et le coeur si las des jours, si las des voix,
Si las de rien, si las de tout, l'âme salie ;
Quand je suis seul, le soir, soudainement, parfois,
Je sens pleurer sur moi l'oeil blanc de la folie.
Celui, si triste hélas ! qui s'en alla, là-bas,
- Pâle oeil désenchanté de la raison méchante -
Rêver à quelque chose, au loin, qu'on ne voit pas
A quelque chose au loin qui tremble et pleure et chante.
Morne crapaud blotti sous les roses, tout seul !
Si seul ! - morne crapaud pleureur de lune, appelle !
Appelle ! Et vous, petites fleurs, pour le linceul
De mon cerveau, l'ensevelisseuse vient-elle ?
Être l'errant au monde et le pauvre de soi,
Avec le feu bougeant d'une âme, qui tremblote
Derrière une main frêle et ballotte son moi ;
Qui tremblote comme un reflet dans l'eau ballotte.
Passer inconscient et se faire l'ami
De ce qui vole et rampe et fuit, là-bas. Naguère,
Avant que ne sortît du somme, l'endormi,
Le premier homme, on a vu mes pareils sur terre.
Ayez amour pour eux, ayez amour un peu !
Ils sont les charmeurs lents, là-bas, des brises lentes :
Leurs doigts, qui n'ont jamais touché le mauvais feu,
Dansent des airs lointains, sur des flûtes tremblantes:
Les puérils et les vaguants, mais loin du mal,
Et les doux égarés, par les bruyères vertes :
Hamlet rirait Peut-être, hélas ! mais Parsifal ?
Ô Parsifal bénin et clair, comprendrait certes !
poem by Emile Verhaeren

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Comme aux âges naïfs, je t'ai donné mon coeur
Comme aux âges naïfs, je t'ai donné mon coeur,
Ainsi qu'une ample fleur,
Qui s'ouvre pure et belle aux heures de rosée ;
Entre ses plis mouillés ma bouche s'est posée.
La fleur, je la cueillis avec des doigts de flamme,
Ne lui dis rien : car tous les mots sont hasardeux
C'est à travers les yeux que l'âme écoute une âme.
La fleur qui est mon coeur et mon aveu,
Tout simplement, à tes lèvres confie
Qu'elle est loyale et claire et bonne, et qu'on se fie
Au vierge amour, comme un enfant se fie à Dieu.
Laissons l'esprit fleurir sur les collines
En de capricieux chemins de vanité,
Et faisons simple accueil à la sincérité
Qui tient nos deux coeurs vrais en ses mains cristallines
Et rien n'est beau comme une confession d'âmes
L'un à l'autre, le soir, lorsque la flamme
Des incomparables diamants
Brûle comme autant d'yeux
Silencieux
Le silence des firmaments.
poem by Emile Verhaeren

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Avec le même amour que tu me fus jadis
Avec le même amour que tu me fus jadis
Un jardin de splendeur dont les mouvants taillis
Ombraient les longs gazons et les roses dociles,
Tu m'es en ces temps noirs un calme et sûr asile.
Tout s'y concentre, et ta ferveur et ta clarté
Et tes gestes groupant les fleurs de ta bonté,
Mais tout y est serré dans une paix profonde
Contre les vents aigus trouant l'hiver du monde.
Mon bonheur s'y réchauffe en tes bras repliés
Tes jolis mots naïfs et familiers,
Chantent toujours, aussi charmants à mon oreille
Qu'aux temps des lilas blancs et des rouges groseilles.
Ta bonne humeur allègre et claire, oh ! je la sens
Triompher jour à jour de la douleur des ans,
Et tu souris toi-même aux fils d'argent qui glissent
Leur onduleux réseau parmi tes cheveux lisses.
Quant ta tête s'incline à mon baiser profond,
Que m'importe que des rides marquent ton front
Et que tes mains se sillonnent de veines dures
Alors que je les tiens entre mes deux mains sûres !
Tu ne te plains jamais et tu crois fermement
Que rien de vrai ne meurt quand on s'aime dûment,
Et que le feu vivant dont se nourrit notre âme
Consume jusqu'au deuil pour en grandir sa flamme.
poem by Emile Verhaeren

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En mai
Une sorte de verve étrange, point muette,
Point sourde, éclate et fait du printemps un poëte ;
Tout parle et tout écoute et tout aime à la fois ;
Et l'antre est une bouche et la source une voix ;
L'oiseau regarde ému l'oiselle intimidée,
Et dit : Si je faisais un nid ? c'est une idée !
Comme rêve un songeur le front sur l'oreiller,
La nature se sent en train de travailler,
Bégaie un idéal dans ses noirs dialogues,
Fait des strophes qui sont les chênes, des églogues
Qui sont les amandiers et les lilas en fleur,
Et se laisse railler par le merle siffleur ;
Il lui vient à l'esprit des nouveautés superbes ;
Elle mêle la folle avoine aux grandes herbes ;
Son poëme est la plaine où paissent les troupeaux ;
Savante, elle n'a pas de trêve et de repos
Jusqu'à ce qu'elle accouple et combine et confonde
L'encens et le poison dans la sève profonde ;
De la nuit monstrueuse elle tire le jour ;
Souvent avec la haine elle fait de l'amour ;
Elle a la fièvre et crée, ainsi qu'un sombre artiste ;
Tout ce que la broussaille a d'hostile et de triste,
Le buisson hérissé, le steppe, le maquis,
Se condense, ô mystère, en un chef-d'oeuvre exquis
Que l'épine complète et que le ciel arrose ;
Et l'inspiration des ronces, c'est la rose.
poem by Victor Hugo

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Le monde Du Vide
Dans l’univers du vide,
Dans le réel vide,
Dans le triste vide,
Où tout est réellement vide,
Où rien n’a un sens,
Quoi que nous faisions,
Tout est aussi vide,
Le vide n’est que logique naturelle,
Est la nature, c’est la vérité du vide;
Faire le vide,
L’authenticité de tout c’est le néant;
Le vide,
Ne venir de nul part ailleurs,
Apparaître de quelque part, soit de nul part peut être,
Avant nature n’était que vide,
Hors nature est inspiration,
Alors que l’inspiration n’est que vide,
Du vide au vide, telle est la loi de la nature,
Le vide c’est la patience dans une source d’inspiration, dans un creux de création, dans une ouverture des naissances nouvelles,
Le vide, c’est une joie intérieurement interne,
Etre volontairement obligé à faire quelque chose,
C’est la joie parfaite, le monde de création, de conception imaginaire au réel.
L’univers du vide.
Tout commence avec quelque chose, l’on ne peut commencer avec rien,
Ce quelque chose, c’est le courage de commencer; le vide.
poem by Kafun Lady

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Les baisers morts des défuntes années
Les baisers morts des défuntes années
Ont mis leur sceau sur ton visage,
Et, sous le vent morne et rugueux de l'âge,
Bien des roses, parmi tes traits, se sont fanées.
Je ne vois plus ta bouche et tes grands yeux
Luire comme un matin de fête,
Ni, lentement, se reposer ta tête
Dans le jardin massif et noir de tes cheveux.
Tes mains chères qui demeurent si douces
Ne viennent plus comme autrefois,
Avec de la lumière au bout des doigts,
Me caresser le front, comme une aube les mousses.
Ta chair jeune et belle, ta chair
Que je parais de mes pensées,
N'a plus sa fraîcheur pure de rosée,
Et tes bras ne sont plus pareils aux rameaux clairs.
Tout tombe, hélas ! et se fane sans cesse ;
Tout est changé, même ta voix,
Ton corps s'est affaissé comme un pavois,
Pour laisser choir les victoires de la jeunesse.
Mais néanmoins, mon coeur ferme et fervent te dit :
Que m'importent les deuils mornes et engourdis,
Puisque je sais que rien au monde
Ne troublera jamais notre être exalté
Et que notre âme est trop profonde
Pour que l'amour dépende encor de la beauté.
poem by Emile Verhaeren

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J'ai Fait Tout
(Emmylou Harris)
J'ai fait tout, j'ai fait tout
Ce que j'ai pu
J'ai fait tout, j'ai fait tout
Ce que j'ai pu
I have seen some trouble
Been around the way
Rode the streetcar of desire and I paid
And if you want a witness
I will testify
To what I saw through a wandering eye
'Cause nobody loves you like I do
Nobody loves you like I do
Nobody loves you like I do
Nobody loves you like I do
I heard all about it
You don't need an alibi
There was no medicine I did not try
You lost your Mona Lisa
Got burned by Jezebel
You can always draw water from my well
'Cause nobody loves you like I do
Nobody loves you like I do
Nobody loves you like I do
Nobody loves you like I do
J'ai fait tout. j'ai fait tout, j'ai fait tout
I will give everything I am to you
J'ai fait tout, j'ai fait tout.
You know it's true
J'ai fait tout, j'ai fait tout, j'ai fait tout
You can go and leave me
But you'll come back for more
I know where all your old secrets are stored
My history is written
My heart is still pure
You crave redemption and I got the cure
'Cause nobody loves you like I do
Nobody loves you like I do
Nobody laves you like I do
Nobody loves you like I do
J'ai fait tout, j'ai fait tout
Ce que j'ai pu
J'ai fait tout, j'ai fait tout
Ce que j'ai pu
J'ai fait tout. j'ai fait tout, j'ai fait tout
song performed by by Emmylou Harris

Submitted by Lucian Velea
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Zone two: Le Temps Des Grand Explosions
sa fait
long temps
que
je
reve
d'un amour
d'une chanson
pour changer
ce monde.....
sa fait long
temps
que j'aime
son visage,
son petit enfant
sans visage.....
son amour et ivres
123 mon song es....
and modern
play....
hi pass
pace
chicago
installer
laisse toi aller
babi....
hi speed
hi internet
amour
read between the lines
chi ca go
and do not go
is colder
with you or without....
it takes time
in my world
to pace things
toward you
my only love....
i want to be your love.....i can show me....
my love...the one i always.....want ta to be....
chi
poem by Atef Ayadi

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