A Mireille

Mireille, merveille de poesie,
Laborie, qui sans labeur
mele notre deux langues
d'exploration exquise
en extase mutuelle
avec une ardeur telle que celle-ci
delicieusement
en poesie...

(courtesy Longman's French Dictionary,1905 + MB, berger des bergers...))

poem by Michael ShepherdReport problemRelated quotes
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Sois-nous propice et consolante encor

Sois-nous propice et consolante encor, lumière,
Pâle clarté d'hiver qui baignera nos fronts,
Quand, tous les deux, l'après-midi, nous nous rendrons
Respirer au jardin une tiédeur dernière.

Nous t'aimâmes, jadis, avec un tel orgueil,
Avec un tel amour bondissant de notre âme
Qu'une suprême et douce et bienveillante flamme
Nous est due à cette heure où nous attend le deuil.

Tu es celle que nul homme jamais oublie
Du jour que tu frappas ses bras victorieux
Et que le soir venu tu dormis en ses yeux
Avec ta splendeur morte et ta force abolie.

Et tu nous fus toujours la visible ferveur
Qui partout répandue et partout rayonnante
En des fièvres d'ardeur profonde et lancinante
Semblait vers l'infini partir de notre coeur.

poem by Emile VerhaerenReport problemRelated quotes
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Les fleurs du clair accueil au long de la muraille

Les fleurs du clair accueil au long de la muraille
Ne nous attendent plus quand nous rentrons chez nous,
Et nos étangs soyeux dont l'eau plane s'éraille
Ne se prolongent plus sous les cieux purs et doux.

Tous les oiseaux ont fui nos plaines monotones
Et les pâles brouillards flottent sur les marais.
O ces deux cris : automne, hiver ! hiver, automne !
Entends-tu le bois mort qui choit dans la forêt ?

Notre jardin n'est plus l'époux de la lumière
D'où l'on voyait les phlox vers leur gloire surgir ;
Nos violents glaïeuls sont mêlés à la terre
Et longuement s'y sont couchés pour y mourir.

Tout est sans force et sans beauté ; tout est sans flamme
Et passe et fuit et penche et croule sans soutien ;
Oh ! donne-moi tes yeux qu'illumine ton âme
Pour y chercher quand même un coin du ciel ancien.

C'est en eux seuls qu'existe encor notre lumière,
Celle qui recouvrait tout le jardin jadis
A l'heure où s'exaltait l'orgueil blanc de nos lys
Et l'ascendante ardeur de nos roses trémières.

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Hans Christian Andersen

C. Winther

At snitte smukt i Træ, en Gud Dig lærte,
Stolt staaer det her, dit Digternavn deri,
Natur og Poesie er i dit Hjerte,
Natur og Hjerte i din Poesie.

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Avec mes sens, avec mon coeur...

Avec mes sens, avec mon coeur et mon cerveau,
Avec mon être entier tendu comme un flambeau
Vers ta bonté et vers ta charité
Sans cesse inassouvies,
Je t'aime et te louange et je te remercie
D'être venue, un jour, si simplement,
Par les chemins du dévouement,
Prendre, en tes mains bienfaisantes, ma vie.

Depuis ce jour,
Je sais, oh ! quel amour
Candide et clair ainsi que la rosée
Tombe de toi sur mon âme tranquillisée.

Je me sens tien, par tous les liens brûlants
Qui rattachent à leur brasier les flammes ;
Toute ma chair, toute mon âme
Monte vers toi, d'un inlassable élan ;
Je ne cesse de longuement me souvenir
De ta ferveur profonde et de ton charme,
Si bien que, tout à coup, je sens mes yeux s'emplir,
Délicieusement, d'inoubliables larmes.

Et je m'en viens vers toi, heureux et recueilli,
Avec le désir fier d'être à jamais celui
Qui t'est et te sera la plus sûre des joies.
Toute notre tendresse autour de nous flamboie ;
Tout écho de mon être à ton appel répond ;
L'heure est unique et d'extase solennisée
Et mes doigts sont tremblants, rien qu'à frôler ton front,
Comme s'ils y touchaient l'aile de tes pensées.

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Ardeur des sens, ardeur des coeurs...

Ardeur des sens, ardeur des coeurs, ardeur des âmes,
Vains mots créés par ceux qui diminuent l'amour ;
Soleil, tu ne distingues pas d'entre tes flammes
Celles du soir, de l'aube ou du midi des jours.

Tu marches aveuglé par ta propre lumière,
Dans le torride azur, sous les grands cieux cintrés,
Ne sachant rien, sinon que ta force est plénière
Et que ton feu travaille aux mystères sacrés.

Car aimer, c'est agir et s'exalter sans trêve ;
O toi, dont la douceur baigne mon coeur altier,
A quoi bon soupeser l'or pur de notre rêve ?
Je t'aime tout entière, avec mon être entier.

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Asseyons-nous tous deux près du chemin

Asseyons-nous tous deux près du chemin,
Sur le vieux banc rongé de moisissures,
Et que je laisse, entre tes deux mains sûres,
Longtemps s'abandonner ma main.

Avec ma main qui longtemps s'abandonne
A la douceur de se sentir sur tes genoux,
Mon coeur aussi, mon coeur fervent et doux
Semble se reposer, entre tes deux mains bonnes.

Et c'est la joie intense et c'est l'amour profond
Que nous goûtons à nous sentir si bien ensemble,
Sans qu'un seul mot trop fort sur nos lèvres ne tremble,
Ni même qu'un baiser n'aille brûler ton front.

Et nous prolongerions l'ardeur de ce silence
Et l'immobilité de nos muets désirs,
N'était que tout à coup à les sentir frémir
Je n'étreigne, sans le vouloir, tes mains qui pensent ;

Tes mains, où mon bonheur entier reste celé
Et qui jamais, pour rien au monde,
N'attenteraient à ces choses profondes
Dont nous vivons, sans en devoir parler.

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Vivons, dans notre amour et notre ardeur

Vivons, dans notre amour et notre ardeur,
Vivons si hardiment nos plus belles pensées
Qu'elles s'entrelacent harmonisées
A l'extase suprême et l'entière ferveur,

Parce qu'en nos âmes pareilles,
Quelque chose de plus sacré que nous
Et de plus pur, et de plus grand s'éveille,
Joignons les mains pour l'adorer à travers nous.

Il n'importe que nous n'ayons que cris ou larmes
Pour humblement le définir
Et que si rare et si puissant en soit le charme,
Qu'à le goûter nos coeurs soient près de défaillir.

Restons quand même, et pour toujours, les fous
De cet amour implacable
Et les fervents, à deux genoux,
Du Dieu soudain qui règne en nous,
Si violent et si ardemment doux
Qu'il nous fait mal et nous accable.

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Boyhood Poem

Down upon the shore lay curled
A little boy who hummed a tune
As the tide came in and the waves unfurled
Beneath the laughter of the moon.

He slept all night beside the sea
In the cradle of a sandy dune,
And dreamt of songs and poesie
Beneath the laughter of the moon.

He dreamt of songs and poesie,
A Lion and a Unicorn,
But the light came creeping far too soon
And the vision vanished with the dawn.

poem by John Thorkild EllisonReport problemRelated quotes
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Bien que déjà, ce soir

Bien que déjà, ce soir
L'automne
Laisse aux sentes et aux orées,
Comme des mains dorées,
Lentes, les feuilles choir,
Bien que déjà l'automne,
Ce soir, avec ses bras de vent,
Moissonne,
Sur les rosiers fervents
Les pétales et leur pâleur,
Ne laissons rien de nos deux âmes
Tomber soudain avec ces fleurs.

Mais tous les deux, autour des flammes
De l'âtre en or de souvenir,
Mais tous les deux, blottissons-nous,
Les mains au feu et les genoux.

Contre les deuils cachés dans l'avenir,
Contre le temps qui fixe à toute ardeur sa fin,
Contre notre terreur, contre nous-mêmes enfin,
Blottissons-nous, près du foyer,
Que la mémoire en nous fait flamboyer.

Et si l'automne obère
A grands pans d'ombre et d'orages planants,
Les bois, les pelouses et les étangs,
Que sa douleur du moins n'altère
L'intérieur jardin tranquillisé,
Où s'unissent, dans la lumière,
Les pas égaux de nos pensées.

poem by Emile VerhaerenReport problemRelated quotes
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La Rose

Durant cette saison belle
Du renouveau gracieux,
Lorsque tout se renouvelle
Plein d'amour delicieux,
Ny par la peinte prérie,
Ny sus la haye fleurie,
Ny dans le plus beau jardin,
Je ne voy fleur si exquise
Que plus qu'elle je ne prise
La rose au parfum divin.

Mais la blanche ne m'agrée,
Blême de morte paleur,
Ny la rouge colorée
D'une sanglante couleur :
L'une de blémeur malade
Et l'autre de senteur fade,
Ne plet au nés ny à l'oeil.
Toutes les autres surpasse
Celle qui vive compasse
De ces deux un teint vermeil.

La rose incarnate est celle
Où je pren plus de plaisir :
Mais combien qu'elle soit telle
Si la veu-je bien choisir.
Car l'une prise en une heure,
Et l'autre en l'autre est meilleure
Au chois de nostre raison.
Toute chose naist, define,
Tantôt croist et puis decline
Selon sa propre saison.

Je ne forceray la rose
Qui cache, dans le giron
D'un bouton etroit enclose,
La beauté de son fleuron.
Quelque impatient la cueille
Devant que la fleur vermeille
Montre son tresor ouvert ;
Mon desir ne me transporte
Si fort que celle j'emporte
Qui ne sent rien que le verd.

poem by Jean Antoine de BaifReport problemRelated quotes
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Reality and Dream in Rhyme Combine

REALITY AND DREAM IN RHYME COMBINE

Reality and dream in rhyme combine,
Exile banality’s reflection drear
As poet must contrive to intertwine
Life’s daily drudge with overview sincere.
Image outside time in harmony
Translates soul’s authenticity, stays clear,
Engenders metamorphosis to see
Redrawn from chaos truth’s portrait appear
Exquisitely with sensitivity
And skill where will, wit, wisdom writ sans fear
Leave all taboos behind as mind’s fey key
Insightful may unlock creation clear.
Thus all the splendour of life’s symphony
Expressed in sonnet song can come to be.

11 February 2009
robi03_1857_robi03_0341 AST_IXX

Translation of Rêve est Réalité en Poésie robi3_0341_robi3_0000
for French orignal sonnet see below

REVE EST REALITE EN POESIE

Rêve est réalité redéfinie,
Etant reflet qui le banal bannit.
Au poète il incombe de changer
La lie quotidienne, recréer
Image hors temps. Ainsi cette harmonie -
Toute l’authenticité de son esprit -
En un élan peut métamorphoser
Recherche incohérente en vérité,
Et à travers son portrait fin, exquis,
Avec adresse et sensibilité
Le poète dépasse l’interdit
Imaginant pour tous sa féerie.
Toute la splendeur d’une symphonie
En ces lignes se crystallise ainsi.

? 26 April 1990 database noted as 10 October 1990
Acrostic Sonnet REALITE rob0i3_0341_robi03_0000

poem by Jonathan RobinReport problemRelated quotes
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Dans la maison où notre amour a voulu naître

Dans la maison où notre amour a voulu naître,
Avec les meubles chers peuplant l'ombre et les coins,
Où nous vivons à deux, ayant pour seuls témoins
Les roses qui nous regardent par les fenêtres.

Il est des jours choisis, d'un si doux réconfort,
Et des heures d'été, si belles de silence,
Que j'arrête parfois le temps qui se balance,
Dans l'horloge de chêne, avec son disque d'or.

Alors l'heure, le jour, la nuit est si bien nôtre
Que le bonheur qui nous frôle n'entend plus rien,
Sinon les battements de ton coeur et du mien
Qu'une étreinte soudaine approche l'un de l'autre.

poem by Emile VerhaerenReport problemRelated quotes
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Si nos coeurs ont brûlé en des jours exaltants

Si nos coeurs ont brûlé en des jours exaltants
D'une amour claire autant que haute,
L'âge aujourd'hui nous fait lâches et indulgents
Et paisibles devant nos fautes.

Tu ne nous grandis plus, ô jeune volonté,
Par ton ardeur non asservie,
Et c'est de calme doux et de pâle bonté
Que se colore notre vie.

Nous sommes au couchant de ton soleil, amour,
Et nous masquons notre faiblesse
Avec les mots banals et les pauvres discours
D'une vaine et lente sagesse.

Oh ! que nous serait triste et honteux l'avenir,
Si dans notre hiver et nos brumes
N'éclatait point, tel un flambeau, le souvenir
Des âmes fières que nous fûmes.

poem by Emile VerhaerenReport problemRelated quotes
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Hans Christian Andersen

Baggrund til Vignetterne

Hvad er det vel vi kalde Poesie?
En skuffet Drøm, nu det Uendelige!
Det Enkelte, det Heles Harmonie,
Vi jo med dette lille Ord udsige.
Vort Liv, ja jeg og Du, kort alle vi
Er' Poesie!

Det stolte Fjeld, der over Skyen gaaer,
Hvor Fossen larmer over knuste Graner,
Hvor Gemsejægeren ei Spidsen naaer,
Hvor Tanken svinder og Guds Storhed aner;
Hiin herlige Natur saa høi og fri
Er Poesie!

I Gruben ved det blege Lampeskjær,
Den stille Bjergmand sidder med sin Stræben,
Han tænker trofast paa sin Hjertenskjær,
Og gamle Sange tone ham fra Læben.
Den hele Scene, Hjertets Drømmerie,
Er Poesie!

I Røg og Damp den vilde Kampplads staaer,
Her brænder Byen, hist man stormer Skandsen,
Dødskuglen gjennem Heltehjertet gaaer,
Imens det drømmer stolt om Laurbærkrandsen.
Selv dette røgomhylte Malerie,
Er Poesie!

See Slaveskibet! dybt i Rummet her
De lænkebundne, solgte Brødre sukke.
Nu er det Havblik, tyst — hvad pladsker der?
Et Liig, nu eet — og Bølgerne sig lukke.
Dødskysset da, som gjør den Fangne fri,
Er Poesie!

Naar hun, hvem Hjertet fast sig klynger ved,
Som er din Tanke og din hele Stræben,
Naar hun forstaaer din dybe Kjærlighed,
Og hendes Haandtryk siger meer end Læben,
Hvad da Du føler, fængslet, men dog fri,
Er Poesie!

Hver Barnets Drøm om Jordens Herlighed,
Den Gamles Minder, mens hun dreier Rokken,
Den glemte Qvindes stille Huuslighed,
Der sysler hjemme, tro, med Børneflokken,
Den Vildes Glæde ved et Speils Magie,
Er Poesie!

Naar Vennen Du betroer Din bittre Vee,
Og klynger Dig til ham med trofast Hjerte,
Dit varme Du faaer kun et høfligt De,
Din Tillid selv forvandler sig til Smerte,
Selv det, naar han Dig fornem gaaer forbi,
Er Poesie!

Siberien med Taage, Iis og Snee,
Omslutter ham, der stred for Frihedsfaner,
Alene, i det grændseløse Vee,
Hans Liv henvisner mellem dunkle Graner,
Hans Drøm om Frihed — Ørk'nens Dyr er' frie -
Er Poesie!

Der staaer en Klippe i det salte Hav,
Fra Skibet mangen Pilgrim den bestiger,
Man seer et Træ, en Skildvagt og en Grav,
Hvert Blik faaer Liv, men Læben intet siger.
Den dybe Stilhed her er Melodie,
Som Poesie!

Musikkens Toner, Ungdoms glade Dands,
En Verden i et Frø og i en Stjerne,
Selv Graven med sin visne Blomsterkrands,
Vort Hjertes Higen mod et ukjendt Fjerne,
Mit Liv og hvad jeg fandt deri,
Er Poesie!

Jeg følte mig, som Ørnen, stærk og fri,
Min unge Sjæl var gladest blandt de Glade,
Men Hjertets bedste Drøm er nu forbi,
Og Livets Træ staaer uden Blomst og Blade.
Mit Kald, som Digter — Hjertets Melodie -
Var Poesie!

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L'immobile beauté

L'immobile beauté
Des soirs d'été,
Sur les gazons où ils s'éploient,
Nous offre le symbole
Sans geste vain, ni sans parole,
Du repos dans la joie.

Le matin jeune et ses surprises
S'en sont allés, avec les brises ;
Midi lui-même et les pans de velours
De ses vents chauds, de ses vents lourds
Ne tombe plus sur la plaine torride ;
Et voici l'heure où, lentement, le soir,
Sans que bouge la branche ou que l'étang se ride,
S'en vient, du haut des monts, dans le jardln, s'asseoir.

O la planité d'or à l'infini des eaux,
Et les arbres et leurs ombres sur les roseaux,
Et le tranquille et somptueux silence,
Dont nous goûtons alors
Si fort
L'immuable présence,
Que notre voeu serait d'en vivre ou d'en mourir
Et d'en revivre,
Comme deux coeurs, inlassablement ivres
De lumières, qui ne peuvent périr !

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J'ai cru à tout jamais notre joie engourdie

J'ai cru à tout jamais notre joie engourdie
Comme un soleil fané avant qu'il ne fût nuit,
Le jour qu'avec ses bras de plomb, la maladie
M'a lourdement traîné vers son fauteuil d'ennui.

Les fleurs et le jardin m'étaient crainte ou fallace ;
Mes yeux souffraient à voir flamber les midis blancs,
Et mes deux mains, mes mains, semblaient déjà trop lasses
Pour retenir captif notre bonheur tremblant.

Mes désirs n'étaient plus que des plantes mauvaises,
Ils se mordaient entre eux comme au vent les chardons,
Je me sentais le coeur à la fois glace et braise
Et tout à coup aride et rebelle aux pardons.

Mais tu me dis le mot qui bellement console
Sans le chercher ailleurs que dans l'immense amour ;
Et je vivais avec le feu,de ta parole
Et m'y chauffais, la nuit, jusqu'au lever du jour.

L'homme diminué que je me sentais être,
Pour moi-même et pour tous, n'existait pas pour toi ;
Tu me cueillais des fleurs au bord de la fenêtre,
Et je croyais en la santé, avec ta foi.

Et tu me rapportais, dans les plis de ta robe,
L'air vivace, le vent des champs et des forêts,
Et les parfums du soir ou les odeurs de l'aube,
Et le soleil, en tes baisers profonds et frais.

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Guillaume Apollinaire

Rencontre

Passant mêle à ta vie l'orgueil et la bonté
Surmonte l'ennemi et bois à sa santé

Honore ton outil sans le laisser inerte
Brise-le par amour au moment de ta perte

Et méprise ceci Jouir sans en pleurer
La vigne sans ivresse et le champ sans ivraie

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Viens jusqu'à notre seuil répandre

Viens jusqu'à notre seuil répandre
Ta blanche cendre
Ô neige pacifique et lentement tombée :
Le tilleul du jardin tient ses branches courbées
Et plus ne fuse au ciel la légère calandre.

Ô neige,
Qui réchauffes et qui protèges
Le blé qui lève à peine
Avec la mousse, avec la laine
Que tu répands de plaine en plaine !
Neige silencieuse et doucement amie
Des maisons, au matin dans le calme endormies,
Recouvre notre toit et frôle nos fenêtres
Et soudain par le seuil et la porte pénètre
Avec tes flocons purs et tes dansantes flammes,
Ô neige lumineuse au travers de notre âme,
Neige, qui réchauffes encor nos derniers rêves
Comme du blé qui lève !

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Midi au village

Nul troupeau n'erre ni ne broute ;
Le berger s'allonge à l'écart ;
La poussière dort sur la route,
Le charretier sur le brancard.

Le forgeron dort dans la forge ;
Le maçon s'étend sur un banc ;
Le boucher ronfle à pleine gorge,
Les bras rouges encor de sang.

La guêpe rôde au bord des jattes ;
Les ramiers couvrent les pignons ;
Et, la gueule entre les deux pattes,
Le dogue a des rêves grognons.

Les lavandières babillardes
Se taisent. Non loin du lavoir,
En plein azur, sèchent les hardes
D'une blancheur blessante à voir.

La férule à peine surveille
Les écoliers inattentifs ;
Le murmure épars d'une abeille
Se mêle aux alphabets plaintifs...

Un vent chaud traîne ses écharpes
Sur les grands blés lourds de sommeil,
Et les mouches se font des harpes
Avec des rayons de soleil.

Immobiles devant les portes
Sur la pierre des seuils étroits,
Les aïeules semblent des mortes
Avec leurs quenouilles aux doigts.

C'est alors que de la fenêtre
S'entendent, tout en parlant bas,
Plus libres qu'à minuit peut-être,
Les amants, qui ne dorment pas.

poem by Rene Francois Armand PrudhommeReport problemRelated quotes
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Je dédie à tes pleurs, à ton sourire

Je dédie à tes pleurs, à ton sourire,
Mes plus douces pensées,
Celles que je te dis, celles aussi
Qui demeurent imprécisées
Et trop profondes pour les dire.

Je dédie à tes pleurs, à ton sourire,
A toute ton âme, mon âme,
Avec ses pleurs et ses sourires
Et son baiser.

Vois-tu, l'aube blanchit le sol, couleur de lie ;
Des liens d'ombre semblent glisser
Et s'en aller, avec mélancolie ;
L'eau des étangs s'éclaire et tamise son bruit,
L'herbe rayonne et les corolles se déplient,
Et les bois d'or s'affranchissent de toute nuit.

Oh ! dis, pouvoir, un jour,
Entrer ainsi dans la pleine lumière ;
Oh ! dis, pouvoir, un jour,
Avec des cris vainqueurs et de hautes prières,
Sans plus aucun voile sur nous,
Sans plus aucun remords en nous,
Oh ! dis, pouvoir un jour
Entrer à deux dans le lucide amour !...

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