
Semper Eadem (Ever The Same)
«D'où vous vient, disiez-vous, cette tristesse étrange,
Montant comme la mer sur le roc noir et nu?»
— Quand notre coeur a fait une fois sa vendange
Vivre est un mal. C'est un secret de tous connu,
Une douleur très simple et non mystérieuse
Et, comme votre joie, éclatante pour tous.
Cessez donc de chercher, ô belle curieuse!
Et, bien que votre voix soit douce, taisez-vous!
Taisez-vous, ignorante! âme toujours ravie!
Bouche au rire enfantin! Plus encor que la Vie,
La Mort nous tient souvent par des liens subtils.
Laissez, laissez mon coeur s'enivrer d'un mensonge,
Plonger dans vos beaux yeux comme dans un beau songe
Et sommeiller longtemps à l'ombre de vos cils!
Ever the Same
-'Whence comes to you, you asked, this singular sadness
That rises like the sea on the naked, black rock?'
— Once our heart has gathered the grapes from its vineyard,
Living is an evil. That's a secret known to all,
A simple pain, with no mystery,
As obvious to all men as your gaiety.
So abandon your search, inquisitive beauty;
And though your voice is sweet, be still!
Be silent, ignorant! ever enraptured soul!
Mouth with the child-like laugh! Still more than Life,
Death holds us frequently with subtle bonds.
Let, let my heart become drunk with a lie; let it
Plunge into your fair eyes as into a fair dream
And slumber long in the shadow of your lashes.
— Translated by William Aggeler
Semper Eadem
'Whence,' ask you, 'does this strange new sadness flow
Like rising tides on rocks, black, bare, and vast?'
For human hearts, when vintage-time is past,
To live is bad. That secret all men know —
An obvious sorrow, with no mystery, shown,
Clear as your joy, to everyone around.
O curious one, seek nothing more profound,
And speak not, though your voice be sweet in tone.
Hush, ignorant! Hush, soul that's still enraptured,
And mouth of childish laughter! Neatly captured,
Death pulls us, more than life, with subtle wile.
Oh let my thought get drunk upon a lie,
And plunge, as in a dream, in either eye,
And in their lashes' shadow sleep awhile!
— Translated by Roy Campbell
Semper Eadem
'What in the world,' you said, 'has brought on this black mood,
Climbing you as the sea climbs up a naked reef?'
— When once the heart has made its harvest (understood
By all men, this) why, just to be alive is grief:
A pain quite simple, nothing mysterious at all,
And like that joy of yours, patent to all we meet;
Stop asking questions, then, I beg of you, and fall
Silent a while, fair prober, though your voice be sweet.
Ah, yes, be silent, ignorant girl, always so gay,
Mouth with the childlike laughter! More than Life, I say,
Death has the power to hold us by most subtle ties.
My one fictitious comfort, kindly, let me keep:
To plunge as into dreams into your lovely eyes,
And in the shadow of your lashes fall asleep.
— Translated by Edna St. Vincent Millay
Semper eadam
you asked: 'what floods of gloom engulf you — strange
as creeping tides against a bare black wall?'
— when hearts once crush their grapes and close the grange,
life is an evil. secret known to all,
'tis but the common grief each man betrays
to all, as you your joy, in eyes or brow
so veil, my fair one, your inquiring gaze
and though your voice is low, be silent now!
be silent, simple soul! mouth always gay
with girlish laughter! more than Life, today,
Death binds our hearts with tenuous webs of doom;
let mine be drunken with the wine of lies,
o let me delve for dreams in those deep eyes
and slumber long beneath your eyebrows' gloom!
— Translated by Lewis Piaget Shanks
poem by Charles Baudelaire

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A l'enfant malade pendant le siège
Si vous continuez d'être ainsi toute pâle
Dans notre air étouffant,
Si je vous vois entrer dans mon ombre fatale,
Moi vieillard, vous enfant ;
Si je vois de nos jours se confondre la chaîne,
Moi qui sur mes genoux
Vous contemple, et qui veux la mort pour moi prochaine,
Et lointaine pour vous ;
Si vos mains sont toujours diaphanes et frêles,
Si, dans vôtre berceau,
Tremblante, vous avez l'air d'attendre des ailes
Comme un petit oiseau ;
Si vous ne semblez pas prendre sur notre terre
Racine pour longtemps,
Si vous laissez errer, Jeanne, en notre mystère
Vos doux yeux mécontents ;
Si je ne vous vois pas gaie et rose et très forte,
Si, triste, vous rêvez,
Si vous ne fermez pas derrière vous la porte
Par où vous arrivez ;
Si je ne vous vois pas comme une belle femme
Marcher, vous bien porter,
Rire, et si vous semblez être une petite âme
Qui ne veut pas rester,
Je croirai qu'en ce monde où le suaire au lange
Parfois peut confiner,
Vous venez pour partir, et que vous êtes l'ange
Chargé de m'emmener.
poem by Victor Hugo

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A l'enfant malade pendant le siège
Si vous continuez d'être ainsi toute pâle
Dans notre air étouffant,
Si je vous vois entrer dans mon ombre fatale,
Moi vieillard, vous enfant ;
Si je vois de nos jours se confondre la chaîne,
Moi qui sur mes genoux
Vous contemple, et qui veux la mort pour moi prochaine,
Et lointaine pour vous ;
Si vos mains sont toujours diaphanes et frêles,
Si, dans vôtre berceau,
Tremblante, vous avez l'air d'attendre des ailes
Comme un petit oiseau ;
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Racine pour longtemps,
Si vous laissez errer, Jeanne, en notre mystère
Vos doux yeux mécontents ;
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Si, triste, vous rêvez,
Si vous ne fermez pas derrière vous la porte
Par où vous arrivez ;
Si je ne vous vois pas comme une belle femme
Marcher, vous bien porter,
Rire, et si vous semblez être une petite âme
Qui ne veut pas rester,
Je croirai qu'en ce monde où le suaire au lange
Parfois peut confiner,
Vous venez pour partir, et que vous êtes l'ange
Chargé de m'emmener.
poem by Victor Hugo

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A Mlle Fanny de P.
Ô vous que votre âge défend,
Riez ! tout vous caresse encore.
Jouez ! chantez ! soyez l'enfant !
Soyez la fleur ; soyez l'aurore !
Quant au destin, n'y songez pas.
Le ciel est noir, la vie est sombre.
Hélas ! que fait l'homme ici-bas ?
Un peu de bruit dans beaucoup d'ombre.
Le sort est dur, nous le voyons.
Enfant ! souvent l'oeil plein de charmes
Qui jette le plus de rayons
Répand aussi le plus de larmes.
Vous que rien ne vient éprouver,
Vous avez tout, joie et délire,
L'innocence qui fait rêver,
L'ignorance qui fait sourire.
Vous avez, lys sauvé des vents,
Coeur occupé d'humbles chimères,
Ce calme bonheur des enfants,
Pur reflet du bonheur des mères.
Votre candeur vous embellit.
Je préfère à toute autre flamme
Votre prunelle que remplit
La clarté qui sort de votre âme.
Pour vous ni soucis ni douleurs,
La famille vous idolâtre.
L'été, vous courez dans les fleurs ;
L'hiver, vous jouez près de l'âtre.
La poésie, esprit des cieux,
Près de vous, enfant, s'est posée ;
Votre mère l'a dans ses yeux,
Votre père dans sa pensée.
Profitez de ce temps si doux !
Vivez ! - La joie est vite absente ;
Et les plus sombres d'entre nous
Ont eu leur aube éblouissante.
Comme on prie avant de partir,
Laissez-moi vous bénir, jeune âme, -
Ange qui serez un martyr !
Enfant qui serez une femme !
poem by Victor Hugo

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L'agonie
Vous qui m'aiderez dans mon agonie,
Ne me dites rien ;
Faites que j'entende un peu d'harmonie,
Et je mourrai bien.
La musique apaise, enchante et délie
Des choses d'en bas :
Bercez ma douleur ; je vous en supplie,
Ne lui parlez pas.
Je suis las des mots, je suis las d'entendre
Ce qui peut mentir ;
J'aime mieux les sons qu'au lieu de comprendre
Je n'ai qu'à sentir ;
Une mélodie où l'âme se plonge
Et qui, sans effort,
Me fera passer du délire au songe,
Du songe à la mort.
Vous qui m'aiderez dans mon agonie,
Ne me dites rien.
Pour allégement un peu d'harmonie
Me fera grand bien.
Vous irez chercher ma pauvre nourrice
Qui mène un troupeau,
Et vous lui direz que c'est mon caprice,
Au bord du tombeau,
D'entendre chanter tout bas, de sa bouche,
Un air d'autrefois,
Simple et monotone, un doux air qui touche
Avec peu de voix.
Vous la trouverez : les gens des chaumières
Vivent très longtemps,
Et je suis d'un monde où l'on ne vit guères
Plusieurs fois vingt ans.
Vous nous laisserez tous les deux ensemble :
Nos coeurs s'uniront ;
Elle chantera d'un accent qui tremble,
La main sur mon front.
Lors elle sera peut-être la seule
Qui m'aime toujours,
Et je m'en irai dans son chant d'aïeule
Vers mes premiers jours,
Pour ne pas sentir, à ma dernière heure,
Que mon coeur se fend,
Pour ne plus penser, pour que l'homme meure
Comme est né l'enfant.
Vous qui m'aiderez dans mon agonie,
Ne me dites rien ;
Faites que j'entende un peu d'harmonie,
Et je mourrai bien.
poem by Rene Francois Armand Prudhomme

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Prière
Ah ! Si vous saviez comme on pleure
De vivre seul et sans foyers,
Quelquefois devant ma demeure
Vous passeriez.
Si vous saviez ce que fait naître
Dans l'âme triste un pur regard,
Vous regarderiez ma fenêtre
Comme au hasard.
Si vous saviez quel baume apporte
Au coeur la présence d'un coeur,
Vous vous assoiriez sous ma porte
Comme une soeur.
Si vous saviez que je vous aime,
Surtout si vous saviez comment,
Vous entreriez peut-être même
Tout simplement.
poem by Rene Francois Armand Prudhomme

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Puisque j'ai mis ma lèvre (Since I Have Placed My Lip)
Puisque j'ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine;
Puisque j'ai dans tes mains posé mon front pâli;
Puisque j'ai respiré parfois la douce haleine
De ton âme, parfum dans l'ombre enseveli;
Puisqu'il me fut donné de t'entendre me dire
Les mots où se répand le coeur mystérieux;
Puisque j'ai vu pleurer, puisque j' ai vu sourire
Ta bouche sur ma bouche et tes yeux sur mes yeux;
Puisque j'ai vu briller sur ma tête ravie
Un rayon de ton astre, hélas! voilé toujours;
Puisque j'ai vu tomber dans l'onde de ma vie
Une feuille de rose arrachée à tes jours;
Je puis maintenant dire aux rapides années:
- Passez! passez toujours! je n'ai plus à vieillir!
Allez-vous-en avec vos fleurs toutes fanées;
J'ai dans l'âme une fleur que nul ne peut cueillir!
Votre aile en le heurtant ne fera rien répandre
Du vase où je m'abreuve et que j'ai bien rempli.
Mon âme a plus de feu que vous n'avez de cendre!
Mon coeur a plus d'amour que vous n'avez d'oubli!
From Thy Sweet Lips
Since from thy star one cheering ray
My heaven hath lighted with its beam—
Since one bright rose leaf from thy day
Hath fallen on my life's dark steam—
And o'er my spirit, like a spell,
Thy voice hath poured its gentle ruth;
And I have drank of love's charmed well,
From thy sweet lips, perpetual youth—
I say, as these swift years depart,
Haste, with your faded garlands by—
There blooms a flower within my heart
That none may gather—ne'er may die!
Ye may not dash the cup of soul
That I now quaff to sweet excess—
There lies more memory in the bowl,
Than time hath of forgetfulness!
Translated by Mary E. Hewitt
Since I Have Placed My Lip
Since I have placed my lip
To your still brimming cup,
Since my pale brow has leaned
Into your sheltering hand,
Since I at times have caught
The hidden fragrance of your heart—
Since I have heard you say
Words of love's mystery,
Since I have known your kiss
Smile upon mine and press
Against my own and seen
Your eyes in tears mirroring mine—
Since one ray from your star
So often veiled too far
From me has shone across
The gap that severs us,
Since you have let me seize
One rose-leaf of your sweeter days—
I can tell the swift years,
'Pass by. Pass with your cares.
I will not age. Take all
Your withered flowers that fall
And go. Within my soul
There is a flower none can steal.
Let time's wing brush the jar
I've filled to the brim nor
Spill one drop. I've more flame
In my heart now than time
Has ash and I possess
More love than time forgetfulness.'
Translated by Harry Guest
poem by Victor Hugo

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A une jeune fille
Vous qui ne savez pas combien l'enfance est belle,
Enfant ! n'enviez point notre âge de douleurs,
Où le coeur tour à tour est esclave et rebelle,
Où le rire est souvent plus triste que vos pleurs.
Votre âge insouciant est si doux qu'on l'oublie !
Il passe, comme un souffle au vaste champ des airs,
Comme une voix joyeuse en fuyant affaiblie,
Comme un alcyon sur les mers.
Oh ! ne vous hâtez point de mûrir vos pensées !
Jouissez du matin, jouissez du printemps ;
Vos heures sont des fleurs l'une à l'autre enlacées ;
Ne les effeuillez pas plus vite que le temps.
Laissez venir les ans ! Le destin vous dévoue,
Comme nous, aux regrets, à la fausse amitié,
A ces maux sans espoir que l'orgueil désavoue,
A ces plaisirs qui font pitié.
Riez pourtant ! du sort ignorez la puissance
Riez ! n'attristez pas votre front gracieux,
Votre oeil d'azur, miroir de paix et d'innocence,
Qui révèle votre âme et réfléchit les cieux !
poem by Victor Hugo

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La Loreley
À Bacharach il y avait une sorcière blonde
Qui laissait mourir d'amour tous les hommes à la ronde
Devant son tribunal l'évêque la fit citer
D'avance il l'absolvit à cause de sa beauté
Ô belle Loreley aux yeux pleins de pierreries
De quel magicien tiens-tu ta sorcelerie
Je suis lasse de vivre et mes yeux sont maudits
Ceux qui m'ont regardée évêque en ont péri
Mes yeux ce sont des flammes et non des pierreries
Jetez jetez aux flammes cette sorcellerie
Je flambe dans ces flammes ô belle Loreley
Qu'un autre te condamne tu m'as ensorcelé
Evêque vous riez Priez plutôt pour moi la Vierge
Faites-moi donc mourir et que Dieu vous protège
Mon amant est parti pour un pays lointain
Faites-moi donc mourir puisque je n'aime rien
Mon coeur me fait si mal il faut bien que je meure
Si je me regardais il faudrait que j'en meure
Mon coeur me fait si mal depuis qu'il n'est plus là
Mon coeur me fit si mal du jour où il s'en alla
L'évêque fit venir trois chevaliers avec leurs lances
Menez jusqu'au couvent cette femme en démence
Vat-en Lore en folie va Lore aux yeux tremblant
Tu seras une nonne vétue de noir et blanc
Puis ils s'en allèrent sur la route tous les quatre
la Loreley les implorait et ses yeux brillaient comme des astres
Chevaliers laissez-moi monter sur ce rocher si haut
Pour voir une fois encore mon beau château
Pour me mirer une fois encore dans le feuve
Puis j'irai au couvent des vierges et des veuves
Là haut le vent tordait ses cheveux déroulés
Les chevaliers criaient Loreley Loreley
Tout là bas sur le Rhin s'en vient une nacelle
Et mon amant s'y tient il m'a vue il m'appelle
Mon coeur devient si doux c'est mon amant qui vient
Elle se penche alors et tombe dans le Rhin
Pour avoir vu dans l'eau la belle Loreley
Ses yeux couleur du Rhin ses cheveux de soleil
poem by Guillaume Apollinaire

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Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire (What Will You Say Tonight, Poor Solitary Soul)
Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire,
Que diras-tu, mon coeur, coeur autrefois flétri,
À la très belle, à la très bonne, à la très chère,
Dont le regard divin t'a soudain refleuri?
— Nous mettrons notre orgueil à chanter ses louanges:
Rien ne vaut la douceur de son autorité
Sa chair spirituelle a le parfum des Anges
Et son oeil nous revêt d'un habit de clarté.
Que ce soit dans la nuit et dans la solitude
Que ce soit dans la rue et dans la multitude
Son fantôme dans l'air danse comme un flambeau.
Parfois il parle et dit: «Je suis belle, et j'ordonne
Que pour l'amour de moi vous n'aimiez que le Beau;
Je suis l'Ange gardien, la Muse et la Madone.»
What Will You Say Tonight, Poor Solitary Soul
What will you say tonight, poor solitary soul,
What will you say, my heart, heart once so withered,
To the kindest, dearest, the fairest of women,
Whose divine glance suddenly revived you?
— We shall try our pride in singing her praises:
There is nothing sweeter than to do her bidding;
Her spiritual flesh has the fragrance of Angels,
And when she looks upon us we are clothed with light.
Be it in the darkness of night, in solitude,
Or in the city street among the multitude,
Her image in the air dances like a torch flame.
Sometimes it speaks and says: 'I am fair, I command
That for your love of me you love only Beauty;
I am your guardian Angel, your Muse and Madonna.'
— Translated by William Aggeler
What Can You Say, Poor Lonely Soul of Mine
What can you say, poor lonely soul of mine,
Or you, poor heart, so long ago turned sour,
To the best, dearest, loveliest, whose divine
Regard has made you open like a flower?
We'll set our pride to sing her highest praise
Naught to her sweet authority compares:
Her psychic flesh is formed of fragrant airs.
Her glances clothe us in a suit of rays.
Be it in solitude at dead of night,
Or in the crowded streets of glaring light,
Her phantom like a torch before me streams.
It speaks: 'I'm beautiful. These orders take.
Love naught but Beauty, always, for my sake,
Madonna, guardian Angel, Muse of dreams.'
— Translated by Roy Campbell
What Shall You Say Tonight?
What shall you say tonight, poor soul so full of care,
What shall you say, my heart, heart hitherto so sad,
To the most kind, to the most dear, to the most fair,
Whose pure serene regard has made you proud and glad?
— We shall set all our pride to sing her holy praise!
What sweetness to be hers! To live beneath her sight!
Half spirit is her flesh, angelic all her ways;
Her glance alone invests us in a robe of light!
Whether in solitude and deep obscurity,
Whether by day among the moving crowd it be,
Her phantom like a torch in air will dance and run;
It speaks: 'Beauty is mine; Authority is mine;
Love only, for my sake, the noble and the fine:
I am thine Angel, Muse, Madonna, all in one.'
— Translated by Edna St. Vincent Millay
poem by Charles Baudelaire

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Le pardon
Pour peu que votre image en mon âme renaisse,
Je sens bien que c'est vous que j'aime encor le mieux.
Vous avez désolé l'aube de ma jeunesse,
Je veux pourtant mourir sans oublier vos yeux,
Ni votre voix surtout, sonore et caressante,
Qui pénétrait mon coeur entre toutes les voix,
Et longtemps ma poitrine en restait frémissante
Comme un luth solitaire encore ému des doigts.
Ah ! j'en connais beaucoup dont les lèvres sont belles,
Dont le front est parfait, dont le langage est doux.
Mes amis vous diront que j'ai chanté pour elles,
Ma mère vous dira que j'ai pleuré pour vous.
J'ai pleuré, mais déjà mes larmes sont plus rares ;
Je sanglotais alors, je soupire aujourd'hui ;
Puis bientôt viendra l'âge où les yeux sont avares,
Et ma tristesse un jour ne sera plus qu'ennui.
Oui, pour avoir brisé la fleur de ma jeunesse,
J'ai peur de vous haïr quand je deviendrai vieux.
Que toujours votre image en mon âme renaisse !
Que je pardonne à l'âme au souvenir des yeux !
poem by Rene Francois Armand Prudhomme

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Ce que je Veux Faire (What I Want To Do)
Je vous cherche.
Non où ne font je vois...
Ce sourire qui rit,
Exprimer ces yeux de danse.
Je longtemps pour vous tenir,
Enveloppé dans mes bras.
Là vous devez libérer votre odeur.
Là nous nous assoyons sur la terrasse,
Donner sur Paris et au-delà.
Comme nous rêvons de l'amour pour nous garder romantiques.
What I Want To Do
I look for you.
No where do I see...
That smile that laughs,
To express those dancing eyes.
I long to hold you,
Enfolded within my arms.
There you are to release your scent.
There we are sitting upon the terrace,
Overlooking Paris and beyond.
As we dream of love to keep us romantic.
poem by Lawrence S. Pertillar

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Aux morts du 4 décembre
Jouissez du repos que vous donne le maître.
Vous étiez autrefois des coeurs troublés peut-être,
Qu'un vain songe poursuit ;
L'erreur vous tourmentait, ou la haine, ou l'envie ;
Vos bouches, d'où sortait la vapeur de la vie,
Étaient pleines de bruit.
Faces confusément l'une à l'autre apparues,
Vous alliez et veniez en foule dans les rues,
Ne vous arrêtant pas,
Inquiets comme l'eau qui coule des fontaines,
Tous, marchant au hasard, souffrant les mêmes peines,
Mêlant les mêmes pas.
Peut-être un feu creusait votre tête embrasée,
Projets, espoirs, briser l'homme de l'Élysée,
L'homme du Vatican,
Verser le libre esprit à grands flots sur la terre ;
Car dans ce siècle ardent toute âme est un cratère
Et tout peuple un volcan.
Vous aimiez, vous aviez le coeur lié de chaînes,
Et le soir vous sentiez, livrés aux craintes vaines,
Pleins de soucis poignants,
Ainsi que l'océan sent remuer ses ondes,
Se soulever en vous mille vagues profondes
Sous les cieux rayonnants.
Tous, qui que vous fussiez, tête ardente, esprit sage,
Soit qu'en vos yeux brillât la jeunesse, ou que l'âge
Vous prît et vous courbât,
Que le destin pour vous fût deuil, énigme ou fête,
Vous aviez dans vos coeurs l'amour, cette tempête,
La douleur, ce combat.
Grâce au quatre décembre, aujourd'hui, sans pensée,
Vous gisez étendus dans la fosse glacée
Sous les linceuls épais ;
Ô morts, l'herbe sans bruit croît sur vos catacombes,
Dormez dans vos cercueils ! taisez-vous dans vos tombes !
L'empire, c'est la paix.
poem by Victor Hugo

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Aux arbres
Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme!
Au gré des envieux, la foule loue et blâme ;
Vous me connaissez, vous! - vous m'avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d'eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m'occupent tout un jour.
La contemplation m'emplit le coeur d'amour.
Vous m'avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l'esprit à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l'oeil dans l'herbe profonde,
L'étude d'un atome et l'étude du monde.
Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu,
Arbres, vous m'avez vu fuir l'homme et chercher Dieu!
Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches,
Nids dont le vent au loin sème les plumes blanches,
Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux,
Vous savez que je suis calme et pur comme vous.
Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s'élance,
Et je suis plein d'oubli comme vous de silence!
La haine sur mon nom répand en vain son fiel ;
Toujours, - je vous atteste, ô bois aimés du ciel! -
J'ai chassé loin de moi toute pensée amère,
Et mon coeur est encor tel que le fit ma mère!
Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
Je vous aime, et vous, lierre au seuil des autres sourds,
Ravins où l'on entend filtrer les sources vives,
Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives!
Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m'entoure et me cache à la fois,
Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
Je sens quelqu'un de grand qui m'écoute et qui m'aime!
Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêt! c'est dans votre ombre et dans votre mystère,
C'est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m'endormirai.
poem by Victor Hugo

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Âme! être, c'est aimer...
Âme ! être, c'est aimer.
Il est.
C'est l'être extrême.
Dieu, c'est le jour sans borne et sans fin qui dit : j'aime.
Lui, l'incommensurable, il n'a point de compas ;
Il ne se venge pas, il ne pardonne pas ;
Son baiser éternel ignore la morsure ;
Et quand on dit : justice, on suppose mesure.
Il n'est point juste ; il est. Qui n'est que juste est peu.
La justice, c'est vous, humanité ; mais Dieu
Est la bonté. Dieu, branche où tout oiseau se pose !
Dieu, c'est la flamme aimante au fond de toute chose.
Oh ! tous sont appelés et tous seront élus.
Père, il songe au méchant pour l'aimer un peu plus.
Vivants, Dieu, pénétrant en vous, chasse le vice.
L'infini qui dans l'homme entre, devient justice,
La justice n'étant que le rapport secret
De ce que l'homme fait à ce que Dieu ferait.
Bonté, c'est la lueur qui dore tous les faîtes ;
Et, pour parler toujours, hommes, comme vous faites,
Vous qui ne pouvez voir que la forme et le lieu,
Justice est le profil de la face de Dieu.
Vous voyez un côté, vous ne voyez pas l'autre.
Le bon, c'est le martyr ; le juste n'est qu'apôtre ;
Et votre infirmité, c'est que votre raison
De l'horizon humain conclut l'autre horizon.
Limités, vous prenez Dieu pour l'autre hémisphère.
Mais lui, l'être absolu, qu'est-ce qu'il pourrait faire
D'un rapport ? L'innombrable est-il fait pour chiffrer ?
Non, tout dans sa bonté calme vient s'engouffrer.
On ne sait où l'on vole, on ne sait où l'on tombe,
On nomme cela mort, néant, ténèbres, tombe,
Et, sage, fou, riant, pleurant, tremblant, moqueur,
On s'abîme éperdu dans cet immense coeur !
Dans cet azur sans fond la clémence étoilée
Elle-même s'efface, étant d'ombre mêlée !
L'être pardonné garde un souvenir secret,
Et n'ose aller trop haut ; le pardon semblerait
Reproche à la prière, et Dieu veut qu'elle approche ;
N'étant jamais tristesse, il n'est jamais reproche,
Enfants. Et maintenant, croyez si vous voulez !
poem by Victor Hugo

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Obsession
Grands bois, vous m'effrayez comme des cathédrales;
Vous hurlez comme l'orgue; et dans nos coeurs maudits,
Chambres d'éternel deuil où vibrent de vieux râles,
Répondent les échos de vos De profundis.
Je te hais, Océan! tes bonds et tes tumultes,
Mon esprit les retrouve en lui; ce rire amer
De l'homme vaincu, plein de sanglots et d'insultes,
Je l'entends dans le rire énorme de la mer
Comme tu me plairais, ô nuit! sans ces étoiles
Dont la lumière parle un langage connu!
Car je cherche le vide, et le noir, et le nu!
Mais les ténèbres sont elles-mêmes des toiles
Où vivent, jaillissant de mon oeil par milliers,
Des êtres disparus aux regards familiers.
Obsession
Great woods, you frighten me like cathedrals;
You roar like the organ; and in our cursed hearts,
Rooms of endless mourning where old death-rattles sound,
Respond the echoes of your De profundis.
I hate you, Ocean! your bounding and your tumult,
My mind finds them within itself; that bitter laugh
Of the vanquished man, full of sobs and insults,
I hear it in the immense laughter of the sea.
How I would like you, Night! without those stars
Whose light speaks a language I know!
For I seek emptiness, darkness, and nudity!
But the darkness is itself a canvas
Upon which live, springing from my eyes by thousands,
Beings with understanding looks, who have vanished.
— Translated by William Aggeler
Obsession
You forests, like cathedrals, are my dread:
You roar like organs. Our curst hearts, like cells
Where death forever rattles on the bed,
Echo your de Profundis as it swells.
My spirit hates you, Ocean! sees, and loathes
Its tumults in your own. Of men defeated
The bitter laugh, that's full of sobs and oaths,
Is in your own tremendously repeated.
How you would please me, Night! without your stars
Which speak a foreign dialect, that jars
On one who seeks the void, the black, the bare.
Yet even your darkest shade a canvas forms
Whereon my eye must multiply in swarms
Familiar looks of shapes no longer there.
— Translation by Roy Campbell
poem by Charles Baudelaire

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A Petite Jeanne
Vous eûtes donc hier un an, ma bien-aimée.
Contente, vous jasez, comme, sous la ramée,
Au fond du nid plus tiède ouvrant de vagues yeux,
Les oiseaux nouveau-nés gazouillent, tout joyeux
De sentir qu'il commence à leur pousser des plumes.
Jeanne, ta bouche est rose ; et dans les gros volumes
Dont les images font ta joie, et que je dois,
Pour te plaire, laisser chiffonner par tes doigts,
On trouve de beaux vers ; mais pas un qui te vaille
Quand tout ton petit corps en me voyant tressaille ;
Les plus fameux auteurs n'ont rien écrit de mieux
Que la pensée éclose à demi dans tes yeux,
Et que ta rêverie obscure, éparse, étrange,
Regardant l'homme avec l'ignorance de l'ange.
Jeanne, Dieu n'est pas loin puisque vous êtes là.
Ah ! vous avez un an, c'est un âge cela !
Vous êtes par moments grave, quoique ravie ;
Vous êtes à l'instant céleste de la vie
Où l'homme n'a pas d'ombre, où dans ses bras ouverts,
Quand il tient ses parents, l'enfant tient l'univers ;
Votre jeune âme vit, songe, rit, pleure, espère
D'Alice votre mère à Charles votre père ;
Tout l'horizon que peut contenir votre esprit
Va d'elle qui vous berce à lui qui vous sourit ;
Ces deux êtres pour vous à cette heure première
Sont toute la caresse et toute la lumière ;
Eux deux, eux seuls, ô Jeanne ; et c'est juste ; et je suis,
Et j'existe, humble aïeul, parce que je vous suis ;
Et vous venez, et moi je m'en vais ; et j'adore,
N'ayant droit qu'à la nuit, votre droit à l'aurore.
Votre blond frère George et vous, vous suffisez
A mon âme, et je vois vos jeux, et c'est assez ;
Et je ne veux, après mes épreuves sans nombre,
Qu'un tombeau sur lequel se découpera l'ombre
De vos berceaux dorés par le soleil levant.
Ah ! nouvelle venue innocente, et rêvant,
Vous avez pris pour naître une heure singulière ;
Vous êtes, Jeanne, avec les terreurs familière ;
Vous souriez devant tout un monde aux abois ;
Vous faites votre bruit d'abeille dans les bois,
Ô Jeanne, et vous mêlez votre charmant murmure
Au grand Paris faisant sonner sa grande armure.
Ah ! quand je vous entends, Jeanne, et quand je vous vois
Chanter, et, me parlant avec votre humble voix,
Tendre vos douces mains au-dessus de nos têtes,
Il me semble que l'ombre où grondent les tempêtes
Tremble et s'éloigne avec des rugissements sourds,
Et que Dieu fait donner à la ville aux cent tours
Désemparée ainsi qu'un navire qui sombre,
Aux énormes canons gardant le rempart sombre,
A l'univers qui penche et que Paris défend,
Sa bénédiction par un petit enfant.
poem by Victor Hugo

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L'Homme Et La Mer (Man And The Sea)
Homme libre, toujours tu chériras la mer!
La mer est ton miroir; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.
Tu te plais à plonger au sein de ton image;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.
Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets:
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes;
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets!
Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remords,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables!
Man and the Sea
Free man, you will always cherish the sea!
The sea is your mirror; you contemplate your soul
In the infinite unrolling of its billows;
Your mind is an abyss that is no less bitter.
You like to plunge into the bosom of your image;
You embrace it with eyes and arms, and your heart
Is distracted at times from its own clamoring
By the sound of this plaint, wild and untamable.
Both of you are gloomy and reticent:
Man, no one has sounded the depths of your being;
O Sea, no person knows your most hidden riches,
So zealously do you keep your secrets!
Yet for countless ages you have fought each other
Without pity, without remorse,
So fiercely do you love carnage and death,
O eternal fighters, implacable brothers!
— Translated by William Aggeler
Man and the Sea
Free man, you'll always love the sea — for this,
That it's a mirror, where you see your soul
In its eternal waves that chafe and roll;
Nor is your soul less bitter an abyss.
in your reflected image there to merge,
You love to dive, its eyes and limbs to match.
Sometimes your heart forgets its own, to catch
The rhythm of that wild and tameless dirge.
The two of you are shadowy, deep, and wide.
Man! None has ever plummeted your floor —
Sea! None has ever known what wealth you store —
Both are so jealous of the things you hide!
Yet age on age is ended, or begins,
While you without remorse or pity fight.
So much in death and carnage you delight,
Eternal wrestlers! Unrelenting twins!
— Translated by Roy Campbell
Man and the Sea
Free man, you shall forever cherish the vast sea,
The sea, that image where you contemplate your soul
As everlastingly its mighty waves unroll.
Your mind a yawning gulf seasoned as bitterly.
You love to plunge into your image to the core,
Embracing it with eyes and arms; your very heart
Sometimes finds a distraction from its urgent smart
In the wild sea's untamable and plaintive roar.
Both of you live in darkness and in mystery:
Man, who has ever plumbed the far depths of your being?
O Sea, who knows your private hidden riches, seeing
How strange the secrets you preserve so jealously?
And yet for countless ages you have fought each other
With hands unsparing and with unforbearing breath,
Each an eternal foe to his relentless brother,
So avid are you both of slaughter and of death.
— Translated by Jacques LeClercq
L'Homme et le Mer
love Ocean always, Man: ye both are free!
the Sea, thy mirror: thou canst find thy soul
in the unfurling billows' surging roll,
they mind's abyss is bitter as the sea.
thou doest rejoice thy mirrored face to pierce,
plunging, and clasp with eyes and arms; thy heart
at its own mutter oft forgets to start,
lulled by that plaint indomitably fierce.
discreet ye both are; both are taciturn:
Man, none has measured all thy dark abyss,
none, Sea, knows where thy hoarded treasure is,
so jealously your secrets ye inurn!
and yet for countless ages, trucelessly,
— o ruthless warriors! — ye have fought and striven:
brothers by lust for death and carnage driven,
twin wrestlers, gripped for all eternity!
— Translated by Lewis Piaget Shanks
poem by Charles Baudelaire

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Croissant Bleu
Quand j'ai vu vos yeux pour la premiere fois,
J'etais perdu
Je suis venu a la Closerie Des Lilas tres souvent
On attend pour ces moments divins pour toute la vie
Mon coeur a ete prit par joie et mal
Quand je suis avec vous, je suis perdu
Just a few
Quand je suis amoureux, c'est la peur
Juste un peu
C'etait en octobre, il y a deux ans et c'etait la troisieme fois que je vous ai vu
J'ai pas eu le courage pour ces premiers mots impossibles
Et meme reflechir a ce probleme pour commencer une conversation etait un cliche
Quand je suis avec vous, je suis perdu
Just a few
Quand je suis amoureux, c'est la peur
Juste un peu
J'etais bien place au bar et camoufle derriere un livre tres important
Avec un sourire dans vos yeux vous m'avez demande : < Quel est le titre de
votre livre ? >
Et j'ai repondu apres une pause assez artificielle : < Je ne sais pas ! >
Quand je suis avec vous, je suis perdu
Just a few
Quand je suis amoureux, c'est la peur
Juste un peu
song performed by by Yello

Submitted by Lucian Velea
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Croissant Bleu
Quand j'ai vu vos yeux pour la premiere fois,
J'etais perdu
Je suis venu a la Closerie Des Lilas tres souvent
On attend pour ces moments divins pour toute la vie
Mon coeur a ete prit par joie et mal
Quand je suis avec vous, je suis perdu
Just a few
Quand je suis amoureux, c'est la peur
Juste un peu
C'etait en octobre, il y a deux ans et c'etait la troisieme fois que je vous ai vu
J'ai pas eu le courage pour ces premiers mots impossibles
Et meme reflechir a ce probleme pour commencer une conversation etait un cliche
Quand je suis avec vous, je suis perdu
Just a few
Quand je suis amoureux, c'est la peur
Juste un peu
J'etais bien place au bar et camoufle derriere un livre tres important
Avec un sourire dans vos yeux vous m'avez demande : < Quel est le titre de
votre livre ? >
Et j'ai repondu apres une pause assez artificielle : < Je ne sais pas ! >
Quand je suis avec vous, je suis perdu
Just a few
Quand je suis amoureux, c'est la peur
Juste un peu
song performed by by Yello

Submitted by Lucian Velea
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My Vow To You
My heart takes flight every time you are near
My world becomes calm, still, and crystal clear
I’ll tell you I love you for a million years
You have taken away all my fears
Compassionate, considerate, and benign
Tender, sweet, loving, and kind
To you I could not put up any resistance
You are my all, my life, my true existence
To dishonor you I would rather die
I could never bring a tear to your eye
A life with you is my only endeavor
I will love you for now and forever
Mon voeu à toi
Mon coeur prend la fuite la chaque fois que vous etes pres
Mon monde devient calme, tout de meme et cristallin
Je vous dirai que je vous aime depuis un million d'ans
Vous avez emporté toutes mes peurs
Compatissant, prevenant et bienveillant
L'offre, le bonbon, l'amour et la sorte
À vous je ne pouvais pas relever de resistance
Vous etes mon tous, ma vie, ma vraie existence
Pour vous deshonorer je mourrais
Je ne pouvais jamais apporter une déchirure a votre oeil
Une vie avec vous est mon seul effort
Je vous aimerai pour maintenant et pour toujours
poem by Wilfred Mellers

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