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<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=533973" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Halte En Marchant</strong></div><div style="margin:10px 0">Une brume couvrait l'horizon ; maintenant, <br>Voici le clair midi qui surgit rayonnant ; <br>Le brouillard se dissout en perles sur les branches, <br>Et brille, diamant, au collier des pervenches. <br>Le vent souffle à travers les arbres, sur les toits <br>Du hameau noir cachant ses chaumes dans les bois ; <br>Et l'on voit tressaillir, épars dans les ramées, <br>Le vague arrachement des tremblantes fumées ; <br>Un ruisseau court dans l'herbe, entre deux hauts talus, <br>Sous l'agitation des saules chevelus ; <br>Un orme, un hêtre, anciens du vallon, arbres frères <br>Qui se donnent la main des deux rives contraires, <br>Semblent, sous le ciel bleu, dire : A la bonne foi ! <br>L'oiseau chante son chant plein d'amour et d'effroi, <br>Et du frémissement des feuilles et des ailes <br>L'étang luit sous le vol des vertes demoiselles. <br>Un bouge est là, montrant dans la sauge et le thym <br>Un vieux saint souriant parmi des brocs d'étain, <br>Avec tant de rayons et de fleurs sur la berge, <br>Que c'est peut-être un temple ou peut-être une auberge. <br>Que notre bouche ait soif, ou que ce soit le coeur, <br>Gloire au Dieu bon qui tend la coupe au voyageur! <br>Nous entrons.'Qu'avez-vous ! - Des oeufs frais,<br>de l'eau fraîche. <br>On croit voir l'humble toit effondré d'une crèche. <br>A la source du pré, qu'abrite un vert rideau, <br>Une enfant blonde alla remplir sa jarre d'eau, <br>Joyeuse et soulevant son jupon de futaine. <br>Pendant qu'elle plongeait sa cruche à la fontaine, <br>L'eau semblait admirer, gazouillant doucement, <br>Cette belle petite aux yeux de firmament. <br>Et moi, près du grand lit drapé de vieilles serges, <br>Pensif, je regardais un Christ battu de verges. <br>Eh ! qu'importe l'outrage aux martyrs éclatants, <br>Affront de tous les lieux, crachat de tous les temps, <br>Vaine clameur d'aveugle, éternelle huée <br>Où la foule toujours s'est follement ruée ! </div><div style="margin:10px 0">Plus tard, le vagabond flagellé devient Dieu. <br>Ce front noir et saignant semble fait de ciel bleu, <br>Et, dans l'ombre, éclairant palais, temple, masure, <br>Le crucifix blanchit et Jésus-Christ s'azure. <br>La foule un jour suivra vos pas; allez, saignez, <br>Souffrez, penseurs, des pleurs de vos bourreaux baignés ! <br>Le deuil sacre les saints, les sages, les génies; <br>La tremblante auréole éclôt aux gémonies, <br>Et, sur ce vil marais, flotte, lueur du ciel, <br>Du cloaque de sang feu follet éternel. <br>Toujours au même but le même sort ramène : <br>Il est, au plus profond de notre histoire humaine, <br>Une sorte de gouffre, où viennent, tour à tour, <br>Tomber tous ceux qui sont de la vie et du jour, <br>Les bons, les purs, les grands, les divins, les célèbres, <br>Flambeaux échevelés au souffle des ténèbres; <br>Là se sont engloutis les Dantes disparus, <br>Socrate, Scipion, Milton, Thomas Morus, <br>Eschyle, ayant aux mains des palmes frissonnantes. <br>Nuit d'où l'on voit sortir leurs mémoires planantes ! <br>Car ils ne sont complets qu'après qu'ils sont déchus. <br>De l'exil d'Aristide, au bûcher de Jean Huss, <br>Le genre humain pensif -- c'est ainsi que nous sommes -- <br>Rêve ébloui devant l'abîme des grands hommes. <br>Ils sont, telle est la loi des hauts destins penchant, <br>Tes semblables, soleil! leur gloire est leur couchant ; <br>Et, fier Niagara dont le flot gronde et lutte, <br>Tes pareils : ce qu'ils ont de plus beau, c'est leur chute. </div><div style="margin:10px 0">Un de ceux qui liaient Jésus-Christ au poteau, <br>Et qui, sur son dos nu, jetaient un vil manteau, <br>Arracha de ce front tranquille une poignée <br>De cheveux qu'inondait la sueur résignée, <br>Et dit : «Je vais montrer à Caïphe cela !» <br>Et, crispant son poing noir, cet homme s'en alla. <br>La nuit était venue et la rue était sombre ; <br>L'homme marchait ; soudain, il s'arrêta dans l'ombre, <br>Stupéfait, pâle, et comme en proie aux visions, <br>Frémissant ! -- Il avait dans la main des rayons.</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poem by <a href="http://en.citatepedia.ro/by.php?a=Victor+Hugo">Victor Hugo</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=533973" data-title="Halte En Marchant de Victor Hugo" data-description="Une brume couvrait l'horizon ; maintenant, Voici le clair midi qui surgit rayonnant ; Le brouillard se dissout en perles sur les branches, Et brille, diamant, au collier des pervenches. Le vent souffle à travers les arbres, sur les toits Du ..."></div> </div> </div>
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