Click in the field, then press CTRL+C to copy the HTML code
Copy
<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=533970" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Georges Et Jeanne</strong></div><div style="margin:10px 0">Moi qu'un petit enfant rend tout à fait stupide, <br>J'en ai deux ; George et Jeanne ; et je prends l'un pour guide <br>Et l'autre pour lumière, et j'accours à leur voix, <br>Vu que George a deux ans et que Jeanne a dix mois. <br>Leurs essais d'exister sont divinement gauches ; <br>On croit, dans leur parole où tremblent des ébauches,<br>Voir un reste de ciel qui se dissipe et fuit ; <br>Et moi qui suis le soir, et moi qui suis la nuit, <br>Moi dont le destin pâle et froid se décolore, <br>J'ai l'attendrissement de dire : Ils sont l'aurore. <br>Leur dialogue obscur m'ouvre des horizons ; <br>Ils s'entendent entr'eux, se donnent leurs raisons. <br>Jugez comme cela disperse mes pensées. <br>En moi, désirs, projets, les choses insensées, <br>Les choses sages, tout, à leur tendre lueur, <br>Tombe, et je ne suis plus qu'un bonhomme rêveur. <br>Je ne sens plus la trouble et secrète secousse <br>Du mal qui nous attire et du sort qui nous pousse. <br>Les enfants chancelants sont nos meilleurs appuis. <br>Je les regarde, et puis je les écoute, et puis <br>Je suis bon, et mon coeur s'apaise en leur présence ; <br>J'accepte les conseils sacrés de l'innocence, <br>Je fus toute ma vie ainsi ; je n'ai jamais <br>Rien connu, dans les deuils comme sur les sommets, <br>De plus doux que l'oubli qui nous envahit l'âme <br>Devant les êtres purs d'où monte une humble flamme ; <br>Je contemple, en nos temps souvent noirs et ternis, <br>Ce point du jour qui sort des berceaux et des nids.</div><div style="margin:10px 0">Le soir je vais les voir dormir. Sur leurs fronts calmes, <br>Je distingue ébloui l'ombre que font les palmes <br>Et comme une clarté d'étoile à son lever, <br>Et je me dis : À quoi peuvent-ils donc rêver ? <br>Georges songe aux gâteaux, aux beaux jouets étranges, <br>Au chien, au coq, au chat ; et Jeanne pense aux anges. <br>Puis, au réveil, leurs yeux s'ouvrent, pleins de rayons.</div><div style="margin:10px 0">Ils arrivent, hélas ! à l'heure où nous fuyons.</div><div style="margin:10px 0">Ils jasent. Parlent-ils ? Oui, comme la fleur parle <br>À la source des bois ; comme leur père Charle, <br>Enfant, parlait jadis à leur tante Dédé ; <br>Comme je vous parlais, de soleil inondé, <br>Ô mes frères, au temps où mon père, jeune homme, <br>Nous regardait jouer dans la caserne, à Rome, <br>À cheval sur sa grande épée, et tout petits.</div><div style="margin:10px 0">Jeanne qui dans les yeux a le myosotis,<br>Et qui, pour saisir l'ombre entr'ouvrant ses doigts frêles,<br>N'a presque pas de bras ayant encor des ailes,<br>Jeanne harangue, avec des chants où flotte un mot,<br>Georges beau comme un dieu qui serait un marmot.<br>Ce n'est pas la parole, ô ciel bleu, c'est le verbe ;<br>C'est la langue infinie, innocente et superbe<br>Que soupirent les vents, les forêts et les flots ;<br>Les pilotes Jason, Palinure et Typhlos<br>Entendaient la sirène avec cette voix douce<br>Murmurer l'hymne obscur que l'eau profonde émousse ;<br>C'est la musique éparse au fond du mois de mai<br>Qui fait que l'un dit : J'aime, et l'autre, hélas : J'aimai ;<br>C'est le langage vague et lumineux des êtres<br>Nouveau-nés, que la vie attire à ses fenêtres,<br>Et qui, devant avril, éperdus, hésitants,<br>Bourdonnent à la vitre immense du printemps.<br>Ces mots mystérieux que Jeanne dit à George,<br>C'est l'idylle du cygne avec le rouge-gorge,<br>Ce sont les questions que les abeilles font,<br>Et que le lys naïf pose au moineau profond ;<br>C'est ce dessous divin de la vaste harmonie,<br>Le chuchotement, l'ombre ineffable et bénie<br>Jasant, balbutiant des bruits de vision,<br>Et peut-être donnant une explication ;<br>Car les petits enfants étaient hier encore<br>Dans le ciel, et savaient ce que la terre ignore.<br>Ô Jeanne ! Georges ! voix dont j'ai le coeur saisi !<br>Si les astres chantaient, ils bégaieraient ainsi.<br>Leur front tourné vers nous nous éclaire et nous dore.<br>Oh ! d'où venez-vous donc, inconnus qu'on adore ?<br>Jeanne a l'air étonné ; Georges a les yeux hardis.<br>Ils trébuchent, encore ivres du paradis.</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poem by <a href="http://en.citatepedia.ro/by.php?a=Victor+Hugo">Victor Hugo</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=533970" data-title="Georges Et Jeanne de Victor Hugo" data-description="Moi qu'un petit enfant rend tout à fait stupide, J'en ai deux ; George et Jeanne ; et je prends l'un pour guide Et l'autre pour lumière, et j'accours à leur voix, Vu que George a deux ans et que Jeanne a dix mois. Leurs essais d'exister son..."></div> </div> </div>
solid border
dashed border
dotted border
double border
groove border
ridge border
inset border
outset border
no border
blue
green
red
purple
cyan
gold
silver
black