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<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=533936" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Ecrit en 1827</strong></div><div style="margin:10px 0">I</div><div style="margin:10px 0">Je suis triste quand je vois l'homme. <br>Le vrai décroît dans les esprits. <br>L'ombre qui jadis noya Rome <br>Commence à submerger Paris.</div><div style="margin:10px 0">Les rois sournois, de peur des crises, <br>Donnent aux peuples un calmant. <br>Ils font des boîtes à surprises <br>Qu'ils appellent charte et serment.</div><div style="margin:10px 0">Hélas ! nos anges sont vampires ; <br>Notre albâtre vaut le charbon ; <br>Et nos meilleurs seraient les pires <br>D'un temps qui ne serait pas bon.</div><div style="margin:10px 0">Le juste ment, le sage intrigue ; <br>Notre douceur, triste semblant, <br>N'est que la peur de la fatigue <br>Qu'on aurait d'être violent.</div><div style="margin:10px 0">Notre austérité frelatée <br>N'admet ni Hampden ni Brutus ;<br>Le syllogisme de l'athée <br>Est à l'aise dans nos vertus.</div><div style="margin:10px 0">Sur l'honneur mort la honte flotte. <br>On voit, prompt à prendre le pli, <br>Se recomposer en ilote <br>Le Spartiate démoli.</div><div style="margin:10px 0">Le ciel blêmit ; les fronts végètent ; <br>Le pain du travailleur est noir ; <br>Et des prêtres insulteurs jettent <br>De la fange avec l'encensoir.</div><div style="margin:10px 0">C'est à peine, ô sombres années ! <br>Si les yeux de l'homme obscurcis, <br>L'aube et la raison condamnées, <br>Obtiennent de l'ombre un sursis.</div><div style="margin:10px 0">Le passé règne ; il nous menace ; <br>Le trône est son premier sujet ; <br>Apre, il remet sa dent tenace <br>Sur l'esprit humain qu'il rongeait.</div><div style="margin:10px 0">Le prince est bonhomme ; la rue <br>Est pourtant sanglante. - Bravo ! <br>Dit Dracon. - La royauté grue <br>Monte sur le roi soliveau.</div><div style="margin:10px 0">Les actions sont des cloaques, <br>Les consciences des égouts ; <br>L'un vendrait la France aux cosaques, <br>L'autre vendrait l'âme aux hiboux.</div><div style="margin:10px 0">La religion sombre emploie <br>Pour le sang, la guerre et le fer, <br>Les textes du ciel qu'elle ploie <br>Au sens monstrueux de l'enfer.</div><div style="margin:10px 0">La renommée aux vents répète <br>Des noms impurs soir et matin, <br>Et l'on peut voir à sa trompette <br>De la salive d'Arétin.</div><div style="margin:10px 0">La fortune, reine enivrée, <br>De ce vieux Paris, notre aïeul, <br>Lui met une telle livrée <br>Qu'on préférerait le linceul.</div><div style="margin:10px 0">La victoire est une drôlesse ; <br>Cette vivandière au flanc nu <br>Rit de se voir mener en laisse <br>Par le premier goujat venu.</div><div style="margin:10px 0">Point de Condés, des La Feuillades ; <br>Mars et Vénus dans leur clapier ; <br>Je n'admire point les oeillades <br>De cette fille à ce troupier.</div><div style="margin:10px 0">Partout l'or sur la pourriture, <br>L'idéal en proie aux moqueurs, <br>Un abaissement de stature <br>D'accord avec la nuit des coeurs.</div><div style="margin:10px 0">II</div><div style="margin:10px 0">Mais tourne le dos, ma pensée ! <br>Viens ; les bois sont d'aube empourprés <br>Sois de la fête ; la rosée <br>T'a promise à la fleur des prés.</div><div style="margin:10px 0">Quitte Paris pour la feuillée. <br>Une haleine heureuse est dans l'air ; <br>La vaste joie est réveillée ; <br>Quelqu'un rit dans le grand ciel clair.</div><div style="margin:10px 0">Viens sous l'arbre aux voix étouffées, <br>Viens dans les taillis pleins d'amour <br>Où la nuit vont danser les fées <br>Et les paysannes le jour.</div><div style="margin:10px 0">Viens, on t'attend dans la nature. <br>Les martinets sont revenus ; <br>L'eau veut te conter l'aventure <br>Des bas ôtés et des pieds nus.</div><div style="margin:10px 0">C'est la grande orgie ingénue <br>Des nids, des ruisseaux, des forêts, <br>Des rochers, des fleurs, de la nue ; <br>La rose a dit que tu viendrais.</div><div style="margin:10px 0">Quitte Paris. La plaine est verte ; <br>Le ciel, cherché des yeux en pleurs, <br>Au bord de sa fenêtre ouverte <br>Met avril, ce vase de fleurs.</div><div style="margin:10px 0">L'aube a voulu, l'aube superbe, <br>Que pour toi le champ s'animât.<br>L'insecte est au bout du brin d'herbe <br>Comme un matelot au grand mât.</div><div style="margin:10px 0">Que t'importe Fouché de Nantes <br>Et le prince de Bénévent ! <br>Les belles mouches bourdonnantes <br>Emplissent l'azur et le vent.</div><div style="margin:10px 0">Je ne comprends plus tes murmures <br>Et je me déclare content <br>Puisque voilà les fraises mûres <br>Et que l'iris sort de l'étang.</div><div style="margin:10px 0">III</div><div style="margin:10px 0">Fuyons avec celle que j'aime. <br>Paris trouble l'amour. Fuyons. <br>Perdons-nous dans l'oubli suprême <br>Des feuillages et des rayons.</div><div style="margin:10px 0">Les bois sont sacrés ; sur leurs cimes <br>Resplendit le joyeux été ; <br>Et les forêts sont des abîmes <br>D'allégresse et de liberté.</div><div style="margin:10px 0">Toujours les coeurs les plus moroses <br>Et les cerveaux les plus boudeurs <br>Ont vu le bon côté des choses <br>S'éclairer dans les profondeurs.</div><div style="margin:10px 0">Tout reluit ; le matin rougeoie ; <br>L'eau brille ; on court dans le ravin ;<br>La gaieté monte sur la joie <br>Comme la mousse sur le vin.</div><div style="margin:10px 0">La tendresse sort des corolles ; <br>Le rosier a l'air d'un amant. <br>Comme on éclate en choses folles, <br>Et comme on parle innocemment !</div><div style="margin:10px 0">Ô fraîcheur du rire ! ombre pure ! <br>Mystérieux apaisement ! <br>Dans l'immense lueur obscure <br>On s'emplit d'éblouissement.</div><div style="margin:10px 0">Adieu les vains soucis funèbres ! <br>On ne se souvient que du beau. <br>Si toute la vie est ténèbres, <br>Toute la nature est flambeau.</div><div style="margin:10px 0">Qu'ailleurs la bassesse soit grande, <br>Que l'homme soit vil et bourbeux, <br>J'en souris, pourvu que j'entende <br>Une clochette au cou des boeufs.</div><div style="margin:10px 0">Il est bien certain que les sources, <br>Les arbres pleins de doux ébats, <br>Les champs, sont les seules ressources <br>Que l'âme humaine ait ici-bas.</div><div style="margin:10px 0">Ô solitude, tu m'accueilles <br>Et tu m'instruis sous le ciel bleu ; <br>Un petit oiseau sous les feuilles, <br>Chantant, suffit à prouver Dieu.</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poem by <a href="http://en.citatepedia.ro/by.php?a=Victor+Hugo">Victor Hugo</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=533936" data-title="Ecrit en 1827 de Victor Hugo" data-description="I Je suis triste quand je vois l'homme. Le vrai décroît dans les esprits. L'ombre qui jadis noya Rome Commence à submerger Paris. Les rois sournois, de peur des crises, Donnent aux peuples un calmant. Ils font des boîtes à surprises Q..."></div> </div> </div>
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