Click in the field, then press CTRL+C to copy the HTML code
Copy
<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=533913" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Claire</strong></div><div style="margin:10px 0">Quoi donc ! la vôtre aussi ! la vôtre suit la mienne !<br>O mère au coeur profond, mère, vous avez beau<br>Laisser la porte ouverte afin qu'elle revienne,<br>Cette pierre là-bas dans l'herbe est un tombeau !</div><div style="margin:10px 0">La mienne disparut dans les flots qui se mêlent ;<br>Alors, ce fut ton tour, Claire, et tu t'envolas.<br>Est-ce donc que là-haut dans l'ombre elles s'appellent,<br>Qu'elles s'en vont ainsi l'une après l'autre, hélas ?</div><div style="margin:10px 0">Enfant qui rayonnais, qui chassais la tristesse,<br>Que ta mère jadis berçait de sa chanson,<br>Qui d'abord la charmas avec ta petitesse<br>Et plus tard lui remplis de clarté l'horizon,</div><div style="margin:10px 0">Voilà donc que tu dors sous cette pierre grise !<br>Voilà que tu n'es plus, ayant à peine été !<br>L'astre attire le lys, et te voilà reprise,<br>O vierge, par l'azur, cette virginité !</div><div style="margin:10px 0">Te voilà remontée au firmament sublime,<br>Échappée aux grands cieux comme la grive aux bois,<br>Et, flamme, aile, hymne, odeur, replongée à l'abîme<br>Des rayons, des amours, des parfums et des voix !</div><div style="margin:10px 0"><br>Nous ne t'entendrons plus rire en notre nuit noire.<br>Nous voyons seulement, comme pour nous bénir,<br>Errer dans notre ciel et dans notre mémoire<br>Ta figure, nuage, et ton nom, souvenir !</div><div style="margin:10px 0">Pressentais-tu déjà ton sombre épithalame ?<br>Marchant sur notre monde à pas silencieux,<br>De tous les idéals tu composais ton âme,<br>Comme si tu faisais un bouquet pour les cieux !</div><div style="margin:10px 0">En te voyant si calme et toute lumineuse,<br>Les coeurs les plus saignants ne haïssaient plus rien.<br>Tu passais parmi nous comme Ruth la glaneuse ,<br>Et, comme Ruth l'épi, tu ramassais le bien.</div><div style="margin:10px 0">La nature, ô front pur, versait sur toi sa grâce,<br>L'aurore sa candeur, et les champs leur bonté ;<br>Et nous retrouvions, nous sur qui la douleur passe,<br>Toute cette douceur dans toute ta beauté !</div><div style="margin:10px 0">Chaste, elle paraissait ne pas être autre chose<br>Que la forme qui sort des cieux éblouissants ;<br>Et de tous les rosiers elle semblait la rose,<br>Et de tous les amours elle semblait l'encens.</div><div style="margin:10px 0">Ceux qui n'ont pas connu cette charmante fille<br>Ne peuvent pas savoir ce qu'était ce regard<br>Transparent comme l'eau qui s'égaie et qui brille<br>Quand l'étoile surgit sur l'océan hagard.</div><div style="margin:10px 0">Elle était simple, franche, humble, naïve et bonne ;<br>Chantant à demi-voix son chant d'illusion,<br>Ayant je ne sais quoi dans toute sa personne<br>De vague et de lointain comme la vision.</div><div style="margin:10px 0">On sentait qu'elle avait peu de temps sur la terre,<br>Qu'elle n'apparaissait que pour s'évanouir,<br>Et qu'elle acceptait peu sa vie involontaire ;<br>Et la tombe semblait par moments l'éblouir.</div><div style="margin:10px 0">Elle a passé dans l'ombre où l'homme se résigne ;<br>Le vent sombre soufflait ; elle a passé sans bruit,<br>Belle, candide, ainsi qu'une plume de cygne<br>Qui reste blanche, même en traversant la nuit !</div><div style="margin:10px 0">Elle s'en est allée à l'aube qui se lève,<br>Lueur dans le matin, vertu dans le ciel bleu,<br>Bouche qui n'a connu que le baiser du rêve,<br>Ame qui n'a dormi que dans le lit de Dieu !</div><div style="margin:10px 0">Nous voici maintenant en proie aux deuils sans bornes,<br>Mère, à genoux tous deux sur des cercueils sacrés,<br>Regardant à jamais dans les ténèbres mornes<br>La disparition des êtres adorés !</div><div style="margin:10px 0">Croire qu'ils resteraient ! quel songe ! Dieu les presse. <br>Même quand leurs bras blancs sont autour de nos cous, <br>Un vent du ciel profond fait frissonner sans cesse<br>Ces fantômes charmants que nous croyons à nous.</div><div style="margin:10px 0">Ils sont là, près de nous, jouant sur notre route ;<br>Ils ne dédaignent pas notre soleil obscur, <br>Et derrière eux, et sans que leur candeur s'en doute, <br>Leurs ailes font parfois de l'ombre sur le mur.</div><div style="margin:10px 0">Ils viennent sous nos toits ; avec nous ils demeurent ;<br>Nous leur disons : Ma fille, ou : Mon fils ; ils sont doux,<br>Riants, joyeux, nous font une caresse, et meurent. -<br>O mère, ce sont là les anges, voyez-vous !</div><div style="margin:10px 0">C'est une volonté du sort, pour nous sévère,<br>Qu'ils rentrent vite au ciel resté pour eux ouvert ;<br>Et qu'avant d'avoir mis leur lèvre à notre verre,<br>Avant d'avoir rien fait et d'avoir rien souffert,</div><div style="margin:10px 0">Ils partent radieux ; et qu'ignorant l'envie,<br>L'erreur, l'orgueil, le mal, la haine, la douleur,<br>Tous ces êtres bénis s'envolent de la vie<br>A l'âge où la prunelle innocente est en fleur !</div><div style="margin:10px 0">Nous qui sommes démons ou qui sommes apôtres, <br>Nous devons travailler, attendre, préparer ; <br>Pensifs, nous expions pour nous-même ou pour d'autres ; <br>Notre chair doit saigner, nos yeux doivent pleurer.</div><div style="margin:10px 0">Eux, ils sont l'air qui fuit, l'oiseau qui ne se pose<br>Qu'un instant, le soupir qui vole, avril vermeil<br>Qui brille et passe ; ils sont le parfum de la rose<br>Qui va rejoindre aux cieux le rayon du soleil !</div><div style="margin:10px 0">Ils ont ce grand dégoût mystérieux de l'âme<br>Pour notre chair coupable et pour notre destin ;<br>Ils ont, êtres rêveurs qu'un autre azur réclame,<br>Je ne sais quelle soif de mourir le matin !</div><div style="margin:10px 0">Ils sont l'étoile d'or se couchant dans l'aurore,<br>Mourant pour nous, naissant pour l'autre firmament ;<br>Car la mort, quand un astre en son sein vient éclore,<br>Continue, au delà, l'épanouissement !</div><div style="margin:10px 0">Oui, mère, ce sont là les élus du mystère, <br>Les envoyés divins, les ailés, les vainqueurs, <br>A qui Dieu n'a permis que d'effleurer la terre <br>Pour faire un peu de joie à quelques pauvres coeurs.</div><div style="margin:10px 0">Comme l'ange à Jacob, comme Jésus à Pierre, <br>Ils viennent jusqu'à nous qui loin d'eux étouffons, <br>Beaux, purs, et chacun d'eux portant sous sa paupière<br>La sereine clarté des paradis profonds.</div><div style="margin:10px 0">Puis, quand ils ont, pieux, baisé toutes nos plaies,<br>Pansé notre douleur, azuré nos raisons,<br>Et fait luire un moment l'aube à travers nos claies,<br>Et chanté la chanson du ciel dam nos maisons,</div><div style="margin:10px 0">Ils retournent là-haut parler à Dieu des hommes,<br>Et, pour lui faire voir quel est notre chemin, <br>Tout ce que nous souffrons et tout ce que nous sommes, <br>S'en vont avec un peu de terre dans la main.</div><div style="margin:10px 0">Ils s'en vont ; c'est tantôt l'éclair qui les emporte, <br>Tantôt un mal plus fort que nos soins superflus. <br>Alors, nous, pâles, froids, l'oeil fixé sur la porte, <br>Nous ne savons plus rien, sinon qu'ils ne sont plus.</div><div style="margin:10px 0">Nous disons : - A quoi bon l'âtre sans étincelles ? <br>A quoi bon la maison où ne sont plus leurs pas ? <br>A quoi bon la ramée où ne sont plus les ailes ?<br>Qui donc attendons-nous s'ils ne reviendront pas ? -</div><div style="margin:10px 0">Ils sont partis, pareils au bruit qui sort des lyres. <br>Et nous restons là, seuls, près du gouffre où tout fuit, <br>Tristes ; et la lueur de leurs charmants sourires<br>Parfois nous apparaît vaguement dans la nuit.</div><div style="margin:10px 0">Car ils sont revenus, et c'est là le mystère ; <br>Nous entendons quelqu'un flotter, un souffle errer, <br>Des robes effleurer notre seuil solitaire, <br>Et cela fait alors que nous pouvons pleurer.</div><div style="margin:10px 0">Nous sentons frissonner leurs cheveux dans notre ombre ; <br>Nous sentons, lorsqu'ayant la lassitude en nous, <br>Nous nous levons après quelque prière sombre, <br>Leurs blanches mains toucher doucement nos genoux.</div><div style="margin:10px 0">Ils nous disent tout bas de leur voix la plus tendre : <br>'Mon père, encore un peu ! ma mère, encore un jour !<br>'M'entends-tu ? je suis là, je reste pour t'attendre <br>'Sur l'échelon d'en bas de l'échelle d'amour.</div><div style="margin:10px 0">'Je t'attends pour pouvoir nous en aller ensemble. <br>'Cette vie est amère, et tu vas en sortir. <br>'Pauvre coeur, ne crains rien, Dieu vit ! la mort rassemble.<br>'Tu redeviendras ange ayant été martyr.'</div><div style="margin:10px 0">Oh ! quand donc viendrez-vous ? Vous retrouver, c'est naître. <br>Quand verrons-nous, ainsi qu'un idéal flambeau,<br>La douce étoile mort, rayonnante, apparaître <br>A ce noir horizon qu'on nomme le tombeau ?</div><div style="margin:10px 0">Quand nous en irons-nous où vous êtes, colombes !<br>Où sont les enfants morts et les printemps enfuis,<br>Et tous les chers amours dont nous sommes les tombes, <br>Et toutes les clartés dont nous sommes les nuits ?</div><div style="margin:10px 0">Vers ce grand ciel clément où sont tous les dictames, <br>Les aimés, les absents, les êtres purs et doux, <br>Les baisers des esprits et les regards des âmes, <br>Quand nous en irons-nous ? quand nous en irons-nous ?</div><div style="margin:10px 0">Quand nous en irons-nous où sont l'aube et la foudre ? <br>Quand verrons-nous, déjà libres, hommes encor, <br>Notre chair ténébreuse en rayons se dissoudre,<br>Et nos pieds faits de nuit éclore en ailes d'or ?</div><div style="margin:10px 0">Quand nous enfuirons-nous dans la joie infinie <br>Où les hymnes vivants sont des anges voilés, <br>Où l'on voit, à travers l'azur de l'harmonie, <br>La strophe bleue errer sur les luths étoilés ?</div><div style="margin:10px 0">Quand viendrez-vous chercher notre humble coeur qui sombre ? <br>Quand nous reprendrez-vous à ce monde charnel, <br>Pour nous bercer ensemble aux profondeurs de l'ombre,<br>Sous l'éblouissement du regard éternel ?</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poem by <a href="http://en.citatepedia.ro/by.php?a=Victor+Hugo">Victor Hugo</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=533913" data-title="Claire de Victor Hugo" data-description="Quoi donc ! la vôtre aussi ! la vôtre suit la mienne ! O mère au coeur profond, mère, vous avez beau Laisser la porte ouverte afin qu'elle revienne, Cette pierre là-bas dans l'herbe est un tombeau ! La mienne disparut dans les flots qui se m..."></div> </div> </div>
solid border
dashed border
dotted border
double border
groove border
ridge border
inset border
outset border
no border
blue
green
red
purple
cyan
gold
silver
black