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<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=533910" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Charles Vacquerie</strong></div><div style="margin:10px 0">Il ne sera pas dit que ce jeune homme, ô deuil ! <br>Se sera de ses mains ouvert l'affreux cercueil <br>Où séjourne l'ombre abhorrée, <br>Hélas ! et qu'il aura lui-même dans la mort <br>De ses jours généreux, encor pleins jusqu'au bord, <br>Renversé la coupe dorée, </div><div style="margin:10px 0">Et que sa mère, pâle et perdant la raison, <br>Aura vu rapporter au seuil de sa maison, <br>Sous un suaire aux plis funèbres, <br>Ce fils, naguère encor pareil au jour qui naît, <br>Maintenant blème et froid, tel que la mort venait <br>De le faire pour les ténèbres ; </div><div style="margin:10px 0">Il ne sera pas dit qu'il sera mort ainsi, <br>Qu'il aura, coeur profond et par l'amour saisi, <br>Donné sa vie à ma colombe, <br>Et qu'il l'aura suivie au lieu morne et voilé, <br>Sans que la voix du père à genoux ait parlé <br>A cet âme dans cette tombe ! </div><div style="margin:10px 0">En présence de tant d'amour et de vertu, <br>Il ne sera pas dit que je me serai tu, <br>Moi qu'attendent les maux sans nombre ! <br>Que je n'aurai point mis sur sa bière un flambeau, <br>Et que je n'aurai pas devant son noir tombeau <br>Fait asseoir une strophe sombre ! </div><div style="margin:10px 0">N'ayant pu la sauver, il a voulu mourir. <br>Sois béni, toi qui, jeune, à l'âge où vient s'offrir <br>L'espérance joyeuse encore, <br>Pouvant rester, survivre, épuiser tes printemps, <br>Ayant devant les yeux l'azur de tes vingt ans <br>Et le sourire de l'aurore, </div><div style="margin:10px 0">A tout ce que promet la jeunesse, aux plaisirs, <br>Aux nouvelles amours, aux oublieux désirs <br>Par qui toute peine est bannie, <br>A l'avenir, trésor des jours à peine éclos, <br>A la vie, au soleil, préféras sous les flots <br>L'étreinte de cette agonie ! </div><div style="margin:10px 0">Oh ! quelle sombre joie à cet être charmant <br>De se voir embrassée au suprême moment, <br>Par ton doux désespoir fidèle ! <br>La pauvre âme a souri dans l'angoisse, en sentant <br>A travers l'eau sinistre et l'effroyable instant <br>Que tu t'en venais avec elle ! </div><div style="margin:10px 0">Leurs âmes se parlaient sous les vagues rumeurs. <br>-- Que fais-tu? disait-elle. -- Et lui disait : -- Tu meurs <br>Il faut bien aussi que je meure ! <br>-- Et, les bras enlacés, doux couple frissonnant, <br>Ils se sont en allés dans l'ombre ; et maintenant, <br>On entend le fleuve qui pleure. </div><div style="margin:10px 0">Puisque tu fus si grand, puisque tu fus si doux <br>Que de vouloir mourir, jeune homme, amant, époux, <br>Qu'à jamais l'aube en ta nuit brille ! <br>Aie à jamais sur toit l'ombre de Dieu penché ! <br>Sois béni sous la pierre où te voilà couché ! <br>Dors, mon fils, auprès de ma fille ! </div><div style="margin:10px 0">Sois béni ! que la brise et que l'oiseau des bois, <br>Passants mystérieux, de leur plus douce voix <br>Te parlent dans ta maison sombre ! <br>Que la source te pleure avec sa goutte d'eau ! <br>Que le frais liseron se glisse en ton tombeau <br>Comme une caresse de l'ombre ! </div><div style="margin:10px 0">Oh ! s'immoler, sortir avec l'ange qui sort, <br>Suivre ce qu'on aima dans l'horreur de la mort, <br>Dans le sépulcre ou sur les claies, <br>Donner ses jours, son sang et ses illusions !... -- <br>Jésus baise en pleurant ces saintes actions <br>Avec les lèvres de ses plaies. </div><div style="margin:10px 0">Rien n'égale ici-bas, rien n'atteint sous les cieux <br>Ces héros, doucement saignants et radieux, <br>Amour, qui n'ont que toi pour règle ; <br>Le génie à l'oeil fixe, au vaste élan vainqueur, <br>Lui-même est dépassé par ces essors du coeur ; <br>L'ange vole plus haut que l'aigle. </div><div style="margin:10px 0">Dors ! -- O mes douloureux et sombres bien-aimés ! <br>Dormez le chaste hymen du sépulcre ! dormez ! <br>Dormez au bruit du flot qui gronde, <br>Tandis que l'homme souffre, et que le vent lointain <br>Chasse les noirs vivants à travers le destin, <br>Et les marins à travers l'onde ! </div><div style="margin:10px 0">Ou plutôt, car la mort n'est pas un lourd sommeil, <br>Envolez-vous tous deux dans l'abîme vermeil, <br>Dans les profonds gouffres de joie, <br>Où le juste qui meurt semble un soleil levant, <br>Où la mort au front pâle est comme un lys vivant, <br>Où l'ange frissonnant flamboie ! </div><div style="margin:10px 0">Fuyez, mes doux oiseaux ! évadez-vous tous deux <br>Loin de notre nuit froide et loin du mal hideux ! Franchissez l'éther d'un coup d'aile ! <br>Volez loin de ce monde, âpre hiver sans clarté, <br>Vers cette radieuse et bleue éternité, <br>Dont l'âme humaine est l'hirondelle ! </div><div style="margin:10px 0">O chers êtres absents, on ne vous verra plus <br>Marcher au vert penchant des coteaux chevelus, <br>Disant tout bas de douces choses ! <br>Dans le mois des chansons, des nids et des lilas, <br>Vous n'irez plus semant des sourires, hélas ! <br>Vous n'irez plus cueillant des roses ! </div><div style="margin:10px 0">On ne vous verra plus, dans ces sentiers joyeux, <br>Errer, et, comme si vous évitiez les yeux <br>De l'horizon vaste et superbe, <br>Chercher l'obscur asile et le taillis profond <br>Où passent des rayons qui tremblent et qui font <br>Des taches de soleil sur l'herbe ! </div><div style="margin:10px 0">Villequier, Caudebec, et tous ces frais vallons, <br>Ne vous entendront plus vous écrier : «Allons, <br>Le vent est bon, la Seine est belle !» <br>Comme ces lieux charmants vont être pleins d'ennui ! <br>Les hardis goëlands ne diront plus : C'est lui! <br>Les fleurs ne diront plus : C'est elle ! </div><div style="margin:10px 0">Dieu, qui ferme la vie et rouvre l'idéal, <br>Fait flotter à jamais votre lit nuptial <br>Sous le grand dôme aux clairs pilastres ; <br>En vous prenant la terre, il vous prit les douleurs ; <br>Ce père souriant, pour les champs pleins de fleurs, <br>Vous donne les cieux remplis d'astres ! </div><div style="margin:10px 0">Allez des esprits purs accroître la tribu. <br>De cette coupe amère où vous n'avez pas bu, <br>Hélas ! nous viderons le reste. <br>Pendant que nous pleurons, de sanglots abreuvés, <br>Vous, heureux, enivrés de vous-mêmes, vivez <br>Dans l'éblouissement céleste ! </div><div style="margin:10px 0">Vivez ! aimez ! ayez les bonheurs infinis. <br>Oh ! les anges pensifs, bénissant et bénis, <br>Savent seuls, sous les sacrés voiles, <br>Ce qu'il entre d'extase, et d'ombre, et de ciel bleu, <br>Dans l'éternel baiser de deux âmes que Dieu <br>Tout à coup change en deux étoiles !</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poem by <a href="http://en.citatepedia.ro/by.php?a=Victor+Hugo">Victor Hugo</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=533910" data-title="Charles Vacquerie de Victor Hugo" data-description="Il ne sera pas dit que ce jeune homme, ô deuil ! Se sera de ses mains ouvert l'affreux cercueil Où séjourne l'ombre abhorrée, Hélas ! et qu'il aura lui-même dans la mort De ses jours généreux, encor pleins jusqu'au bord, Renversé la ..."></div> </div> </div>
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