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<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=533886" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Ce que dit la bouche d'ombre (II)</strong></div><div style="margin:10px 0">Espérez ! espérez ! espérez, misérables !<br>Pas de deuil infini, pas de maux incurables, <br>Pas d'enfer éternel !<br>Les douleurs vont à Dieu, comme la flèche aux cibles ; <br>Les bonnes actions sont les gonds invisibles <br>De la porte du ciel.</div><div style="margin:10px 0">Le deuil est la vertu, le remords est le pôle <br>Des monstres garrottés dont le gouffre est la geôle ;<br>Quand, devant Jéhovah, <br>Un vivant reste pur dans les ombres charnelles, <br>La mort, ange attendri, rapporte ses deux ailes <br>A l'homme qui s'en va.</div><div style="margin:10px 0">Les enfers se refont édens ; c'est là leur tâche. <br>Tout globe est un oiseau que le mal tient et lâche. <br>Vivants, je vous le dis, <br>Les vertus, parmi vous, font ce labeur auguste <br>D'augmenter sur vos fronts le ciel ; quiconque est juste <br>Travaille au paradis.</div><div style="margin:10px 0">L'heure approche. Espérez. Rallumez l'âme éteinte !<br>Aimez-vous ! aimez-vous ! car c'est la chaleur sainte,<br>C'est le feu du vrai jour. <br>Le sombre univers, froid, glacé, pesant, réclame<br>La sublimation de l'être par la flamme,<br>De l'homme par l'amour !</div><div style="margin:10px 0">Déjà, dans l'océan d'ombre que Dieu domine, <br>L'archipel ténébreux des bagnes s'illumine ; <br>Dieu, c'est le grand aimant ; <br>Et les globes, ouvrant leur sinistre prunelle,<br>Vers les immensités de l'aurore éternelle<br>Se tournent lentement.</div><div style="margin:10px 0">Oh ! comme vont chanter toutes les harmonies,<br>Comme rayonneront dans les sphères bénies<br>Les faces de clarté, <br>Comme les firmaments se fondront en délires,<br>Comme tressailleront toutes les grandes lyres <br>De la sérénité,</div><div style="margin:10px 0">Quand, du monstre matière ouvrant toutes les serres,<br>Faisant évanouir en splendeurs les misères,<br>Changeant l'absinthe en miel,<br>Inondant de beauté la nuit diminuée,<br>Ainsi que le soleil tire à lui la nuée<br>Et l'emplit d'arcs-en-ciel,</div><div style="margin:10px 0">Dieu, de son regard fixe attirant les ténèbres, <br>Voyant vers lui, du fond des cloaques funèbres <br>Où le mal le pria, <br>Monter l'énormité bégayant des louanges, <br>Fera rentrer, parmi les univers archanges, <br>L'univers paria !</div><div style="margin:10px 0">On verra palpiter les fanges éclairées, <br>Et briller les laideurs les plus désespérées <br>Au faîte le plus haut, <br>L'araignée éclatante au seuil des bleus pilastres <br>Luire, et se redresser, portant des épis d'astres,<br>La paille du cachot !</div><div style="margin:10px 0">La clarté montera dans tout comme une sève ;<br>On verra rayonner au front du boeuf qui rêve<br>Le céleste croissant ; <br>Le charnier chantera dans l'horreur qui l'encombre, <br>Et sur tous les fumiers apparaîtra dans l'ombre <br>Un Job resplendissant !</div><div style="margin:10px 0">O disparition de l'antique anathème !<br>La profondeur disant à la hauteur : Je t'aime !<br>O retour du banni !<br>Quel éblouissement au fond des cieux sublimes !<br>Quel surcroît de clarté que l'ombre des abîmes <br>S'écriant : Sois béni !</div><div style="margin:10px 0">On verra le troupeau des hydres formidables<br>Sortir, monter du fond des brumes insondables <br>Et se transfîgurer ;<br>Des étoiles éclore aux trous noirs de leurs crânes, <br>Dieu juste ! et par degrés devenant diaphanes, <br>Les monstres s'azurer !</div><div style="margin:10px 0">Ils viendront, sans pouvoir ni parler ni répondre, <br>Éperdus ! on verra des auréoles fondre <br>Les cornes de leur front ;<br>Ils tiendront dans leur griffe, au milieu des cieux calmes, <br>Des rayons frissonnants semblables à des palmes ; <br>Les gueules baiseront !</div><div style="margin:10px 0">Ils viendront ! ils viendront, tremblants, brisés d'extase, <br>Chacun d'eux débordant de sanglots comme un vase, <br>Mais pourtant sans effroi ; <br>On leur tendra les bras de la haute demeure, <br>Et Jésus, se penchant sur Bélial qui pleure, <br>Lui dira : C'est donc toi !</div><div style="margin:10px 0">Et vers Dieu par la main il conduira ce frère !<br>Et, quand ils seront près des degrés de lumière <br>Par nous seuls aperçus, <br>Tous deux seront si beaux, que Dieu dont l'oeil flamboie <br>Ne pourra distinguer, père ébloui de joie, <br>Bélial de Jésus !</div><div style="margin:10px 0">Tout sera dit. Le mal expirera ; les larmes <br>Tariront ; plus de fers, plus de deuils, plus d'alarmes ; <br>L'affreux gouffre inclément <br>Cessera d'être sourd, et bégaiera : Qu'entends-je ?<br>Les douleurs finiront dans toute l'ombre ; un ange <br>Criera : Commencement !</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poem by <a href="http://en.citatepedia.ro/by.php?a=Victor+Hugo">Victor Hugo</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=533886" data-title="Ce que dit la bouche d'ombre (II) de Victor Hugo" data-description="Espérez ! espérez ! espérez, misérables ! Pas de deuil infini, pas de maux incurables, Pas d'enfer éternel ! Les douleurs vont à Dieu, comme la flèche aux cibles ; Les bonnes actions sont les gonds invisibles De la porte du ciel. Le deu..."></div> </div> </div>
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