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<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=533885" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Ce que dit la bouche d'ombre (I)</strong></div><div style="margin:10px 0">(extraits)</div><div style="margin:10px 0">... Les fleurs souffrent sous le ciseau,<br>Et se ferment ainsi que des paupières closes ; <br>Toutes les femmes sont teintes du sang des roses ; <br>La vierge au bal, qui danse, ange aux fraîches couleurs, <br>Et qui porte en sa main une touffe de fleurs, <br>Respire en souriant un bouquet d'agonies. <br>Pleurez sur les laideurs et les ignominies,<br>Pleurez sur l'araignée immonde, sur le ver, <br>Sur la limace au dos mouillé comme l'hiver,<br>Sur le vil puceron qu'on voit aux feuilles pendre,<br>Sur le crabe hideux, sur l'affreux scolopendre, <br>Sur l'effrayant crapaud, pauvre monstre aux doux yeux, <br>Qui regarde toujours le ciel mystérieux ! <br>Plaignez l'oiseau de crime et la bête de proie. <br>Ce que Domitien, César, fit avec joie, <br>Tigre, il le continue avec horreur. Verrès, <br>Qui fut loup sous la pourpre, est loup dans les forêts ;<br>Il descend, réveillé, l'autre côté du rêve : <br>Son rire, au fond des bois, en hurlement s'achève ; <br>Pleurez sur ce qui hurle et pleurez sur Verrès.<br>Sur ces tombeaux vivants, marqués d'obscurs arrêts, <br>Penchez-vous attendri ! versez votre prière !<br>La pitié fait sortir des rayons de la pierre. <br>Plaignez le louveteau, plaignez le lionceau. <br>La matière, affreux bloc, n'est que le lourd monceau<br>Des effets monstrueux, sortis des sombres causes. <br>Ayez pitié ! voyez des âmes dans les choses. <br>Hélas ! le cabanon subit aussi l'écrou ; <br>Plaignez le prisonnier, mais plaignez le verrou ; <br>Plaignez la chaîne au fond des bagnes insalubres ; <br>La hache et le billot sont deux êtres lugubres ; <br>La hache souffre autant que le corps, le billot <br>Souffre autant que la tête ; ô mystères d'en haut !<br>Ils se livrent une âpre et hideuse bataille ; <br>Il ébrèche la hache et la hache l'entaille ; <br>Ils se disent tout bas l'un à l'autre : Assassin !<br>Et la hache maudit les hommes, sombre essaim, <br>Quand, le soir, sur le dos du bourreau, son ministre, <br>Elle revient dans l'ombre, et luit, miroir sinistre, <br>Ruisselante de sang et reflétant les cieux ; <br>Et, la nuit, dans l'étal morne et silencieux,<br>Le cadavre au cou rouge, effrayant, glacé, blême, <br>Seul, sait ce que lui dit le billot, tronc lui-même. <br>Oh ! que la terre est froide et que les rocs sont durs !<br>Quelle muette horreur dans les halliers obscurs !<br>Les pleurs noirs de la nuit sur la colombe blanche <br>Tombent ; le vent met nue et torture la branche ; <br>Quel monologue affreux dans l'arbre aux rameaux verts !<br>Quel frisson dans l'herbe ! Oh ! quels yeux fixes ouverts<br>Dans les cailloux profonds, oubliettes des âmes !<br>C'est une âme que l'eau scie en ses froides lames ; <br>C'est une âme que fait ruisseler le pressoir. <br>Ténèbres ! l'univers est hagard. Chaque soir, <br>Le noir horizon monte et la nuit noire tombe ; <br>Tous deux, à l'occident, d'un mouvement de tombe,<br>Ils vont se rapprochant, et, dans le firmament, <br>O terreur ! sur le jour, écrasé lentement, <br>La tenaille de l'ombre effroyable se ferme.<br>Oh ! les berceaux font peur. Un bagne est dans un germe.<br>Ayez pitié, vous tous et qui que vous soyez !<br>Les hideux châtiments, l'un sur l'autre broyés, <br>Roulent, submergeant tout, excepté les mémoires.</div><div style="margin:10px 0">Parfois on voit passer dans ces profondeurs noires, <br>Comme un rayon lointain de l'éternel amour ; <br>Alors l'hyène Atrée et le chacal Timour, <br>Et l'épine Caïphe et le roseau Pilate, <br>Le volcan Alaric à la gueule écarlate, <br>L'ours Henri huit, pour qui Morus en vain pria, <br>Le sanglier Selim et le porc Borgia, <br>Poussent des cris vers l'Être adorable ; et les bêtes <br>Qui portèrent jadis des mitres sur leurs têtes, <br>Les grains de sable rois, les brins d'herbe empereurs, <br>Tous les hideux orgueils et toutes les fureurs, <br>Se brisent ; la douceur saisit le plus farouche ; <br>Le chat lèche l'oiseau, l'oiseau baise la mouche ; <br>Le vautour dit dans l'ombre au passereau : Pardon !<br>Une caresse sort du houx et du chardon ; <br>Tous les rugissements se fondent en prières ; <br>On entend s'accuser de leurs forfaits les pierres ;<br>Tous ces sombres cachots qu'on appelle les fleurs <br>Tressaillent ; le rocher se met à fondre en pleurs ;<br>Des bras se lèvent hors de la tombe dormante ; <br>Le vent gémit, la nuit se plaint, l'eau se lamente, <br>Et, sous l'oeil attendri qui regarde d'en haut, <br>Tout l'abîme n'est plus qu'un immense sanglot.</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poem by <a href="http://en.citatepedia.ro/by.php?a=Victor+Hugo">Victor Hugo</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=533885" data-title="Ce que dit la bouche d'ombre (I) de Victor Hugo" data-description="(extraits) ... Les fleurs souffrent sous le ciseau, Et se ferment ainsi que des paupières closes ; Toutes les femmes sont teintes du sang des roses ; La vierge au bal, qui danse, ange aux fraîches couleurs, Et qui porte en sa main une touffe..."></div> </div> </div>
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