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<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=533879" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Bièvre</strong></div><div style="margin:10px 0">A Mademoiselle Louise B.</div><div style="margin:10px 0"><br>Un horizon fait à souhait pour le plaisir des yeux. Fénelon</div><div style="margin:10px 0"><br>I</div><div style="margin:10px 0">Oui, c'est bien le vallon ! le vallon calme et sombre ! <br>Ici l'été plus frais s'épanouit à l'ombre. <br>Ici durent longtemps les fleurs qui durent peu. <br>Ici l'âme contemple, écoute, adore, aspire, <br>Et prend pitié du monde, étroit et fol empire <br>Où l'homme tous les jours fait moins de place à Dieu !</div><div style="margin:10px 0">Une rivière au fond ; des bois sur les deux pentes. <br>Là, des ormeaux, brodés de cent vignes grimpantes ; <br>Des prés, où le faucheur brunit son bras nerveux ; <br>Là, des saules pensifs qui pleurent sur la rive, <br>Et, comme une baigneuse indolente et naïve, <br>Laissent tremper dans l'eau le bout de leurs cheveux.</div><div style="margin:10px 0">Là-bas, un gué bruyant dans des eaux poissonneuses <br>Qui montrent aux passants lés jambes des faneuses ;<br>Des carrés de blé d'or ; des étangs au flot clair ; <br>Dans l'ombre, un mur de craie et des toits noirs de suie ;<br>Les ocres des ravins, déchirés par la pluie ; <br>Et l'aqueduc au loin qui semble un pont de l'air.</div><div style="margin:10px 0">Et, pour couronnement à ces collines vertes, <br>Les profondeurs du ciel toutes grandes ouvertes, <br>Le ciel, bleu pavillon par Dieu même construit, <br>Qui, le jour, emplissant de plis d'azur l'espace, <br>Semble un dais suspendu sur le soleil qui passe, <br>Et dont on ne peut voir les clous d'or que la nuit !</div><div style="margin:10px 0">Oui, c'est un de ces lieux où notre coeur sent vivre <br>Quelque chose des cieux qui flotte et qui l'enivre ; <br>Un de ces lieux qu'enfant j'aimais et je rêvais, <br>Dont la beauté sereine, inépuisable, intime, <br>Verse à l'âme un oubli sérieux et sublime <br>De tout ce que la terre et l'homme ont de mauvais !</div><div style="margin:10px 0">II</div><div style="margin:10px 0">Si dès l'aube on suit les lisières <br>Du bois, abri des jeunes faons, <br>Par l'âpre chemin dont les pierres <br>Offensent les mains des enfants, <br>A l'heure où le soleil s'élève, <br>Où l'arbre sent monter la sève, <br>La vallée est comme un beau rêve.<br>La brume écarte son rideau. <br>Partout la nature s'éveille ; <br>La fleur s'ouvre, rose et vermeille ; <br>La brise y suspend une abeille, <br>La rosée une goutte d'eau !</div><div style="margin:10px 0">Et dans ce charmant paysage <br>Où l'esprit flotte, où l'oeil s'enfuit, <br>Le buisson, l'oiseau de passage, <br>L'herbe qui tremble et qui reluit, <br>Le vieil arbre que l'âge ploie, <br>Le donjon qu'un moulin coudoie, <br>Le ruisseau de moire et de soie, <br>Le champ où dorment les aïeux, <br>Ce qu'on voit pleurer ou sourire, <br>Ce qui chante et ce qui soupire, <br>Ce qui parle et ce qui respire, <br>Tout fait un bruit harmonieux !</div><div style="margin:10px 0">III</div><div style="margin:10px 0">Et si le soir, après mille errantes pensées, <br>De sentiers en sentiers en marchant dispersées, <br>Du haut de la colline on descend vers ce toit <br>Qui vous a tout le jour, dans votre rêverie, <br>Fait regarder en bas, au fond de la prairie, <br>Comme une belle fleur qu'on voit ;</div><div style="margin:10px 0">Et si vous êtes là, vous dont la main de flamme <br>Fait parler au clavier la langue de votre âme ;<br>Si c'est un des moments, doux et mystérieux, <br>Ou la musique, esprit d'extase et de délire <br>Dont les ailes de feu font le bruit d'une lyre, <br>Réverbère en vos chants la splendeur de vos yeux ;</div><div style="margin:10px 0">Si les petits enfants, qui vous cherchent sans cesse, <br>Mêlent leur joyeux rire au chant qui vous oppresse ; <br>Si votre noble père à leurs jeux turbulents <br>Sourit, en écoutant votre hymne commencée, <br>Lui, le sage et l'heureux, dont la jeune pensée <br>Se couronne de cheveux blancs ;</div><div style="margin:10px 0">Alors, à cette voix qui remue et pénètre, <br>Sous ce ciel étoilé qui luit à la fenêtre, <br>On croit à la famille, au repos, au bonheur ; <br>Le coeur se fond en joie, en amour, en prière ; <br>On sent venir des pleurs au bord de sa paupière ; <br>On lève au ciel les mains en s'écriant : Seigneur !</div><div style="margin:10px 0">IV</div><div style="margin:10px 0">Et l'on ne songe plus, tant notre âme saisie <br>Se perd dans la nature et dans la poésie, <br>Que tout prés, par les bois et les ravins caché, <br>Derrière le ruban de ces collines bleues, <br>A quatre de ces pas que nous nommons des lieues, <br>Le géant Paris est couché !</div><div style="margin:10px 0">On ne s'informe plus si la ville fatale, <br>Du monde en fusion ardente capitale,<br>Ouvre et ferme à tel jour ses cratères fumants ; <br>Et de quel air les rois, à l'instant où nous sommes, <br>Regardent bouillonner dans ce Vésuve d'hommes <br>La lave des événements !</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poem by <a href="http://en.citatepedia.ro/by.php?a=Victor+Hugo">Victor Hugo</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=533879" data-title="Bièvre de Victor Hugo" data-description="A Mademoiselle Louise B. Un horizon fait à souhait pour le plaisir des yeux. Fénelon I Oui, c'est bien le vallon ! le vallon calme et sombre ! Ici l'été plus frais s'épanouit à l'ombre. Ici durent longtemps les fleurs qui durent peu. ..."></div> </div> </div>
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