Click in the field, then press CTRL+C to copy the HTML code
Copy
<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=533822" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>A mademoiselle Louise B.</strong></div><div style="margin:10px 0">Ô vous l'âme profonde ! ô vous la sainte lyre !<br>Vous souvient-il des temps d'extase et de délire,<br>Et des jeux triomphants,<br>Et du soir qui tombait des collines prochaines ?<br>Vous souvient-il des jours ? Vous souvient-il des chênes <br>Et des petits enfants ?</div><div style="margin:10px 0">Et vous rappelez-vous les amis, et la table,<br>Et le rire éclatant du père respectable, <br>Et nos cris querelleurs, <br>Le pré, l'étang, la barque, et la lune, et la brise, <br>Et les chants qui sortaient de votre coeur, Louise,<br>En attendant les pleurs !</div><div style="margin:10px 0">Le parc avait des fleurs et n'avait pas de marbres.<br>Oh ! comme il était beau, le vieillard, sous les arbres !<br>Je le voyais parfois <br>Dès l'aube sur un banc s'asseoir tenant un livre ; <br>Je sentais, j'entendais l'ombre autour de lui vivre <br>Et chanter dans les bois !</div><div style="margin:10px 0">Il lisait, puis dormait au baiser de l'aurore ;<br>Et je le regardais dormir, plus calme encore <br>Que ce paisible lieu, <br>Avec son front serein d'où sortait une flamme, <br>Son livre ouvert devant le soleil, et son âme <br>Ouverte devant Dieu !</div><div style="margin:10px 0">Et du fond de leur nid, sous l'orme et sous l'érable, <br>Les oiseaux admiraient sa tête vénérable, <br>Et, gais chanteurs tremblants, <br>Ils guettaient, s'approchaient et souhaitaient dans l'ombre <br>D'avoir, pour augmenter la douceur du nid sombre, <br>Un de ses cheveux blancs !</div><div style="margin:10px 0">Puis il se réveillait, s'en allait vers la grille, <br>S'arrêtait pour parler à ma petite fille, <br>Et ces temps sont passés !<br>Le vieillard et l'enfant jasaient de mille choses... <br>Vous ne voyiez donc pas ces deux êtres, ô roses, <br>Que vous refleurissez !</div><div style="margin:10px 0">Avez-vous bien le coeur, ô roses, de renaître <br>Dans le même bosquet, sous la même fenêtre ? <br>Où sont-ils, ces fronts purs ? <br>N'étaient-ce pas vos soeurs, ces deux âmes perdues<br>Qui vivaient, et se sont si vite confondues <br>Aux éternels azurs ?</div><div style="margin:10px 0">Est-ce que leur sourire, est-ce que leurs paroles,<br>Ô roses, n'allaient pas réjouir vos corolles<br>Dans l'air silencieux,<br>Et ne s'ajoutaient pas à vos chastes délices,<br>Et ne devenaient pas parfums dans vos calices,<br>Et rayons dans vos cieux ?</div><div style="margin:10px 0">Ingrates ! vous n'avez ni regrets, ni mémoire.<br>Vous vous réjouissez dans toute votre gloire ; <br>Vous n'avez point pâli.<br>Ah ! je ne suis qu'un homme et qu'un roseau qui ploie,<br>Mais je ne voudrais pas, quant à moi, d'une joie<br>Faite de tant d'oubli !</div><div style="margin:10px 0">Oh ! qu'est-ce que le sort a fait de tout ce rêve ?<br>Où donc a-t-il jeté l'humble coeur qui s'élève,<br>Le foyer réchauffant,<br>Ô Louise, et la vierge, et le vieillard prospère,<br>Et tous ces voeux profonds, de moi pour votre père, <br>De vous pour mon enfant ?</div><div style="margin:10px 0">Où sont-ils, les amis de ce temps que j'adore ?<br>Ceux qu'a pris l'ombre et ceux qui ne sont pas encore <br>Tombés aux flots sans bords ;<br>Eux, les évanouis, qu'un autre ciel réclame,<br>Et vous, les demeurés, qui vivez dans mon âme,<br>Mais pas plus que les morts !</div><div style="margin:10px 0">Quelquefois je voyais, de la colline en face,<br>Mes quatre enfants jouer, tableau que rien n'efface !<br>Et j'entendais leurs chants ;<br>Ému, je contemplais ces aubes de moi-même<br>Qui se levaient là-bas dans la douceur suprême<br>Des vallons et des champs !</div><div style="margin:10px 0">Ils couraient, s'appelaient dans les fleurs ; et les femmes <br>Se mêlaient à leurs jeux comme de blanches âmes ; <br>Et tu riais, Armand !<br>Et, dans l'hymen obscur qui sans fin se consomme, <br>La nature sentait que ce qui sort de l'homme <br>Est divin et charmant.</div><div style="margin:10px 0">Où sont-ils ? Mère, frère, à son tour chacun sombre. <br>Je saigne et vous saignez. Mêmes douleurs ! même ombre !<br>Ô jours trop tôt décrus ! <br>Ils vont se marier ; faites venir un prêtre ; <br>Qu'il revienne ! ils sont morts. Et, le temps d'apparaître, <br>Les voilà disparus !</div><div style="margin:10px 0">Nous vivons tous penchés sur un océan triste.<br>L'onde est sombre. Qui donc survit ? qui donc existe ?<br>Ce bruit sourd, c'est le glas.<br>Chaque flot est une âme ; et tout fuit. Rien ne brille.<br>Un sanglot dit : Mon père ! un sanglot dit : Ma fille !<br>Un sanglot dit : Hélas !</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poem by <a href="http://en.citatepedia.ro/by.php?a=Victor+Hugo">Victor Hugo</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=533822" data-title="A mademoiselle Louise B. de Victor Hugo" data-description="Ô vous l'âme profonde ! ô vous la sainte lyre ! Vous souvient-il des temps d'extase et de délire, Et des jeux triomphants, Et du soir qui tombait des collines prochaines ? Vous souvient-il des jours ? Vous souvient-il des chênes Et des petit..."></div> </div> </div>
solid border
dashed border
dotted border
double border
groove border
ridge border
inset border
outset border
no border
blue
green
red
purple
cyan
gold
silver
black