Click in the field, then press CTRL+C to copy the HTML code
Copy
<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=456106" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Quand sur moi je jette les yeux</strong></div><div style="margin:10px 0">Quand sur moi je jette les yeux, <br>À trente ans me voyant tout vieux, <br>Mon coeur de frayeur diminue : <br>Étant vieilli dans un moment, <br>Je ne puis dire seulement <br>Que ma jeunesse est devenue.</div><div style="margin:10px 0">Du berceau courant au cercueil, <br>Le jour se dérobe à mon oeil, <br>Mes sens troublés s'évanouissent. <br>Les hommes sont comme des fleurs <br>Qui naissent et vivent en pleurs, <br>Et d'heure en heure se fanissent.</div><div style="margin:10px 0">Leur âge à l'instant écoulé, <br>Comme un trait qui s'est envolé, <br>Ne laisse après soi nulle marque ; <br>Et leur nom si fameux ici, <br>Sitôt qu'ils sont morts, meurt aussi, <br>Du pauvre autant que du Monarque.</div><div style="margin:10px 0">Naguère, vert, sain et puissant, <br>Comme un aubépin florissant, <br>Mon printemps était délectable. <br>Les plaisirs logeaient en mon sein ; <br>Et lors était tout mon dessein <br>Du jeu d'Amour et de la table.</div><div style="margin:10px 0">Mais, las ! mon sort est bien tourné ;<br>Mon âge en un rien s'est borné,<br>Faible languit mon espérance :<br>En une nuit, à mon malheur,<br>De la joie et de la douleur<br>J'ai bien appris la différence !</div><div style="margin:10px 0">La douleur aux traits vénéneux, <br>Comme d'un habit épineux <br>Me ceint d'une horrible torture. <br>Mes beaux jours sont changés en nuits ; <br>Et mon coeur tout flétri d'ennuis <br>N'attend plus que la sépulture.</div><div style="margin:10px 0">Enivré de cent maux divers, <br>Je chancelle et vais de travers. <br>Tant mon âme en regorge pleine,<br>J'en ai l'esprit tout hébété, <br>Et, si peu qui m'en est resté, <br>Encor me fait-il de la peine.</div><div style="margin:10px 0">La mémoire du temps passé, <br>Que j'ai follement dépensé, <br>Épand du fiel en mes ulcères : <br>Si peu que j'ai de jugement, <br>Semble animer mon sentiment, <br>Me rendant plus vif aux misères.</div><div style="margin:10px 0">Ha ! pitoyable souvenir ! <br>Enfin, que dois-je devenir ? <br>Où se réduira ma constance ? <br>Étant jà défailli de coeur, <br>Qui me don'ra de la vigueur, <br>Pour durer en la pénitence ?</div><div style="margin:10px 0">Qu'est-ce de moi ? faible est ma main, <br>Mon courage, hélas ! est humain, <br>Je ne suis de fer ni de pierre ; <br>En mes maux montre-toi plus doux ; <br>Seigneur ; aux traits de ton courroux <br>Je suis plus fragile que verre.</div><div style="margin:10px 0">Je ne suis à tes yeux, sinon <br>Qu'un fétu sans force et sans nom, <br>Qu'un hibou qui n'ose paraître ; <br>Qu'un fantôme ici-bas errant, <br>Qu'une orde écume de torrent, <br>Qui semble fondre avant que naître.</div><div style="margin:10px 0">Où toi tu peux faire trembler <br>L'Univers, et désassembler <br>Du Firmament le riche ouvrage ; <br>Tarir les flots audacieux, <br>Ou, les élevant jusqu'aux Cieux, <br>Faire de la Terre un naufrage.</div><div style="margin:10px 0">Le Soleil fléchit devant toi, <br>De toi les Astres prennent loi, <br>Tout fait joug dessous ta parole, <br>Et cependant tu vas dardant <br>Dessus moi ton courroux ardent, <br>Qui ne suis qu'un bourrier qui vole.</div><div style="margin:10px 0">Mais quoi ! si je suis imparfait, <br>Pour me défaire m'as-tu fait ? <br>Ne sois aux pécheurs si sévère.<br>Je suis homme, et toi Dieu Clément : <br>Sois donc plus doux au châtiment, <br>Et punis les tiens comme Père.</div><div style="margin:10px 0">J'ai l'oeil scellé d'un sceau de fer ; <br>Et déjà les portes d'enfer <br>Semblent s'entrouvrir pour me prendre : <br>Mais encore, par ta bonté, <br>Si tu m'as ôté la santé, <br>Ô Seigneur, tu me la peux rendre.</div><div style="margin:10px 0">Le tronc de branches dévêtu,<br>Par une secrète vertu<br>Se rendant fertile en sa perte,<br>De rejetons espère un jour<br>Ombrager les lieux d'alentour, <br>Reprenant sa perruque verte.</div><div style="margin:10px 0">Où l'homme, en la fosse couché, <br>Après que la mort l'a touché, <br>Le coeur est mort comme l'écorce ; <br>Encor l'eau reverdit le bois, <br>Mais, l'homme étant mort une fois, <br>Les pleurs pour lui n'ont plus de force.</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poem by <a href="http://en.citatepedia.ro/by.php?a=Mathurin+Regnier">Mathurin Regnier</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=456106" data-title="Quand sur moi je jette les yeux de Mathurin Regnier" data-description="Quand sur moi je jette les yeux, À trente ans me voyant tout vieux, Mon coeur de frayeur diminue : Étant vieilli dans un moment, Je ne puis dire seulement Que ma jeunesse est devenue. Du berceau courant au cercueil, Le jour se dérobe à ..."></div> </div> </div>
solid border
dashed border
dotted border
double border
groove border
ridge border
inset border
outset border
no border
blue
green
red
purple
cyan
gold
silver
black