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<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=402030" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Les collines</strong></div><div style="margin:10px 0">Au-dessus de Paris un jour<br>Combattaient deux grands avions<br>L'un était rouge et l'autre noir<br>Tandis qu'au zénith flamboyait<br>L'éternel avion solaire<br>L'un était toute ma jeunesse<br>Et l'autre c'était l'avenir<br>Ils se combattaient avec rage<br>Ainsi fit contre Lucifer<br>L'Archange aux ailes radieuses<br>Ainsi le calcul au problème<br>Ainsi la nuit contre le jour<br>Ainsi attaque ce que j'aime<br>Mon amour ainsi l'ouragan<br>Déracine l'arbre qui crie<br>Mais vois quelle douceur partout<br>Paris comme une jeune fille<br>S'éveille langoureusement<br>Secoue sa longue chevelure<br>Et chante sa belle chanson<br>Où donc est tombée ma jeunesse<br>Tu vois que flambe l'avenir<br>Sache que je parle aujourd'hui<br>Pour annoncer au monde entier<br>Qu'enfin est né l'art de prédire<br>Certains hommes sont des collines<br>Qui s'élèvent d'entre les hommes<br>Et voient au loin tout l'avenir<br>Mieux que s'il était le présent<br>Plus net que s'il était passé<br>Ornement des temps et des routes<br>Passe et dure sans t'arrêter<br>Laissons sibiler les serpents<br>En vain contre le vent du sud<br>Les Psylles et l'onde ont péri<br>Ordre des temps si les machines<br>Se prenaient enfin à penser<br>Sur les plages de pierreries<br>Des vagues d'or se briseraient<br>L'écume serait mère encore<br>Moins haut que l'homme vont les aigles<br>C'est lui qui fait la joie des mers<br>Comme il dissipe dans les airs<br>L'ombre et les spleens vertigineux<br>Par où l'esprit rejoint le songe<br>Voici le temps de la magie<br>Il s'en revient attendez-vous<br>À des milliards de prodiges<br>Qui n'ont fait naître aucune fable<br>Nul les ayant imaginés<br>Profondeurs de la conscience<br>On vous explorera demain<br>Et qui sait quels êtres vivants<br>Seront tirés de ces abîmes<br>Avec des univers entiers<br>Voici s'élever des prophètes<br>Comme au loin des collines bleues<br>Il sauront des choses précises<br>Comme croient savoir les savants<br>Et nous transporteront partout<br>La grande force est le désir<br>Et viens que je te baise au front<br>O légère comme une flamme<br>Dont tu as toute la souffrance<br>Toute l'ardeur et tout l'éclat<br>L'âge en vient on étudiera<br>Tout ce que c'est que de souffrir<br>Ce ne sera pas du courage<br>Ni même du renoncement<br>Ni tout ce que nous pouvons faire<br>On cherchera dans l'homme même<br>Beaucoup plus qu'on n'y a cherché<br>On scrutera sa volonté<br>Et quelle force naîtra d'elle<br>Sans machine et sans instrument<br>Les secourables mânes errent<br>Se compénétrant parmi nous<br>Depuis les temps qui nous rejoignent<br>Rien n'y finit rien n'y commence<br>Regarde la bague à ton doigt<br>Temps des déserts des carrefours<br>Temps des places et des collines<br>Je viens ici faire des tours<br>Où joue son rôle un talisman<br>Mort et plus subtil que la vie<br>Je me suis enfin détaché<br>De toutes choses naturelles<br>Je peux mourir mais non pécher<br>Et ce qu'on n'a jamais touché<br>Je l'ai touché je l'ai palpé<br>Et j'ai scruté tout ce que nul<br>Ne peut en rien imaginer<br>Et j'ai soupesé maintes fois<br>Même la vie impondérable<br>Je peux mourir en souriant<br>Bien souvent j'ai plané si haut<br>Si haut qu'adieu toutes les choses<br>Les étrangetés les fantômes<br>Et je ne veux plus admirer<br>Ce garçon qui mine l'effroi<br>Jeunesse adieu jasmin du temps<br>J'ai respiré ton frais parfum<br>A Rome sur des chars fleuris<br>Chargés de masques de guirlandes<br>Et des grelots du carnaval<br>Adieu jeunesse blanc Noël<br>Quand la vie n'était qu'une étoile<br>Dont je contemplais le reflet<br>Dans la mer Méditerranée<br>Plus nacrée que les météores<br>Duvetée comme un nid d'archanges<br>Ou la guirlande des nuages<br>Et plus lustrée que les halos<br>Émanations et splendeurs<br>Unique douceur harmonies<br>Je m'arrête pour regarder<br>Sur la pelouse incandescente<br>Un serpent erre c'est moi-même<br>Qui suis la flûte dont je joue<br>Et le fouet qui châtie les autres<br>Il vient un temps pour la souffrance<br>Il vient un temps pour la bonté<br>Jeunesse adieu voici le temps<br>Où l'on connaîtra l'avenir<br>Sans mourir de sa connaissance<br>C'est le temps de la grâce ardente<br>La volonté seule agira<br>Sept ans d'incroyables épreuves<br>L'homme se divinisera<br>Plus pur plus vif et plus savant<br>Il découvrira d'autres mondes<br>L'esprit languit comme les fleurs<br>Dont naissent les fruits savoureux<br>Que nous regarderons mûrir<br>Sur la colline ensoleillée<br>Je dis ce qu'est au vrai la vie<br>Seul je pouvais chanter ainsi<br>Mes chants tombent comme des graines<br>Taisez-vous tous vous qui chantez<br>Ne mêlez pas l'ivraie au blé<br>Un vaisseau s'en vint dans le port<br>Un grand navire pavoisé<br>Mais nous n'y trouvâmes personne<br>Qu'une femme belle et vermeille<br>Elle y gisait assassinée<br>Une autre fois je mendiais<br>L'on ne me donna qu'une flamme<br>Dont je fus brûlé jusqu'aux lèvres<br>Et je ne pus dire merci<br>Torche que rien ne peut éteindre<br>Où dons es-tu mon ami<br>Qui rentrais si bien en toi-même<br>Qu'un abîme seul est resté<br>Où je me suis jeté moi-même<br>Jusqu'aux profondeurs incolores<br>Et j'entends revenir mes pas<br>Le long des sentiers que personne<br>N'a parcourus j'entends mes pas<br>À toute heure ils passent là-bas<br>Lents ou pressés ils vont ou viennent<br>Hivers toi qui te fais la barbe<br>Il neige et je suis malheureux<br>J'ai traversé le ciel splendide<br>Où la vie est une musique<br>Le sol est trop blanc pour mes yeux<br>Habituez-vous comme moi<br>À ces prodiges que j'annonce<br>À la bonté qui va régner<br>À la souffrance que j'endure<br>Et vous connaîtrez l'avenir<br>C'est de souffrance et de bonté<br>Que sera faite la beauté<br>Plus parfaite que n'était celle<br>Qui venait des proportions<br>Il neige et je brûle et je tremble<br>Maintenant je suis à ma table<br>J'écris ce que j'ai ressenti<br>Et ce que j'ai chanté là-haut<br>Un arbre élancé que balance<br>Le vent dont les cheveux s'envolent<br>Un chapeau haut de forme est sur<br>Une table chargée de fruits<br>Les gants sont morts près d'une pomme<br>Une dame se tord le cou<br>Auprès d'un monsieur qui s'avale<br>Le bal tournoie au fond du temps<br>J'ai tué le beau chef d'orchestre<br>Et je pèle pour mes amis<br>L'orange dont la saveur est<br>Un merveilleux feu d'artifice<br>Tous sont morts le maître d'hôtel<br>Leur verse un champagne irréel<br>Qui mousse comme un escargot<br>Ou comme un cerveau de poète<br>Tandis que chantait une rose<br>L'esclave tient une épée nue<br>Semblable aux sources et aux fleuves<br>Et chaque fois qu'elle s'abaisse<br>Un univers est éventré<br>Dont il sort des mondes nouveaux<br>Le chauffeur se tient au volant<br>Et chaque fois que sur la route<br>Il corne en passant le tournant<br>Il paraît à perte de vue<br>Un univers encore vierge<br>Et le tiers nombre c'est la dame<br>Elle monte dans l'ascenseur<br>Elle monte monte toujours<br>Et la lumière se déploie<br>Et ces clartés la transfigurent<br>Mais ce sont de petits secrets<br>Il en est d'autres plus profonds<br>Qui se dévoileront bientôt<br>Et feront de vous cent morceaux<br>À la pensée toujours unique<br>Mais pleure pleure et repleurons<br>Et soit que la lune soit pleine<br>Ou soit qu'elle n'ait qu'un croissant<br>Ah! pleure pleure et repleurons<br>Nous avons tant ri au soleil<br>Des bras d'or supportent la vie<br>Pénétrez le secret doré<br>Tout n'est qu'une flamme rapide<br>Que fleurit la rose adorable<br>Et d'où monte un parfum exquis</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poem by <a href="http://en.citatepedia.ro/by.php?a=Guillaume+Apollinaire">Guillaume Apollinaire</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=402030" data-title="Les collines de Guillaume Apollinaire" data-description="Au-dessus de Paris un jour Combattaient deux grands avions L'un était rouge et l'autre noir Tandis qu'au zénith flamboyait L'éternel avion solaire L'un était toute ma jeunesse Et l'autre c'était l'avenir Ils se combattaient avec rage Ainsi fi..."></div> </div> </div>
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