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<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=385391" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Vers la mer</strong></div><div style="margin:10px 0">Comme des objets frêles, <br>Les vaisseaux blancs semblent posés <br>Sur la mer éternelle.</div><div style="margin:10px 0">Le vent futile et pur n'est que baisers ;<br>Et les écumes,<br>Qui doucement échouent<br>Contre les proues,<br>Ne sont que plumes ;<br>Il fait dimanche sur la mer !</div><div style="margin:10px 0">Telles des dames<br>Passent, au ciel ou vers les plages,<br>Voilures et nuages :<br>Il fait dimanche sur la mer ;<br>Et l'on voit luire, au loin, des rames,<br>Barres de prismes sur la mer.<br>Fier de moi-même et de cette heure<br>Qui scintillait en grappes de joyaux<br>Translucides sur l'eau,<br>J'ai crié vêrs l'espace et sa splendeur :<br>' Ô mer de luxe frais et de moires fleuries,<br>Où le mouvant et vaste été<br>Marie<br>Sa force à la douceur et la limpidité ;<br>Mer de clarté et de conquête,<br>Où voyagent, de crête en crête,<br>Sur les vagues qu'elles irisent,<br>Les brises ;<br>Mer de beauté sonore et de vives merveilles,<br>Dont la rumeur bruit à mes oreilles<br>Depuis qu'enfant j'imaginais les grèves bleues<br>Où l'Ourse et le Centaure et le Lion des cieux<br>Venaient boire, le soir,<br>Là-bas, très loin, à l'autre bout du monde ;<br>Ô mer, qui fus ma jeunesse cabrée,<br>Ainsi que tes marées<br>Vers les dunes aux mille crêtes,<br>Accueille-moi, ce jour, où les eaux sont en fête !</div><div style="margin:10px 0">J'aurai vécu, l'âme élargie, <br>Sous les visages clairs, profonds, certains <br>Qui regardent, du haut des horizons lointains, <br>Surgir, vers leur splendeur, mon énergie. <br>J'aurai senti les flux<br>Unanimes des choses <br>Me charrier en leurs métamorphoses <br>Et m'emporter, dans leur reflux. <br>J'aurai vécu le mont, le bois, la terre ; <br>J'aurai versé le sang des dieux dans mes artères ; <br>J'aurai brandi, comme un glaive exalté, <br>Vers mon devoir, ma volonté ; <br>Et maintenant c'est sur tes bords, ô mer suprême, <br>Où tout se renouvelle, où tout se reproduit, <br>Après s'être disjoint, après s'être détruit, <br>Que je reviens pour qu'on y sème <br>Cet univers qui fut moi-même.</div><div style="margin:10px 0">L'ombre se fait en moi ; l'âge s'étend<br>Comme une ornière autour du champ<br>Qui fut ma force en fleur et ma vaillance.<br>Plus n'est ferme toujours ni hautaine ma lance ;<br>L'arbre de mon orgueil reverdit moins souvent<br>Et son feuillage boit moins largement le vent<br>Qui passe en ouragan sur les forêts humaines. Ô mer,<br>Je sens tarir les sources, dans mes plaines,<br>Mais j'ai recours à toi pour l'exalter, <br>Une fois encor, <br>Et le grandir et le transfigurer, <br>Mon corps, <br>En attendant qu'on t'apporte sa mort, <br>Pour à jamais la dissoudre en ta vie.</div><div style="margin:10px 0">Alors,<br>Ô mer, tu me perdras en tes furies<br>De renaissance et de fécondité ;<br>Tu rouleras en tes ombres et tes lumières<br>Ma pourriture et ma poussière ;<br>Tu voileras sous ta beauté<br>Toute ma cendre et tout mon deuil ;<br>J'aurai l'immensité des forces pour cercueil<br>Et leur travail obscur et leur ardeur occulte ;<br>Mon être entier sera perdu, sera fondu,<br>Dans le bassin géant de leurs tumultes,<br>Mais renaîtra, après mille et mille ans,<br>Vierge et divin, sauvage et clair et frissonnant,<br>Amas subtil de matière qui pense,<br>Moment nouveau de conscience,<br>Flamme nouvelle de clarté,<br>Dans les yeux d'or de l'immobile éternité ! '</div><div style="margin:10px 0">Comme de lumineux tombeaux, <br>Les vaisseaux blancs semblent posés, <br>De loin en loin, sur les plaines des eaux.</div><div style="margin:10px 0">Le vent subtil n'est que baisers ;<br>Et les écumes,<br>Qui doucement échouent<br>Contre les proues,<br>Ne sont que plumes :<br>Il fait dimanche sur la mer !</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poem by <a href="http://en.citatepedia.ro/by.php?a=Emile+Verhaeren">Emile Verhaeren</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=385391" data-title="Vers la mer de Emile Verhaeren" data-description="Comme des objets frêles, Les vaisseaux blancs semblent posés Sur la mer éternelle. Le vent futile et pur n'est que baisers ; Et les écumes, Qui doucement échouent Contre les proues, Ne sont que plumes ; Il fait dimanche sur la mer ! Telle..."></div> </div> </div>
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