Click in the field, then press CTRL+C to copy the HTML code
Copy
<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=385272" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Les idées</strong></div><div style="margin:10px 0">Sur la Ville, dont les désirs flamboient, <br>Règnent, sans qu'on les voie,<br>Mais évidentes, les idées.</div><div style="margin:10px 0">On les rêve parmi les brumes, accoudées <br>En des lointains, là-haut, près des soleils.</div><div style="margin:10px 0">Aubes rouges, midis fumeux, couchants vermeils, <br>Dans le tumulte violent des heures, <br>Elles demeurent.</div><div style="margin:10px 0">Et la première et la plus vaste, c'est la force <br>Multipliée en bras et déployée en torses <br>Aux jours de violence et de férocité ;<br>Mais d'autres fois, ferme et sereine, <br>Quand une âme lucide et patiente entraîne <br>Les foules souveraines <br>Sous le joug d'or où les ploiera sa volonté.</div><div style="margin:10px 0">Depuis que se mangent ou se fécondent, <br>A chaque instant qui naît, qui meurt, les mondes, <br>La force est dans l'atome et l'atome vibre d'elle ;<br>Elle est l'ardeur de la conquête universelle ;<br>Indifférente au bien, au mal, mais haletante <br>Dans chaque assaut, dans chaque élan, dans chaque attente, <br>Elle dresse la gloire et ses palmes, dans l'air ;<br>Elle est volante et dirige l'éclair <br>Vers la mêlée inextricable où le sort bouge <br>Et la victoire est suspendue à son poing rouge. <br>Et voici la justice et la pitié, jumelles ; <br>Mères au double coeur dont les claires mamelles <br>Versent le jour clément et se penchent vers tous.<br>Ceux d'aujourd'hui les déclarent deux ennemies<br>Luttant avec des cris et des antinomies, <br>Au nom de Christ, le maître abominable ou doux,<br>Selon celui qui interprète ses paroles. <br>La loi qui est déesse, on la proclame idole ;<br>Et les codes sont des meutes qu'on dresse à mordre<br>Et la peur règne - mais l'ordre, <br>Qui doit s'ouvrir comme une grande fleur <br>Libre et sûre, malgré ses milliers de pétales, <br>Puisera sa vertu et son ardeur<br>Immensément, dans l'équité totale.</div><div style="margin:10px 0">Oh ! l'avenir montré tel qu'un pays de flamme,<br>Comme il est beau devant les âmes<br>Qui, malgré l'heure, ont confiance en leur vouloir.<br>Tant de siècles ne détiennent l'espoir,<br>Depuis mille et mille ans, indestructible,<br>Sans que tous les désirs ligués, frappant la cible,<br>Ne tuent un jour la haine et n'instaurent l'amour.<br>La conscience humaine est sculptée en contours<br>Puissants et délicats que, sans cesse, on affine<br>Pour transmuer sa vie en facultés divines<br>Et créer le bonheur que promettait un Dieu.<br>Le futur éclatant est un oiseau de feu,<br>Dont les plumes, une par une, <br>Se détachant de l'aile et retombant vers nous, <br>Frôlent de joie et de splendeur nos regards fous.</div><div style="margin:10px 0">Et plus haute que n'est la force et la justice,<br>Par au delà du vrai, du faux, de l'équité, <br>Plus loin que la vertu ou que le vice, <br>Luit la beauté. <br>Touffue et claire, <br>Méduse ténébreuse et Minerve solaire,<br>Fondant le double mythe en unique splendeur, <br>Elle exalte par sa grandeur.<br>Sublime, elle a pour prêtres les génies <br>Qui communient <br>De la lumière de ses yeux ; <br>Les temps sont datés d'elle et marchent glorieux<br>Dès que sa volonté leur est douce et amie ;<br>Son poing crispé saisit les mille antinomies <br>Et les assemble et les resserre et les unit, <br>Pour tordre et pour forger, d'un coup, tout l'infini.</div><div style="margin:10px 0">La rose Égypte et la Grèce dorée <br>Jadis, aux temps des Dieux, l'ont instaurée <br>En des temples d'où s'envolait l'oracle ;<br>Et Paris et Florence ont rêvé le miracle<br>D'être, à leur tour, l'autel où ses pieds clairs, <br>Vibrants d'ailes, se poseraient sur l'univers. <br>Aujourd'hui même, elle apparaît dans les fumées <br>Les yeux offerts, les mains encor fermées, <br>Le corps revêtu d'or et de soleil ; <br>Un feu nouveau d'entre ses doigts vermeils <br>Glisse et provoque aux conquêtes certaines, <br>Mais la vénale ardeur des tapages modernes <br>Déchaîne un bruit si fort, sous les cieux ternes, <br>Que l'appel clair vers ses fervents s'entend à peine.</div><div style="margin:10px 0">Et néanmoins elle est la totale harmonie <br>Qui se transforme et se restaure à l'infini, <br>En se servant des mille efforts que l'on croit vains. <br>Elle est la clef du cycle humain, <br>Elle suggère à tous l'existence parfaite, <br>La simple joie et l'effort éperdu,<br>Vers les temps clairs, illuminés de fêtes <br>Et sonores, là-bas, d'un large accord inentendu. <br>Quiconque espère en elle est au delà de l'heure<br>Qui frappe aux cadrans noirs de sa demeure <br>Et tandis que la foule abat, dans la douleur, <br>Ses pauvres bras tendus vers la splendeur, <br>Parfois, déjà, dans le miracle, où quelque âme s'isole,<br>La beauté passe - et dit les futures paroles.</div><div style="margin:10px 0">Sur la Ville, d'où les désirs flamboient, <br>Règnent, sans qu'on les voie, <br>Mais évidentes, les idées.</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poem by <a href="http://en.citatepedia.ro/by.php?a=Emile+Verhaeren">Emile Verhaeren</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=385272" data-title="Les idées de Emile Verhaeren" data-description="Sur la Ville, dont les désirs flamboient, Règnent, sans qu'on les voie, Mais évidentes, les idées. On les rêve parmi les brumes, accoudées En des lointains, là-haut, près des soleils. Aubes rouges, midis fumeux, couchants vermeils, Da..."></div> </div> </div>
solid border
dashed border
dotted border
double border
groove border
ridge border
inset border
outset border
no border
blue
green
red
purple
cyan
gold
silver
black