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<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=385252" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Les baptêmes</strong></div><div style="margin:10px 0">Vers son manoir de marbre, <br>Qui domine les bois, <br>L'évêque en fer et en orfroi, <br>Le dimanche, s'en va, <br>Moment d'éclair et d'or, parmi les lignes d'arbres.</div><div style="margin:10px 0">Le ruisseau mire sa monture <br>Et son pennon de haut en bas, <br>SI bien qu'il marche, en son voyage, <br>Avec sa grande image <br>A ses côtés, sous la ramure, <br>De pas en pas.</div><div style="margin:10px 0">Les bois ? - ils sont luisants d'aurore <br>Et frémissants des fleurs qui les décorent <br>Les mille doigts des brises frisent, <br>Avec des bonds et des surprises, <br>Les feuillages qu'ils chimérisent ; <br>L'ombre elle-même est claire ; là-haut, <br>Se balancent les cimes unanimes, <br>Tandis qu'au ras du sol - tel un joyau <br>Qui glisserait sur la lumière -<br>Ailes folles, passe un oiseau.</div><div style="margin:10px 0">L'évêque, avec son glaive, avec sa lance, <br>Vêtu d'orfroi et d'acier blanc, s'avance :<br>Ses éperons de diamant <br>Semblent du feu de firmament ; <br>Et son image en or et en conquête <br>Dit au ruisseau qui la reflète :<br>' Je suis pure comme ton eau, <br>Celui qui me projette <br>En ton miroir a l'âme nette <br>Et le cceur haut. '</div><div style="margin:10px 0">L'eau entendit ces paroles d'orgueil, <br>Fit un coude, puis s'éloigna de l'avenue, <br>Vers une grotte, où, sur le seuil, <br>Se baignait une enfant nue, <br>Jouant, avec ses mains et ses cheveux, <br>Joyeusement, dans les flots bleus. <br>Elle était fralche et douce ; <br>Belle comme un fruit qui luit, <br>Rouge, sur le coussin des mousses ; <br>L'ombre tombait des saules, <br>Feuille à feuille, sur ses épaules, <br>Et ses doigts vifs cherchaient à la saisir ; <br>Elle criait et s'oubliait en son plaisir <br>D'être, dans l'eau et le soleil, perdue.</div><div style="margin:10px 0">Du haut de sa chapelle, suspendue <br>Aux peupliers, la petite vierge Marie <br>La regardait jouer dans l'eau fleurie, <br>Et n'ayant peur de sa tranquille nudité <br>Lui dit en se penchant de son côté :</div><div style="margin:10px 0">' Naïve et frêle enfant de l'eau, des fleurs, des branches, <br>C'est toi la pure, c'est toi la franche. <br>Le ruisseau blanc qui s'écoule vers toi, <br>C'est le baptême vrai que je t'envoie. <br>J'aime ton corps doux et béni, <br>Comme celui de mon Jésus, <br>A Bethléem, quand les souffles unis <br>Du boeuf et de l'ânon se penchèrent dessus. <br>Ton âme est claire à ma pensée <br>Qui te voit vivre, avec les fleurs <br>Et l'eau, dans une entente de fraîcheur <br>Et de splendeur exorcisées. '</div><div style="margin:10px 0">' Tu es toi-même une prière <br>Balbutiée, au cours des temps, <br>Depuis que s'exalte la terre <br>Immortelle vers le printemps. '</div><div style="margin:10px 0">' L'homme de pouvoir d'or et de force mitrée <br>Qui rythme son orgueil brutal et chamarré, <br>Au galop lourd de son cheval là-bas, <br>N'est pas <br>Celui qui vit vraiment, selon sa vie. <br>L'eau pure, à l'entendre, s'enfuit ; <br>Les brindilles et les branches se cassent ; <br>Les oiselets rentrent au nid avec frayeur ; <br>Et la nature entière a peur <br>Des éclats durs de la cuirasse. '</div><div style="margin:10px 0">Pendant que la vierge parlait, <br>L'enfant, sans rien savoir, mêlait, <br>Continûment, ses mains et ses cheveux <br>Aux mains et aux cheveux <br>Des eaux vertes et des eaux bleues. <br>Toute l'innocence des choses <br>La pénétrait et la sacrait <br>D'une simple et religieuse apothéose, <br>Et sa tête, de la grâce immense baignée, <br>N'avait pas même l'air étonnée.</div><div style="margin:10px 0">Tandis qu'au loin, parmi les arbres, <br>L'évêque en or <br>Montait vers son manoir de marbre :<br>Les hauts donjons et leurs pierres meurtries <br>Etalent chaudes et humides encor <br>De récentes et féroces tueries ; <br>Et les taches rouges des murs épais, <br>A mesure qu'il avançait, <br>Absorbaient l'ombre <br>De sa marche farouche et sombre, <br>Avec leurs bouches de sang frais.</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poem by <a href="http://en.citatepedia.ro/by.php?a=Emile+Verhaeren">Emile Verhaeren</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=385252" data-title="Les baptêmes de Emile Verhaeren" data-description="Vers son manoir de marbre, Qui domine les bois, L'évêque en fer et en orfroi, Le dimanche, s'en va, Moment d'éclair et d'or, parmi les lignes d'arbres. Le ruisseau mire sa monture Et son pennon de haut en bas, SI bien qu'il marche, en so..."></div> </div> </div>
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