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<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=385229" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Le monde</strong></div><div style="margin:10px 0">Le monde est fait avec des astres et des hommes.<br>Là-haut,<br>Depuis quels temps à tout jamais silencieux,<br>Là-haut,<br>En quels jardins profonds et violents des cieux,<br>Là-haut,<br>Autour de quels soleils,<br>Pareils<br>à des ruches de feux,<br>Tourne, dans la splendeur de l'espace énergique,<br>L'essaim myriadaire et merveilleux<br>Des planètes tragiques ?<br>Tel astre, on ne sait quand, leur a donné l'essor<br>Ainsi qu'à des abeilles ;<br>Et les voici, volant parmi les fleurs, les treilles<br>Et les jardins de l'éther d'or ;<br>Et voici que chacune, en sa ronde éternelle,<br>Qui s'éclaire la nuit, qui se voile le jour,<br>Va, s'éloigne, revient, mais gravite toujours,<br>Autour de son étoile maternelle.<br>ô ce tournoiement fou de lumières ardentes !<br>Ce grand silence blanc et cet ordre total<br>Présidant à la course effrénée et grondante<br>Des orbes d'or, autour de leur brasier natal ;<br>Et ce pullulement logique et monstrueux ;<br>Et ces feuilles de flamme, et ces buissons de feux<br>Poussant toujours plus loin, grimpant toujours plus haut,<br>Naissant, mourant, ou se multipliant eux-mêmes<br>Et s'éclairant et se brûlant entre eux,<br>Ainsi que les joyaux<br>D'un insondable étagement de diadèmes.<br>La terre est un éclat de diamant tombé,<br>On ne sait quand, jadis, des couronnes du ciel.<br>Le froid torpide et lent, l'air humide et plombé<br>Ont apaisé son feu brusque et torrentiel ;<br>Les eaux des océans ont blêmi sa surface ;<br>Les monts ont soulevé leur échine de glaces ;<br>Les bois ont tressailli, du sol jusques au faîte,<br>D'un rut ou d'un combat rouge et noueux de bêtes ;<br>Les désastres croulant des levants aux ponants<br>Ont tour à tour fait ou défait les continents ;<br>Là-bas où le cyclone en ses colères bout,<br>Les caps se sont dressés sur le flot âpre et fou ;<br>L'effort universel des heurts, des chocs, des chutes,<br>En sa folie énorme a peu à peu décru<br>Et lentement, après mille ans d'ombre et de lutte,<br>L'homme, dans le miroir de l'univers, s'est apparu.<br>Il fut le maître<br>Qui, tout à coup,<br>Avec son torse droit, avec son front debout,<br>S'affirmait tel-et s'isolait de ses ancêtres.<br>Et la terre, avec ses jours, avec ses nuits,<br>Immensément, à l'infini,<br>De l'est à l'ouest s'étendit devant lui ;<br>Et les premiers envols des premières pensées<br>Du fond d'une cervelle humaine<br>Et souveraine<br>Eut lieu sous le soleil.<br>Les pensées !<br>Ô leurs essors fougueux, leurs flammes dispersées,<br>Leur rouge acharnement ou leur accord vermeil !<br>Comme là-haut les étoiles criblaient la nue<br>Elles se constellaient sur la plaine inconnue ;<br>Elles roulaient dans l'espace, telles des feux,<br>Gravissaient la montagne, illuminaient le fleuve<br>Et jetaient leur parure universelle et neuve<br>De mer en mer, sur les pays silencieux.<br>Mais pour qu'enfin s'établît l'harmonie<br>Au sein de leurs tumultes d'or<br>Comme là-haut toujours, comme là-haut encor,<br>Pareils<br>A des soleils,<br>Apparurent et s'exaltèrent,<br>Parmi les races de la terre,<br>Les génies.<br>Avec des coeurs de flamme et des lèvres de miel,<br>Ils disaient simplement le verbe essentiel,<br>Et tous les vols épars dans la nuit angoissée<br>Se rabattaient vers la ruche de leur pensée.<br>Autour d'eux gravitaient les flux et les remous<br>De la recherche ardente et des problèmes fous ;<br>L'ombre fut attentive à leur brusque lumière ;<br>Un tressaillement neuf parcourut la matière ;<br>Les eaux, les bois, les monts se sentirent légers<br>Sous les souffles marins, sous les vents bocagers ;<br>Les flots semblaient danser et s'envoler les branches,<br>Les rocs vibraient sous les baisers de sources blanches,<br>Tout se renouvelait jusqu'en ses profondeurs :<br>Le vrai, le bien, l'amour, la beauté, la laideur.<br>Des liens subtils faits de fluides et d'étincelles<br>Composaient le tissu d'une âme universelle<br>Et l'étendue où se croisaient tous ces aimants<br>Vécut enfin, d'après la loi qui règne aux firmaments.<br>Le monde est fait avec des astres et des hommes.</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poem by <a href="http://en.citatepedia.ro/by.php?a=Emile+Verhaeren">Emile Verhaeren</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=385229" data-title="Le monde de Emile Verhaeren" data-description="Le monde est fait avec des astres et des hommes. Là-haut, Depuis quels temps à tout jamais silencieux, Là-haut, En quels jardins profonds et violents des cieux, Là-haut, Autour de quels soleils, Pareils à des ruches de feux, Tourne, dans la s..."></div> </div> </div>
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