Click in the field, then press CTRL+C to copy the HTML code
Copy
<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=385227" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Le meunier</strong></div><div style="margin:10px 0">Le vieux meunier du moulin noir, <br>On l'enterra, l'hiver, un soir <br>De froid rugueux, de bise aiguë <br>En un terrain de cendre et de ciguës.</div><div style="margin:10px 0">Le jour dardait sa clarté fausse <br>Sur la bêche du fossoyeur ; <br>Un chien errait près de la fosse, <br>L'aboi tendu vers la lueur. <br>La bêche, à chacune des pelletées, <br>Telle un miroir se déplaçait, <br>Luisait, mordait et s'enfonçait, <br>Sous les terres violentées.</div><div style="margin:10px 0">La fin du jour s'emplit d'ombres suspectes.</div><div style="margin:10px 0">Sur fond de ciel, le fossoyeur, <br>Comme un énorme insecte, <br>Semblait lutter avec la peur ; <br>La bêche entre ses mains tremblait, <br>Le sol se crevassait <br>Et quoi qu'il fit, rien ne comblait <br>Le trou qui, devant lui, <br>Comme la nuit, s'élargissait.</div><div style="margin:10px 0">Au village là-bas, <br>Personne au mort n'avait prêté deux draps.</div><div style="margin:10px 0">Au village là-bas, <br>Nul n'avait dit une prière.</div><div style="margin:10px 0">Au village là-bas, <br>Personne au mort n'avait sonné le glas.</div><div style="margin:10px 0">Au village là-bas, <br>Aucun n'avait voulu clouer la bière.</div><div style="margin:10px 0">Et les maisons et les chaumières <br>Qui regardaient le cimetière, <br>Pour ne point voir, étaient là toutes, <br>Volets fermés, le long des routes.</div><div style="margin:10px 0">Le fossoyeur se sentit seul <br>Devant ce défunt sans linceul <br>Dont tous avaient gardé la haine <br>Et la crainte, dans les veines.</div><div style="margin:10px 0">Sur sa butte morne de soir, <br>Le vieux meunier du moulin noir, <br>Jadis, avait vécu d'accord <br>Avec l'espace et l'étendue <br>Et les tempêtes suspendues <br>Aux gestes fous des vents du Nord ; <br>Son coeur avait longuement écouté <br>Ce que les bouches d'ombre et d'or <br>Des étoiles dévoilent <br>Aux attentifs d'éternité ; <br>Les cirques gris des bruyères austères <br>L'avaient cerné de leur mystère <br>A l'heure où l'énigme s'éveille <br>Et parle à l'âme et la conseille.</div><div style="margin:10px 0">Les grands courants qui traversent tout ce qui vit <br>Etaient, avec leur force, entrés dans son esprit, <br>Si bien que par son âme isolée et profonde <br>Ce simple avait senti passer et fermenter le monde.</div><div style="margin:10px 0">Les plus anciens ne savaient pas <br>Depuis quels jours, loin du village, <br>Il perdurait, là-bas, <br>Guettant l'envol et les voyages <br>Des feux dans les nuages.</div><div style="margin:10px 0">Il effrayait par le silence <br>Dont il avait, sans bruit, <br>Tissé son existence ; <br>Il effrayait encor <br>Par les yeux d'or <br>De son moulin tout à coup clairs, la nuit.</div><div style="margin:10px 0">Et personne n'aurait connu <br>Son agonie et puis sa mort, <br>N'était que les quatre ailes <br>Qu'il agitait vers l'inconnu, <br>Comme des suppliques éternelles, <br>Ne s'étaient, un matin, <br>Définitivement fixées, <br>Noires et immobilisées, <br>Telle une croix sur un destin.</div><div style="margin:10px 0">Le fossoyeur voyait l'ombre et ses houles <br>Grandir comme des foules <br>Et le village et ses closes fenêtres <br>Se fondre au loin et disparaître.</div><div style="margin:10px 0">L'universelle inquiétude <br>Peuplait de cris la solitude ; <br>En voiles noirs et bruns, <br>Le vent passait comme quelqu'un ; <br>Tout le vague des horizons mobiles <br>Devenait remuement et frôlement hostile <br>Jusqu'au moment où, les yeux fous, <br>Jetant sa bêche n'importe où, <br>Avec les bras multiples de la nuit <br>En menaces, derrière lui, <br>Jusqu'au fleuve, il s'enfuit.</div><div style="margin:10px 0">Alors,</div><div style="margin:10px 0">Le silence se fit, total, par l'étendue, <br>Le trou parut géant dans la terre tendue <br>Et rien ne bougea plus ; <br>Et seules les plaines inassouvies <br>Absorbèrent alors <br>En leur immensité, <br>Ce mort <br>Dont leur mystère avait illimité <br>Et exalté jusque dans l'infini, la vie.</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poem by <a href="http://en.citatepedia.ro/by.php?a=Emile+Verhaeren">Emile Verhaeren</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=385227" data-title="Le meunier de Emile Verhaeren" data-description="Le vieux meunier du moulin noir, On l'enterra, l'hiver, un soir De froid rugueux, de bise aiguë En un terrain de cendre et de ciguës. Le jour dardait sa clarté fausse Sur la bêche du fossoyeur ; Un chien errait près de la fosse, L'aboi..."></div> </div> </div>
solid border
dashed border
dotted border
double border
groove border
ridge border
inset border
outset border
no border
blue
green
red
purple
cyan
gold
silver
black