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<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=385149" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Hommage</strong></div><div style="margin:10px 0">Pour y tasser le poids de tes belles lourdeurs, <br>Tes doubles seins frugaux et savoureux qu'arrose <br>Ton sang, tes bras bombés que lustre la peau rose, <br>Ton ventre où les poils roux toisonnent leurs splendeurs,</div><div style="margin:10px 0">Je tresserai mes vers comme, au fond des villages, <br>Assis, au seuil de leur maison, les vieux vanniers <br>Mêlent les osiers bruns et blancs de leurs paniers, <br>En dessins nets, pris à l'émail des carrelages.</div><div style="margin:10px 0">Ils contiendront les ors fermentés de ton corps ; <br>Et je les porterai comme des fleurs de fête,<br>En tas massifs et blonds, au soleil, sur ma tête, <br>Orgueilleusement clair, comme il convient aux forts.</div><div style="margin:10px 0"></div><div style="margin:10px 0">Ta grande chair me fait songer aux centauresses <br>Dont Paul Rubens, avec le feu de ses pinceaux, <br>Incendiait les crins au clair, les bras en graisse, <br>Les seins pointés vers les yeux verts des lionceaux.</div><div style="margin:10px 0">Ton sang était le leur, alors qu'au crépuscule, <br>Sous tel astre mordant de soir le ciel d'airain, <br>Leur grande voix hélait quelque farouche Hercule <br>Que la nuit égarait dans le brouillard marin ;</div><div style="margin:10px 0">Et que les sens crispés d'ardeur vers les caresses, <br>Et le ventre toujours béant vers l'inconnu, <br>Leurs bras tordaient l'appel lascif vers les adresses <br>Des monstres noirs, lécheurs de rut, sur un corps nu.</div><div style="margin:10px 0"></div><div style="margin:10px 0">Ce que je choisirais pour le symboliser, <br>Ce ne seraient ni lys, ni tournesols, ni roses <br>Ouvrant aux vents frôleurs leur corolle en baiser, <br>Ni les grands nénuphars dont les pulpes moroses</div><div style="margin:10px 0">Et les larges yeux froids, chargés d'éternité, <br>Bâillent sur l'étang clair leurs rêves immobiles, <br>Ni le peuple des fleurs despotique et fouetté <br>De colère et de vent sur les grèves hostiles,</div><div style="margin:10px 0">Non - Mais tout frémissant d'aurore et de soleil, <br>Comme des jets de sang se confondent par gerbes, <br>En pleine floraison, en plein faste vermeil, <br>Ce serait un massif de dahlias superbes,</div><div style="margin:10px 0">Qui, dans l'automne en feu des jours voluptueux, <br>Dans la maturité chaude de la matière, <br>Comme de grands tétons rouges et monstrueux, <br>Se raidiraient sous les mains d'or de la lumière.</div><div style="margin:10px 0"><br>Les forts montent la vie ainsi qu'un escalier, <br>Sans voir d'abord que les femmes sur leurs passages <br>Tendent vers eux leurs seins, leurs fronts et leurs visages <br>Et leurs bras élargis en branches d'espalier.</div><div style="margin:10px 0">Ils sont les assoiffés de ciel, nocturne hallier, <br>Où buissonnent des feux en de noirs paysages, <br>Et si haut montent-ils, séduits par des présages, <br>Qu'ils parviennent enfin au suprême palier.</div><div style="margin:10px 0">Ils y cueillent des fruits d'astres et de comètes ; <br>Puis descendent, lassés de gloire et de conquêtes, <br>L'esprit déçu, les yeux ailleurs, les coeurs brûlés ;</div><div style="margin:10px 0">Et regardant alors les femmes qui les guettent,<br>Ils s'inclinent devant, à deux genoux, et mettent <br>Entre leurs mains en or les grands mondes volés.</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poem by <a href="http://en.citatepedia.ro/by.php?a=Emile+Verhaeren">Emile Verhaeren</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=385149" data-title="Hommage de Emile Verhaeren" data-description="Pour y tasser le poids de tes belles lourdeurs, Tes doubles seins frugaux et savoureux qu'arrose Ton sang, tes bras bombés que lustre la peau rose, Ton ventre où les poils roux toisonnent leurs splendeurs, Je tresserai mes vers comme, au fon..."></div> </div> </div>
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