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<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=343905" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Reste, Reste Avec Nous</strong></div><div style="margin:10px 0">Reste, reste avec nous, ô père des bons vins!<br>Dieu propice, ô Bacchus! toi dont les flots divins<br>Versent le doux oubli de ces maux qu'on adore;<br>Toi, devant qui I'amour s'enfuit et s'évapore,<br>Comme de ce cristal aux mobiles éclairs <br>Tes esprits odorants s'exhalent dans les airs.</div><div style="margin:10px 0">Eh bien! mes pas ont-ils refusé de vous suivre?<br>'Nous venons, disiez-vous, te conseiller de vivre.<br>Au lieu d'aller gémir, mendier des dédains,<br>Suis-nous, si tu le peux. La joie à nos festins <br>T'appelle. Viens, les fleurs ont couronné la table:<br>Viens, viens y consoler ton âme inconsolable.'</div><div style="margin:10px 0">Vous voyez, mes amis, si de ce noble soin<br>Mon coeur tranquille et libre avait aucun besoin.<br>Camille dans mon coeur ne trouve plus des armes, <br>Et je l'entends nommer sans trouble, sans alarmes;<br>Ma pensée est loin d'elle, et je n'en parle plus;<br>Je crois la voir muette et le regard confus,<br>Pleurante. Sa beauté présomptueuse et vaine<br>Lui disait qu'un captif, une fois dans sa chaîne, <br>Ne pouvait songer... Mais, que nous font ses ennuis?<br>Jeune homme, apporte-nous d'autres fleurs et des fruits.<br>Qu'est-ce, amis? nos éclats, nos jeux se ralentissent?<br>Que des verres plus grands dans nos mains se remplissent!<br>Pourquoi vois-je languir ces vins abandonnés, <br>Sous le liège tenace encore emprisonnés?<br>Voyons si ce premier, fils de l'Andalousie,<br>Vaudra ceux dont Madère a formé l'ambroisie,<br>Ou ceux dont la Garonne enrichit ses coteaux,<br>Ou la vigne foulée aux pressoirs de Cîteaux. <br>Non, rien n'est plus heureux que le mortel tranquille<br>Qui, cher à ses amis, à l'amour indocile,<br>Parmi les entretiens, les jeux et les banquets,<br>Laisse couler la vie et n'y pense jamais.<br>Ah! qu'un front et qu'une âme à la tristesse en proie <br>Feignent malaisément et le rire et la joie!<br>Je ne sais, mais partout je l'entends, je la voi;<br>Son fantôme attrayant est partout devant moi;<br>Son nom, sa voix absente errent dans mon oreille.<br>Peut-être aux feux du vin que l'amour se réveille: <br>Sous les bosquets de Chypre, à Vénus consacrés,<br>Bacchus mûrit l'azur de ses pampres dorés.<br>J'ai peur que, pour tromper ma haine et ma vengeance,<br>Tous ces dieux malfaisants ne soient d'intelligence.<br>Du moins il m'en souvient, quand autrefois, auprès <br>De cette ingrate aimée, en nos festins secrets,<br>Je portais à la hâte à ma bouche ravie<br>La coupe demi-pleine à ses lèvres saisie,<br>Ce nectar, de l'amour ministre insidieux,<br>Bien loin de les éteindre, aiguillonnait mes feux. <br>Ma main courait saisir, de transports chatouillée,<br>Sa tête noblement folâtre, échevelée.<br>Elle riait; et moi, malgré ses bras jaloux,<br>J'arrivais à sa bouche, à ses baisers si doux;<br>J'avais soin de reprendre, utile stratagème! <br>Les fleurs que sur son sein j'avais mises moi-même;<br>Et sur ce sein, mes doigts égarés, palpitants,<br>Les cherchaient, les suivaient, et les ôtaient longtemps.<br>Ah! je l'aimais alors! Je l'aimerais encore,<br>Si de tout conquérir la soif qui la dévore <br>Eût flatté mon orgueil au lieu de l'outrager,<br>Si mon amour n'avait qu'un outrage à venger,<br>Si vingt crimes nouveaux n'avaient trop su l'éteindre,<br>Si je ne l'abhorrais! Ah! qu'un coeur est à plaindre<br>De s'être à son amour longtemps accoutumé, <br>Quand il faut n'aimer plus ce qu'on a tant aimé!<br>Pourquoi, grands dieux! pourquoi la fîtes-vous si belle?<br>Mais ne me parlez plus, amis, de l'infidèle:<br>Que m'importe qu'un autre adore ses attraits,<br>Qu'un autre soit le roi de ses festins secrets; <br>Que tous deux en riant ils me nomment peut-être;<br>De ses cheveux épars qu'un autre soit le maître;<br>Qu'un autre ait ses baisers, son coeur; qu'une autre main<br>Poursuive lentement des bouquets sur son sein?<br>Un autre! Ah! je ne puis en souffrir la pensée! <br>Riez, amis; nommez ma fureur insensée.<br>Vous n'aimez pas, et j'aime, et je brûle, et je pars<br>Me coucher sur sa porte, implorer ses regards;<br>Elle entendra mes pleurs, elle verra mes larmes;<br>Et dans ses yeux divins, pleins de grâces, de charmes, <br>Le sourire ou la haine, arbitres de mon sort,<br>Vont ou me pardonner, ou prononcer ma mort.</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poem by <a href="http://en.citatepedia.ro/by.php?a=Andre+Marie+de+Chenier">Andre Marie de Chenier</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=343905" data-title="Reste, Reste Avec Nous de Andre Marie de Chenier" data-description="Reste, reste avec nous, ô père des bons vins! Dieu propice, ô Bacchus! toi dont les flots divins Versent le doux oubli de ces maux qu'on adore; Toi, devant qui I'amour s'enfuit et s'évapore, Comme de ce cristal aux mobiles éclairs Tes esprit..."></div> </div> </div>
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