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<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=343838" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>A Marie-Anne-Charlotte Corday</strong></div><div style="margin:10px 0">Quoi! tandis que partout, ou sincères ou feintes,<br>Des lâches, des pervers, les larmes et les plaintes<br>Consacrent leur Marat parmi les immortels,<br>Et que, prêtre orgueilleux de cette idole vile,<br>Des fanges du Parnasse un impudent reptile <br>Vomit un hymne infâme au pied de ses autels.</div><div style="margin:10px 0">La vérité se tait! dans sa bouche glacée,<br>Des liens de la peur sa langue embarrassée<br>Dérobe un juste hommage aux exploits glorieux!<br>Vivre est-il donc si doux? De quel prix est la vie, <br>Quand, sous un joug honteux, la pensée asservie,<br>Tremblante, au fond du coeur, se cache à tous les yeux?</div><div style="margin:10px 0">Non, non, je ne veux point t'honorer en silence,<br>Toi qui crus par ta mort ressusciter la France<br>Et dévouas tes jours à punir des forfaits. <br>Le glaive arma ton bras, fille grande et sublime,<br>Pour faire honte aux dieux, pour réparer leur crime,<br>Quand d'un homme à ce monstre ils donnèrent les traits.</div><div style="margin:10px 0">Le noir serpent, sorti de sa caverne impure,<br>A donc vu rompre enfin sous ta main ferme et sûre <br>Le venimeux tissu de ses jours abhorrés!<br>Aux entrailles du tigre, à ses dents homicides,<br>Tu vins redemander et les membres livides<br>Et le sang des humains qu'il avait dévorés!</div><div style="margin:10px 0">Son oeil mourant t'a vue, en ta superbe joie, <br>Féliciter ton bras et contempler ta proie.<br>Ton regard lui disait: 'Va, tyran furieux,<br>Va, cours frayer la route aux tyrans tes complices.<br>Te baigner dans le sang fut tes seules délices,<br>Baigne-toi dans le tien et reconnais des dieux.' </div><div style="margin:10px 0">La Grèce, ô fille illustre! admirant ton courage,<br>Épuiserait Paros pour placer ton image<br>Auprès d'Harmodius, auprès de son ami;<br>Et des choeurs sur ta tombe, en une sainte ivresse,<br>Chanteraient Némésis, la tardive déesse, <br>Qui frappe le méchant sur son trône endormi.</div><div style="margin:10px 0">Mais la France à la hache abandonne ta tête.<br>C'est au monstre égorgé qu'on prépare une fête<br>Parmi ses compagnons, tous dignes de son sort.<br>Oh! quel noble dédain fit sourire ta bouche, <br>Quand un brigand, vengeur de ce brigand farouche,<br>Crut te faire pâlir aux menaces de mort!</div><div style="margin:10px 0">C'est lui qui dut pâlir, et tes juges sinistres,<br>Et notre affreux sénat et ses affreux ministres,<br>Quand, à leur tribunal, sans crainte et sans appui, <br>Ta douceur, ton langage et simple et magnanime<br>Leur apprit qu'en effet, tout puissant qu'est le crime,<br>Qui renonce à la vie est plus puissant que lui.</div><div style="margin:10px 0">Longtemps, sous les dehors d'une allégresse aimable,<br>Dans ses détours profonds ton âme impénétrable <br>Avait tenu cachés les destins du pervers.<br>Ainsi, dans le secret amassant la tempête,<br>Rit un beau ciel d'azur, qui cependant s'apprête<br>A foudroyer les monts et soulever les mers.</div><div style="margin:10px 0">Belle, jeune, brillante, aux bourreaux amenée, <br>Tu semblais t'avancer sur le char d'hyménée;<br>Ton front resta paisible et ton regard serein.<br>Calme sur l'échafaud, tu méprisas la rage<br>D'un peuple abject, servile, et fécond en outrage,<br>Et qui se croit alors et libre et souverain. </div><div style="margin:10px 0">La vertu seule est libre. Honneur de notre histoire,<br>Notre immortel opprobre y vit avec ta gloire;<br>Seule, tu fus un homme, et vengeas les humains!<br>Et nous, eunuques vils, troupeau lâche et sans âme,<br>Nous savons répéter quelques plaintes de femme; <br>Mais le fer pèserait à nos débiles mains.</div><div style="margin:10px 0">Non, tu ne pensais pas qu'aux mânes de la France<br>Un seul traître immolé suffît à sa vengeance,<br>Ou tirât du chaos ses débris dispersés.<br>Tu voulais, enflammant les courages timides, <br>Réveiller les poignards sur tous ces parricides,<br>De rapine, de sang, d'infamie engraissés.</div><div style="margin:10px 0">Un scélérat de moins rampe dans cette fange.<br>La Vertu t'applaudit; de sa mâle louange<br>Entends, belle héroïne, entends l'auguste voix. <br>O Vertu, le poignard, seul espoir de la terre,<br>Est ton arme sacrée, alors que le tonnerre<br>Laisse régner le crime et te vend à ses lois.</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poem by <a href="http://en.citatepedia.ro/by.php?a=Andre+Marie+de+Chenier">Andre Marie de Chenier</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://en.citatepedia.ro/comments.php?id=343838" data-title="A Marie-Anne-Charlotte Corday de Andre Marie de Chenier" data-description="Quoi! tandis que partout, ou sincères ou feintes, Des lâches, des pervers, les larmes et les plaintes Consacrent leur Marat parmi les immortels, Et que, prêtre orgueilleux de cette idole vile, Des fanges du Parnasse un impudent reptile Vomit u..."></div> </div> </div>
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